‹ Histoire de l'église [microforme] (volume 3)Chapitre 43 sur 178 · as · texte numérisé non relu

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90 (AN 1634.) HISTOIRE titre : Doctrine de l'Eglise, contenue dans notre profession de foi, et dans les décrets du concile de Trente, opposée aux calomnies et aux injures répandues dans les ouvrages des prétendus réformés. On y voit que la doctrine catholique sur l'écriture et la tradition, sur la justification et les mérites, sur les sacrements, le sacrifice de la messe, l’adoration du Sauveur dans l’eucharistie, les satisfactions , le purgatoire et les indulgences, étoit défigurée par les écrivains protestants, de manière à convaincre qu'ilss'étoient appliqués uniquement à la peindre des couleurs fausses les plus propres à la décrier. En conséquence de cette requête, le roi donna un édit, qui faisoit défense aux ministres et à toute personne de la religion prétendue réformée, de prêcher et de publier des livres contre la foi de l'Eglise, d'imputer aux catholiques des dogmes qu'ils ne tenoient pas, et même de parler, directement ou indirectement de la religion catholique. C’est qu'il leur était comme impossible de toucher ce sujet sans imposture et sans calomnie,

Le clergé satisfait ne poussa pas plus loin : mais le chancelier de France, M. le Tellier, quoique naturellement doux et modéré, pressa le monarque de porter le coup qui devoit abattre la dernière tête de l'hydre. Ce ministre dont la piété relévoit et dirigeoit les talents, regardoit l'unité de religion

. comme le plus ferme appui du trône : à la vue de la mort, que

son grand âge et ses infirmités lui annoncçoient de jour en jour plus prochaine, il souhaitoit passionnément de voir la foi chrétienne recouvrer sans retard tous ses droits naturels dans le royaume trés-chrélien. Les usurpations faites sur elle, et confirmées en quelque sorte par l’édit de Nantes, que les factions de l'hérésie et la nécessité des temps avoient arraché au premier des Bourbons, se trouvoient presque toutes réparées par le zèle persévérant des rois son fils et son petit-fils. Louis le Grand surtout, par la suite habilement combinée de ses édits, avoit tellement repris sur celui de Nantes, que des cent cinquante-huit articles qu’il comprenoit, il n’en restoit presque plus que le dangereux simulacre. Les huguenots étoient exclus de la judicature et de beaucoup d'autres professions ; la plupart des temples étoient abattus ; les prédicants avoient disparu; on soustrayoit à Ja séduction des parents, la jeunesse qui mar-

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quoit de l'inclination pour la foi catholique; les chefs de famille eux-mêmes, ébranlés d’abord par les craintes ou les cspérances humaines, puis désabusés par les controverses qui se faisoient dans toutes les provinces, rentroient en foule dans le sein de l'Eglise. S'il y avoit des conversions équivoques, il y en avoit beaucoup plus qu'on avoit tout lieu de croire sincères: il y en eut inême de généreuses et au-dessus de tout soupçon. De manière ou d'autre, on entendoit parler en tout lieu d’abjurations étonnantes, et singulièrement édifiantes On les reçut d'abord, sans trop se précautionner contre l’avenir. On exigea peu après la souscription d'une formule qu énonçoit avec précision les points essentiels de la doctrine catholique. Enfin on obligea les pères à mener leurs enfants à l'église, et à répondre de leurs femmes; en tout cela on n'éprouva nulle part un degré de résistance qui pût alarmer. La Rochelle et Montauban, autrefoisles boulevarts de l'erreur, ne marquèrent pas plus d'indocilité que les autres lieux.

Les choses en étoient là, quand enfin l’édit de révocation fut expédié le 22 octobre 1685. Il portoit l'abolition de tout ce qui s’étoit jamais fait dans le royaume en faveur de la religion prétendue réformée, la démolition de tous les temples qui restoient à ses sectateurs, une défense expresse pour eux de s’assembler en aucun lieu public ni maison particulière, afin d'en pratiquer les observances, et pour tous leurs ministres qui refuseroient d'abjurer, un ordre absolu de sortir du royaume sous quinze jours, à compter de la publication de l’édit. Mais en expulsant les séducteurs, on défendoit à la multitude séduite de les suivre, c'est-à-dire, de prendre eux-mêmes le parti de la désertion, ainsi que de transporter hors de France leurs biens et leurs effets , à peine de galère pour les hommes, et de confiscation, tant de corps que de biens, pour les femmes. Il intervint deux ordonnances nouvelles dans la même année, le 25 octobre et le 5 novembre, à l'effet d'interdire l'exercice du calvinisme, dans Îles vaisseaux , et d'empêcher les gens de mer de favoriser l'évasion de ceux qui le professoicnt. Gependant il n’est pas douteux que l’avarice des gardes, trop bien amorcée en ces sortes de rencontres, n'ait procuré l'évasion de plusieurs milliers d'individus, hommes et femmes, qui se

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