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d'érudition, comme ayant donné une suite d'instructions sur la maniere d'imposer, d'accomplir et même de racheter ou commuer les pénitences. D'abord il pose pour principe, qu'en n’use d'indulgence, qu'afin de ne pas mettre au désespoir ceux à qui les austérités sont impraticables. Ainsi donc celui qui ne pouvoit jeüner, devoit, pour un jour de jeüne au pain et à l'eau, chanter cinquante psaumes à genoux dans l'Eglise, et donner un denier d'aumône; ce qui suffisoit alors pour la nourriture d'un pauvre pendant un jour. À cette condition, le pénitent prenoit les aliments qu'il jugeoit lui convenir, à l'exception néanmoins du vin et de la viande. Les cinquante psaumes pouvoient encore se racheter par des sumônes ou par un grand nombre de génuflexions ; mais toujours ces facilités ne sont que pour ceux qui ne peuvent accomplir à la lettre la pénitence canonique : il est dit en termes exprès, que le pécheur , dans tous les cas, doit se punir en la maniere et autant qu'il lui est possible.
En Italie, quand l'archevêque de Milan, Gui de Vélate, coupable de simonie et de mille autres désordres, se soumit enfin à la pénitence qu'il méritoit, on lui en imposa cent ans, dont il fallut bien lui permettre de racheter la meilleure partie, puisqu'il ne devoit plus, à beaucoup pres, vivre si long-temps. Et dans les principes que Pierre Damien, chargé de cette commission , y réduisit en pratique, et dont il fit ensuite une apologie, ces compensations devenoient de nécessité absolue en mille rencontres. Cet ouvrage paroît supposer qu'il faut absolument , et sans nulle distinction de cas ou de circonstances, que la pénitence marquée par les canons s'accomplisse à la lettre. Or, comme la vie n'étoit pas assez longue pour le faire par soi-même , quand par exemple on étoit tombé quinze ou vingt fois dans un crime qui méritoit dix ans de pénitence, il falloit de toute nécessité, ou en racheter une bonne partie, ou la faire acquitter par d'autres. Tel étoit, dés la fin du onzieme siècle, l'abus de l'esprit de système, et du goût des analogies. Il n'en est pas du péché comme d’une dette pécuniaire , qu'on peut payer de toute main, et en quelque monnoie que ce soit. Aussi les idées de Pierre Damien, quelque réputation méritée qu'il eût de vertu et de doctrine , ne furent pas à beaucoup près adoptées de tout le monde. De son temps même, elles éprouverent de grandes contradictions. On ne manqua point de lui opposer, que si le nombre des péchés devoit ajouter à la rigueur de la pénitence, la longueur n’en devoit par moins se mesurer sur celle de la vie des hommes ; qu'on n'obligeoit même à la prolonger jusqu'à la mort, que pour certains crimes des plus énormes : et dans tous les cas, qu'elle demeuroit soumise à la discrétion des pasteurs. Mais de ce principe il suivoit aussi que l'Eglise faisoit bien de commuer des pénitences impraticables à ses enfants, en des pratiques dont ils puissent mieux s'acquitter.Il ne s'agissoit plus que d'examiner si ces commutations et ces compensations étoient judicieuses ; si ces dispenses portoient sur des justes causes, telles qu'on les a toujours exigées pour toutes sortes d'indulgences : et dés lors ou rentroit dans Îles saines maximes et la sage économie de tous les temps.
On parut néanmoins encore s'éloigner de la perfection et de la pureté du culte chrétien; on sembla préférer le corps à l'esprit de la religion, ramener le règne des observances pharisaïques, et reculer le temps de cette adorationsanctifiante, qui doit se faire en esprit et en vérité. En attachant la pénitence, et en quelque sorte le recouvrement de la grâce, à certain
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