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bord souffert par nécessité. C’est par ce moyen qu'au sein de dr la corruption elle conserva toute l'innocence de ses mœurs. Vs Jamais elle n'eut à se reprocher que l'usage des parures propres ti de son sexe : car il ne faut pas imaginer que ce genre de luxe “ d soit le partage des seules nations civilisées, Les femmes, et .Q surtout les filles des sauvages, s’étudient singulièrement à ÿ P s'orner de ce qui peut les faire paroître avec avantage. Outre Û vi leurs belles fourrures, et les étoffes à couleurs saillantes fi qu’elles acquièrent par échange dans le commerce des Euro- 1 L péens, elles se chamarrent, depuis la tête jusqu'aux pieds, de : b
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d'iniquité, sur la déposition de deux insignes scélérats ( Oatés et Bedlor }, on envoya au supplice milord Staffort, Colman secrétaire du duc d'Yorck et cinq missionnaires. J1 n'y en cut pas un qui ne protestât de son innocence, et qui, en par= donnant aux persécuteurs, ne priât Dieu de toucher le cœur du malheureux qui avuit excité la persérution, Ce jugement, dit un critique, nous apprend ce qu'il faut penser de plusieurs autres, rendus dans le même pays pour des sujets et par des proccdures toutes semblables.
a Lettre, Edif, t. vi, p. 40 et suiv.
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e, et ce qui a virginité, s Iroquois, ois les plus nimales. Le
miracle, le > iroquoise, l s'est opéré | de faveurs surnommée
rétienne qui L comme sa rer la grâce e de tantes même aveuux, elle fut our; ce qui ite à passer 1ma insensile avoit d'au’au sein de ses mœurs.
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DE L'ÉGLISE, (An 1680.) 35 coquillages de diverses couleurs ; elles s'en font des colliers, des bracelets, des pendants d'oreilles, des ceintures et des garnitures de souliers. La jeune Tegacouita naturellement avoit peu de goût pour ces frivolités, mais elle ne laissa pas d’en faire usage, afin de complaire aux personnes qui lui tenoient lieu da père et de mère, et qui s'en faisoient honneur dans les assem. blées de leur peuplade, où ils tenoient les premiers rangs ; ce qui ne l’empêécha point, quand elle fut chrétienne, de s’en faire un crime; elle le pleura le reste de ses jours, et fit de rigoureuses pt: itences, afin de l'expier.
Les Iroquois alors avoient déjà pris quelque teinture des vérités évangéliques dans les prédications du père Jogues, qui est regardé comme leur premier apôtre, à d'autant plus juste titre, qu'il féconda par l’effusion de son sang le sol ingrat dont le défrichement lui avoit déjà coûté des torrents de sueurs. Pour premier prix de son dévouement, ces meurtriers outrageux, dans leurs jeux barbares, lui coupèrent d’abord les doigts, et différant sa mort, ils le retinrent dans un étroit esclavage, dont il n'échappa pour un temps que par une espèce de miracle. Dès l'année suivante, son zèle intrépide le ramena au
; milieu de ses bourreaux, qui lui firent endurer les derniers
supplices. Deux autres jésuites, associés à son apostolat, obtinrent pareillement la couronne du martyre. Ces barbares désolant ensuite les colonies françaises, le gouvernement de Quebec fit marcher des troupes pour les mettre à la raison. On porta la guerre au cœur de leur pays, on y brüla plusieurs villages, et la terreur ensuite prit la place de l’insolence. Ils firent des propositions de paix, qu'on trouva raisonnables. Leurs députés furent accueillis à Quebec avec beaucoup de bonté, et le traité se conclut au contentement des deux partis,
Comme on avoit surtout à cœur que l'Evangile s'établit chez eux, l'on choisit trois missionnaires pour accompagner leurs députés dans leur retour, sous prétexte de confirmer la paix qu'on venoit de leur accorder. Afin de procurer un accès plus favorable encore aux ministres de l'Evangile, le gouverneur les chargea de présents pour les principaux de la nation. Ils arrivèrent comme ces peuples dissolus, en réjouissance de la paix apparemment, se plongeoient dans la débauche; de telle ma-
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36 (An 1680.) HISTOIRE
nière qu'il ne se trouva personne en état de les recevoir, à l'exception de la jeune Tegacouita, qui ne prenoit aucune part à ces plaisirs licencieux ; ainsi fut-elle particulièrement connue de ceux que la Providence envoyoit particulièrement pour la conduire dans les voies du salut et de la vie parfaite. Elle avoitété chargée de pourvoir au logement et au traitement des ministres français ; ce qu’elle fit avec une honnêteté, une modestie et une douceur qui excitèrent l'admiration des missionnaires, peu accoutumés à celte manière d'accueil de la part des sauvages. Elle fut sensiblement touchée à son tour du sage tempérament de leur gravité et de leur prévenance, de leur charité et de leur recueillement, de leur assiduité à la prière et à tous Îles exercices de vertu qui partageoient leur journée. Elle leur eût dès lors demandé le baptême, s'ils eussent fait un plus long séjour en ce lieu : mais déjà la ferveur de ses désirs lui en avoit procuré la grâce.
Le troisième jour de leur arrivée, ces pères ‘rent appelés dans un autre village, où leur réception se fit avec un appareil qui leur fit concevoir la plus grande espérance pour le succès de leur mission. Deux d'entr'eux s’établirent dans ce village. Le troisième alla fonder une autre mission dans une peuplade avancée de trente lieues par delà celle-ci. L'année suivante, on forma une troisième mission, puis une quatrième , et bientôt après une cinquièine. Lans la suite, les missionnaires appliqués au service de ceux des Iroquois qu'on appelle Âgniez et Tsonnontouans, ne suffisant point à ces nations nombreuses et séparées en plusieurs bourgades, il fallut encore augmenter le nombre et les stations des ouvriers évangéliques.
Cependant Tegacouita entroit dans l’âge nubile, et ses parents s’empressèrent à lui chercher un époux. Le mariage d'une fille digne de recherche est une affaire d'intérêt pour toute une famiiie parmi de pauvres sauvages, qui tous, chefs et autres, n'ont guère pour hien que les animaux de leurs forêts, avec les poissons de leurs rivières. Or, le gibier que le mari tue à la chasse, est au profit, non pas seulement de sa femme, mais de tout ce qu'elle a de proches parents. La jeune 1roquoise avoit des inclinations bien opposées aux vœux de sa famille; dirigée par l'Esprit saint, sans le connoitre encore,
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