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1 Lettre IV, du 4 nov. 166.
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DE L'ÉGLISE. (AN 1676.) 15 pagne. Elle avoit habité quatre ans la solitude des Rochers, et elle demeura trois ans dans celle-ci, qu’elle nomma l'abime des ruisseaux. Tout son contour annonçoit en effet un abîme, et un lieu sinistre. Ce n'étoit que rochers et cavernes, d’où sortoient quantité d'animaux sauvages, de gros serpents, des
. lézards monstrueux , qui imprimoïent la terreur aux gens du | voisinage, et leur en interdisoient les approches : mais quand % onavoit franchi ces rochers plus en gravissant qu’en marchant,
on trouvoit un petit vallon émaillé de fleurs et de verdure, et entrecoupé de ruisseaux que formoient différentes fontaines ; on y trouvoit aussi plusieurs sortes de fruits très-bons, et quan-
‘| tité de miel sauvage qui étoit excellent. Tout l'inconvénient
. de cette solitude se réduisoit aux reptiles venimeux dont elle
fourmilloit : mais la solitaire savoit ce que le Seigneur avoit
. promis, contre ces dangers, à ceux qui ne s'y exposoient que
par ses ordres, et la fermeté de son courage égaloit la vivacité de sa foi. Du reste, elle n'irritoit point ces monstres, qui de Jeur côté la laissoient fort tranquille, aussi-bien qu'un écu-
treuil et quelques autres animaux qu'elle avoit apprivoisés, ? d'où elle tiroit un sujet nouveau de célébrer les bienfaits au | Créateur, pourvoyeur libéral et nourricier universel de toutes
ses créatures.
Elle trouva, comme au voisinage de son premier asile, un
* monastère de religieux; mais à une distance plus considérable. Elle avoit trois lieues et demie à faire pour s’y rendre,
et toujours par les bois, au moins en sortant de son précipice, qui étoit au centre d'une forêt immense et d'une épaisseur extraordinaire, Ce qui eût rebuté tout pénitent même, fut ce qui détermina, pour le choix d’un confesseur,, l'ange terrestre,
: ou la céleste mortelle, qui ne voyoit point de plus grand dan- | ger en ce monde que d'y être connue. Elle s’adressa au supé-
rieur de ce monastère qui la reçut avec charité, la crut une pauvre fille de la campagne, et ne lui fit point de questions étrangères à son ministère. Pour la messe, il y avoit encore à une lieue et demie de l’autre côté du bois, un hermitage de saint Antoine, où elle alloit quelquefois l'entendre : mais soit pour l'hermitage, soit pour le monastère, il y avoit tant de chemins ou de faux-fuyants par les gorges et les défilés dans
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