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DE L'ÉGLISE. (An 1682.) 79 beaucoup plus loin qu'il n’étoit nécessaire pour la défense de la régale : mais la piété universellement reconnue d’un grand nombre d’entre eux, et les lumières, ainsi que la régularité, que les Italiens mêmes disoient alors croître chaque jour depuis deux règnes dans le corps dont ils étoient membres1, ne pcuvent que traduire en téméraires et en calomniateurs ceux qui répandroient des ombres sur la pureté de leurs yues 2.
Les disciples de Luther et de Calvin, comme ceux de Jansénius, voulurent tirer parti, en faveur de leur schisme, de cette espèce de scission entre les catholiques, ou pour mieux dire, de ce démêlé entre la personne, ou les ardélions d'un pape et le clergé d'un royaume orthodoxe : mais la courte réplique de l'assemblée même de 1682, ou du savant prélat qui en étoit l'âme, et qui en tenait la plume, suflit pour les con-
1 Car. Bentivoglio Breve Relat. de gli Ugonot. ne Franc.
2 Dieu seul est juge des intentions, mais les actes extérieurs sont du domaine de l'histoire. Nous avons cité Fénélon , Fleury, Voltaire, et le contemporain qui « écrit le T'estumnent politique attribué à tort ou à raison au grand Colbert. Nous pourrions citer d'autres témoignages importants. Mais tout ce qu'a dit l'auteur nous fera connoître sa pensée, mieux qu'il n’a osé l'émettre par sa derniére phrase, de style obligé à l'époque où il écrivoit.
Il nous a dit, au commencement de ce démêlé, que la cour de Versailles fut excitée ou secondee par le clergé; et son récit le prouve, puisque convoqué pour la régale , re clergé a traité des uhjets absolument étrangers : et qu'après avoir montré d'abord la plus grande déférence pour le pape , il a fini par lui faire la loi. Il a fait observer que la déclaration contenoit des muximes nouvelles ( remarque peu honorable pour elle), et qu'elle produisit à Rome une diversion efficace, ainsi que le vouloit la cour. 11 vient de dire que ies prélats allèrent beaucoup plus loin qu'il n'etoit nécessaire pour la défense de la régale. Il dira bientôt qu'Innocent XI présentoit, sur la chaire apostolique, un rnodèle parfait de Lu régularité chretienne et de lu sainteté pontificale. Ainsi cette assemblée, ajoutera-t-il, donnoit autant de louanges à Innocent XE, qu’elle lui a cause de chagrin ; mais pour un chagrin sicuisant, que tout éloge est un foible appareil ! On voit que l'historien paroût vssez convaincu que, par trop de foiblesse aux volontés de la cour, on n'avoit cherché qu'à mortilier le pape, et à l'obliger de porter son attention sur des objets bien plus inquiétants pour lui que la régale, Lui convient-il ensuite de vouloir faire douter si ce démêlé existoit entre le clergé de Francs et la personne des officiers d'Ianvcent XT, et surtout d'appeler ces officiers les ardelions d'un pape! L'histolien qui éerivoil la vie d'Innocent XÏ, ne pourroit-il pas user de la même exprestion , en parlant des chagrins que lui causérent les ardelions de ce roi P a-1-il plus raison d'essayer ensuite la justification des 4 articles? Mais on sait qu'alurs c'étuit l'ordre du joar , surtout pour un chanoine.
79 (AN 1682.) HISTOIRE fondre. « Qu'ils sachent, disoit-il, que le differend qui est entre les officiers du pape et nous, nc regarde nullement les dogmes de la foi, ni les maximes de la motale chrétienne que l'église gallicane conserve avec autant de pureté que l'église romaine; mais simplement quelques points de discipline, laquelle, comme tout le monde le sait, est sujette à prendre diverses faces.
Qu'y eut-il en effet de contraire à la foi romaine vu catholique, dans la sanction des quatre articles du clergé ? On les peut réduire à deux chefs, dont l’un regarde l’indépendance temporelle des princes non feudataires du saint Siége, et l'autre concerne l'autorité spirituelle du souverain pontife. Sur le premier chef, les prélats français déclarèrent que les princes souverains lenant leurs états de Dieu, et non de l’Eglise, aucune puissance ecclésiastique ne pouvoit les en dépouiller, ni dispenser leurs sujets de leur obéir ; doctrine conforme à la parole de Dieu, à la tradition des Pères, et aux exemples des saints. Les fondements de l'invariable soumission que les sujets doivent à leurs souverains légitimes, se trouvent clairement dans les divines Ecritures, dans les interprétations des saints docteurs de l'antiquité, et dans la pratique uniforme des fidèles de l'Eglise primitive. Parmi des chrétiens si dignes de servir de modèles à ceux des âges suivants, est-il un seul exemple de révolte contre un empereur idolâtre sous prétexte de son idolâtrie, ou d’une sentence portée contre lui par un des successeurs de saint Pierre ? Les faits contraires et si désastreux des temps postérieurs, font abhorrer l'introduction de la doctrine qui en fut la cause, loin de l’autoriser; ainsi le premier chef de la déclaration gallicane ne souffre point de difficulté pour quiconque n'est pas imbu, jusqu'à l'enivrement, des préventions transalpines.
Ainsi en est-il encore de la maxime qui subordonne l'exercice de la puissance même spirituelle du pontife romain, à l'autorité des canons reçus de l'Eglise universelle, comme ayant été dressés par l'esprit de Dieu. Qui peut même, sans scandale, entendre quelques ultramontains outrés attribuer au pape une indépendance entière des canons, et le maniement arbitraire de ces lois sacrées, de telle manière qu'il en dispense
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DE L'ÉGLISE. (AN 1682.) 77 quand et comme il lui plaît, el que sa volonté seule en rende la dispense valide 1?
Quant au pouvoir de prononcer en matière de foi avec une certitude qui oblige tout fidèle à soumettre son jugement s’il ne veut être hérétique, cette prérogative de l'infaillibilité, absolument nécessaire pour la conservation du sacré dépôt, fut indubitablement accordée à l'Eglise : mais dans le passage de l'Evangile qui marque l’infaillibilité avec le plus de précision, le Sauveur la promet à tous les apôtres en commun, et non pas seulement à Pierre leur chef. Allez, dit-il en usant du nombre pluriel, enseignez toutes les nations, voilà que je suis avec vous tous les jours jusqu'à la consommation des siècles : Euntes docete..…. ecce ego vobiscum sum. C'est qu'il étoit nécessaire, pour la conservalion de la foi, que l'Eglise fût infallible , et que cette nécessité n'avoit pas lieu pour son chef en particulier : il suffisoit que le corps apostolique, ou le corps de l'Eglise enseignante, tant dispersée néanmoins qu'assemblée, fût dirigé tous les jours, jusqu'à la consommation des siècles, par l'oracle nécessairement infaillible de la vérité. Que
si l'infaillibilité personnelle n'est pas nécessaire au chef de
1 Nous avons lu beaucoup de ces ouvrages catholiques , désignés par l'auteur sous les noms de transalpins et d'uitramontains ; mais nous n'en avons trouvé aucun où l'on soutint que le pape peut dispenser des canons sans motifs et comme il lui plaît. Aussi notre historien nous semble raisonner ici contre les défenseurs du saint Sicge, avec autant de logique ou de bonne foi, que certains protestants qui accusoient vaguéres les catholiques d'être idolâtres en adorant les images. Nous soutenons que le chef de l'Eglise peut s'élever au-dessus des canons, quand il a pour le faire de justes motifs, tel que le bien général de l'Eglise ou celui d'une église particulieres et chacun sait que Pie VII a usé de ce droit en 1801 pour le rétablissement de la seligion en France.
Chose digne d'attention ! Les canons défendoient depuis long-temps d'étendre le droit de régale à d'autres bénéfices que ceux pour lesquels il se trouvoit établi du consentement de l'Eglise. Louis XIV, excite ou seconde, comme on l’a vu, malgré les canons, étend ce droit à tous les bénéfices ; et des légistes courtisans, d'applaudir , parce que sa couronne eloit ronde ; et des évêques de cour, malgré les peines prononcees par un concile œcuménique ( 2.e de Lyon ), de dire que nos rois ont ce droit inalienable, imprescriptible, et que sur ce point i/s ne sont pas sujets à la discipline de l'Eglise. Et dans le temps où Innocent défend les canons de l'Eglise, et même les propres canons de l'Eglise gallicane contre l'ambition et l'injustice du prince, ces évêques déclarent solennellement et signifient au vicaire de Jésus-Christ, qu'il est obligé de suivre toujours les canons, qui ne peut rien contre
les canuns, et qu'on ne lui doit obéissanse qu'autant qu'il aura suivi les canons !!!
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78 (AN 1682) HISTOIRE l'Eglise, d'où présumera-t-on qu'elle lui ait été accordée P Mais si elle lui est nécessaire, le ciel permettroit-il, depuis dixhuit siècles, qu’elle fût toujours en problème : ?
Reste la question si le pape l'emporte en autorité sur le concile, ou le concile sur le pape, et cela hors même les temps de schisme : question plus curieuse qu'ulile ou usuelle, puisque depuis l'origine de l'Eglise, la nécessité de faire usage d'une pareille décision ne s'est pas encore rencontrée. Toujours les conciles vraiment œcuméniques ont été d'accord avec les papes, et les papes avec les conciles, touchant la fui et les mœurs; et dix-huit siècles écoulés dans cette sainte unanimité du chef et des membres de l’apostolat ou de l’épiscopat, font sagement présumer qu'elle durera jusqu'à la consommation des siècles. Si toutefois il pouvoit arriver qu'un pape soutint opiniâtrément ce que le concile auroit condamné comme hérétique, ou combattit avec la même opiniâtreté ce
e le concile auroit décidé comme un article de foi, à qui
‘+ deux faudroit-il en croire? On peut encore répondre à sette supposition, qui n'est qu'un développement de la questou précédente, que l'expérience du passé la fait raisonnable-
* Nous montrerons ailleurs qu'elle n'est en problème, quelque part seulement , que depuis 1682. Citoas néanmoins l'Ange de l'Ecole : « Il appartient à celui-l de faire un symbole, à qui il appartient de déterminer finalement ce qui est de foi, afin qu'on le croie inébranlablement. Or cela est du ressort du pape, à qui on rapporte les plus grandes et les plus difficiles questions qui naissent dans l'Eglise... Aussi, le Seigneur a dit à Pierre, en le créant souverain pontife : Pierre, j'ai prié pour toi, afin que ta foi ne manque pas; lorsque tu seras converti, fortifie tes frères, » ( 2.2, g. 3, a. 10). Ces paroles, trop claires pour être sujettes aux équivoques et anx interprétations, dit d'Avrigny, font voir qu'à vort on attribue quelquefois aux passions des ultramontains recents l'origine et les progrès de l'opinion favorable au pape. Elle a cours dans toute l'Europe, elle a été adoptée par la plus grande partie des prelats et des universites, une infinite ds theologiens lu suutiennent, En France même elle a été enseignée par des docteurs considérables, des pro. fesseurs de Sorbonne, de savants pères de l'Oratoire, pour ne rien dire des religieux de différents ordres, dont il plaît à leurs adversaires de rejeter le témoignage, sur le prétexte qu'ils sont dévoués au pape. L'universitéde Douai se déclara formellement H-dessus, dans les représentations qu'elle &t au roi en 1683, lorsqu'on voulut l'assujétir à la doctrine contenue dans la déclaration ; enfin, pour dire quelque vhose de plus fort que tout cela , la plupart des évêques qui étoient en place dans le royaume ea 1651, 1653, 1656 et 1661, se sont exprimés dans leurs lettres à Innocent X et à Alexandre VII d’une maniére qui les a fait regarder comme autant de partisans del'infaillibilité par ceux qui la soutiennent... » ( Wan. 1582.)
ÿ accordée ?
, depuis dix-
orité sur le ne les temps u usuclle, e faire usage ntrée. T'oulé d'accord chant la fui cette sainte ju de l'épiqu'à la conriver qu'un condamné iniâtreté ce foi , à qui répondre à de la quesisonnable-
rt seulement, tient à celui-l3 ui est de foi, à qui on rapl'Eglise...
erre, j'ai prié i, fortifie tes Les aux équitribue quel
par la plus s la suutienbles, des pro.
des religieux pnage, sur le brmellement
ER RS PE ee Ben 5 a tn Re
DE L'ÉGLISE. (AN 1682.) 79 ment présumer chimérique. On doit au moins convenir, indépendamment de toute opiniun locale, que le pape alors seroit tombé dans l’'hérésie d’une manière inexcusable et notoire, puisque la :rultitude des premiers pasteurs, témoins nécessaires de la iv: des églises diverses, rendent à la croyance unanimé de l'Eglise universelle un témoignage dont la malignité seule pourroit méconnoître la certitude. En effet, tous les ultramontains sensés reconnsissent que si le pape venoit sans retour à professer l'hérésie, il en seroit de lui comme d'un pape déjà mort, auquel il ne séroit plus question que d'en subslituer un autre.
Cependant comme l'Eglise n’est pas un corps acéphale, et
ue c’est à ce corps entier, composé du chef et des membres, que l’infaillibilité fut incontsstablement promise, les décisions prononcées contre le pontife qu'on suppose hérétigne, devroient être confirmées par celui qu'on auroit mis en s.. place ; d'où il paroît que le fameux débat entre les partisans de la supériorité du pape et ceux de la supériorité du concile, est une dispute sans objet, au moins pour ce qui regarde l'infail-
(Jibilité, puisque cette prérogative ne fut assurée, ni au chef de
l'Eglise en particulier, ni à ses membres séparés de leur chef, mais à l'Eglise entière, c’est-à-dire , aux suffrages réunis du chef et des membres.
Sans nous étendre davants:e sur cette matiére, dont la diseussion plus approfondie n': >partient pas à l'histoire, nous pouvons conclure que l'infailiibilité du pape et sa supériorité sur le concile, sont encore des points de doctrine sur lesquels chacun peut opiner en particulier selon ses lumières. En faire des points de croyance qui excluent jusqu'au doute, c'est s’arroger le pouvoir de former des articles de foi que l'Eglise ne connoît point. Les auteurs mêmes qui tiennent cette doctrine, à quelques enthousiastes près, conviennent que ce n'est point un dogme qu'on doive admettre pour être véritablement catholique : pareillement, les défenseurs du sentiment contraire, tout en l’étayant des décrets du concile de Constance, ne le soutiennent que comme fondé sur des preuves plus fortes que celles de leurs contradicteurs. Les premiers prétendent, ou que le concile n'étoit pas encore œcuménique lorsqu'il fit
ces décrets, parce qu'alors il n ‘étoit composé que de prélata del obédience de Jean XXII qu'on y déposi, ou qu'ils ne furent gas confirmés par Martin V qu'on élut en sa place, et inême qu'ils avoient été corrompus depuis par les pères schismatiques de Bâle. C’est pourquoi le clergé de France n'a pas donné la doctrine de sa déclaration comme une règle de foi dont il ne fût pas permis de s’écarter; tout ce qu'i. dit de’‘plus fort, c'est qu'il s'est déclaré pour ce qu'il a regardé comme le vrai sentiment des catholiques. Du reste, les prélats de l'assemblée, dans la lettre qu'ils adressèrent aux autres évêques du royaume, marquent formellement que leur démêlé avec Innocent XI ne concernoit point du tout les dogmes de la foi, qui sont les mêmes à Rome et en France. Soit Ilalien, soit Français, tout catholique s’en tiendra sans doute au concile de Trente : or, est-il que le canon touchant l'autorité du chef de l'Eglise s’y trouvant déjà dressé, on prit le parti de le supprimer après une délibération plus mûre, parce qu’il sembloit établir l'infaillibilité du pape, et sa supériorité sur les conciles œcuméniques.
Il est donc libre à chacun de penser en son particulier comme il le croit convenable , touchant la question présente ; mais chacun doit aussi se conformer extérieurement à la police du heu qu'il habite, et obéir aux édits du prince. Les souverains, chargés de maintenir la concorde et la tranquillité dans leurs états, ont un droit incontestable d’en bannir, non-seulement les doctrines hétérodoxes et suspectes, mais encore celles qu'ils jugent préjudiciables à leur autorité, dès là qu’elles ne font point partie de la croyance avérée de l'Eglise 2.
1 Nous ne pouvons nous arrêter sur tout ce que dit ici l'auteur ; mais nous montrerons, dans une dissertation particulière , que les prélats de l'assemblée de 1682 ont donné une fausse interprétation au concile de Coustance , et qu'ils ont contredit, dans leur déclaration, l'enseignement et la conduite de leurs prédécesseurs.
2 L'auteur nesauroit être plus accommodant : les princes ne peuvent lui demander davantage. A vec sa doctrine, ils sont maîtres de la discipline ecclésiastique ; et , en vertu du 1er article de la déclaration, et suus prétexte de leur tempor:1, ils pour ront interdire dans leurs états les décrets, même dogmatiques, du Vicaire de Jésus- Christ, dans lesquels des gens , orthodoxes comme la plupart des membres du parlement , ou pieux comme ceux que nous voyons héritiers de leurs pouvoirs, sauront toujours décider qu’il y a du temporel. Tout ce que les Souverains jugeront prrjudiciuble à leur auturite, et ne faire point partie de la croyance avéree de l'Eglise,
de prélata qu'ils ne à place, et ères schisce n'a pas gle de foi dit de‘ plus comme le is de l’ases évêques é avec Inde la foi, alien , soit au concile té du chef de le sup- 1 sembloit s conciles
particulier présente ; à la police es souveillité dans ion-seulecore celles u'elles ne
s nous monblée de 1682 L'contredit, UrSe
i demander que;et,en el, ils pour re de Jésuses du parleirs, sauront ront preju=— de l'Eglise,
Dans l'année même où parut la déclaration du clergé, un simple bachelier, frère Malagola, dominicain, en osa combattre le premier et le plus sage article, dans une thèse qu'il soutint à la face de la faculté de Paris. 11 leva l’étendard dés le frontispice de la thèse, où , entr'autres choses, on lisoit ces paroles : Æ celui qui lie et délie tout sur la terre, c'est-à-dire, qui possède éminemment l'ur »t l'autre puissance. L'auteur ne tarda point à être dénonce: parut hardiment, et soutint sans détour, que le } lier et délier accordé par Jésus-Christ au prince d et à ses successeurs , devoit s'entendre de la puissai elle, aussi-bien que de la spirituelle. C'est le principe dont s’étoit appuyé le jésuite Santarelli, autrefois condamné par la Sorbonne, qui ne se démentit point en cette dernière rencontre. Après avoir renouvelé son ancienne censure, elle chassa Malagola de l'assemblée, comme un parjure sans pudeur qui fouloit publiquement aux pieds le serment qu'il avoit prêté dans ses actes précédents, et fit rayer son nom du catalogue des bacheliers. On ignore pour quelle raison le parlement, si vif autrefois contre la même doctrine, demeura tranquille dans le cas d’une première atteinte portée à la déclaration du clergé, qui l'avoit proscfite !.
és ont le droit, (et le droit incontestable ! } de le bannir de leurs états !! N'est-ce pas de ce droit incontestable qu'Henri VIIL usa autrefois si habilement, pour se faire pape? n'est-ce pas en se faisant juges dans des matières ecclésiastiques, que certains empereurs grccs , depuis Zénon et Anastase Ï jusqu'à Léon dit le philosophe, ou à Constantin-Monarque, ont amené la triste séparation de l’église d'orient..… ? Nous avons vu que Louis XIV eût pu en faire autant : selon Voltaire, / n'avait qu un mot à dire. Heureusement que sous ce rapport, sa piété étoit plus solide que les principes dé ses courtisans théologues.
* Le parlement présuma sans doute que Malagola étoit bien assez puni, et ne voulut pas cette fois ajouter une autre inconséquence à celle de la Sorbonne.
L'auteur venoit de dire quelques lignes plus haut, que Le clergé de France n’ pas donne la doctrine de sa declaration comme une règle de foi dont il ne füt pus permis de s’ecarter. Et voila qu'il cite, immédiatement après, l'exemple d'un pauvre bachelier qui, pour l'avoir combattue scholastiquement, est chassé de l’assemblée comme un parjure sans pudeur , qui fouloit aux pieds le serment qu'il avoit prêté, Il y avoit donc un acte préliminaire à l'entrée des gardes , où le candidat prenoit un engagement aussi sacré et plus solennel, s'il se peut , que les promesses de son baptême, puisqu'on chassoit avec ignominie celui qui venoit à y manquer, Et c'étoit la une doctrine qu'on prétendoit ne pas imposer, dont il n’étoit pas dé
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