‹ Histoire de l'église [microforme] (volume 3)Chapitre 173 sur 178 · PAL · texte numérisé non relu

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préalablement pourvus d'un patrimoine honnête: que les décimateurs four. niroient aux curés la subsistance suffisante, ou portion congrue : qu'on feroit justice à ceux qui auroient à se plaindre des évêques, ou des visiteurs envoyés de leur part, que de chaque chapitre, on enverroit quelques sujets étudier dans les universités; que les clercs porteroient la tonsure et l'habit clérical, en y évitant tout ce qui peut ressentir la vanité mondaine; que les évêques mêmes ne porteroient point d’habits de soie, et ne paroîtroient dans leur église qu'en soutane et en rochet. Dés le temps du schisme de Bâle, les prélats français rassemblés pour travailler à son extinction, avoient dressé des décrets contre les abus glissés dans la dispensation des indulgences, contre les prédications et les confessions faites sans l'approbation des ordinaires, contre l'infraction de la clôture religieuse et les mariages clandestins : articles qui tous entrerent par la suite dans la discipline de Trente.

A l'eglise d'Angleterre enfin, comme à la plus enfoncée dans les ombres de la mort, le ciel départit la plus grande abondance de lumiéres par le

moyen du cardinal Polus, qui parut avoir tout particulierement le don de

régir la maison de Dieu dans les temps mauvais. On a pu s'en convaincre à la seule inspection des décrets également sages et simples qu'il fit dresser, au nombre de douze seulement, dans Île concile de Lambeth, ( 1556 ), et qu'il réduisit même à un seul point capital, savoir, la vie exemplaire du clergé. Qui put, sans être édifié de sa candeur généreuse, lui entendre poser pour principe, qu'avec un peuple entraîné par ses préventions, la violence n'étoit propre qu’à aïigrir le mal; que les pasteurs devoient traiter leurs ouailles comme leurs enfants, et ne pas risquer de leur donner la mort, en pansant leurs plaies d'une main dure ou malsaine ? Puis ajoutant la lumière à l'onction : Le peuple en matière de religion, poursuivoit-il , ne peut guére opiner que d’après les préjugés généraux; et comme les apparences de la vertu forment le plus fort de ses préjugés, c'est presque toujours la vie scandaleuse des docteurs orthodoxes qui fait préférer à leur enseignement celui des réformateurs hérétiques.

Suivant cette grande maxime , tout tend à la réforme des ecclésiastiques dans les décrets de Lambeth. Et qu'on se souvienne des mesures effectives, précises, pleines de vigueur et d'activité que prit le concile à ce sujet. La pluralité des bénéfices à charge d'âmes y fut réprouvée d’une maniere si efficace , que ceux qui en possédoient plusieurs se virent obligés de se réduire à un seul dans l'espace de deux mois, sous peine de les perdre tous. La résidence fut rétablie avec la même célérité, et non pas une résidence oisive; mais il fallut que les évêques repussent en effet leurs troupeaux, et de la

arole du salut , et du bon exemple; ettoujours la précision accompagnant IA loi, il leur est enjoint formellement de prêcher eux-mêmes tous les dimanches et toutes les fêtes. Ils ne peuvent se faire suppléer que dans le cas d'un empêchempnt absolu. C'est la même précision pour le bon exemple qu'on exige d'eux, pour le renoncement surtout au faste et au luxe du siècle. On spécifie jusqu'à l'étoffe qui peut entrer dans leur vêtement, et à celles qui en doivent être bannies; jusqu'au nombre et à la qualité des mets, que la simplicité de leur table ne doit point excéder. La visite épiscopale , réglée dans le même détail, se doit faire tous les trois ans dans toutes les paroisses du diocese. Quant à la collation des ordres , et surtout des bénéfices qui ont charge d'âmes, l'evèque en personne doit examiner chaque sujrt avec toute

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