‹ Histoire de l'église [microforme] (volume 3)Chapitre 62 sur 178 · PR LS · texte numérisé non relu

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DE L'ÉGLISE. (AN 1687.) 195 dont Innocent avoit usé, et qu'il s'étoit donné un air de chicane, en opposant à ce droit constant et de pleine vigueur, les droits surannés el prescrits, s’il en fut jamais, de nos anciens rois.

Le jour suivant, devant la graud'chambre et la tournelle rassemblées, l'avocat général Talon, au nom de tous les gens du roi, appelant de nouveau, dit qu'à peine il étoit croyable qu'Innocent XI eût menacé d'une excommunication qui ne pouvoit donner de scrupule aux consciences même les plus timorées ; qu'il est de maxime, qu il est incontestable que nos rois et leurs officiers ne peuvent encourir aucune censure pour le pur exercice de leurs pouvoirs; que c'est un abus intolérable qu'en une matière évidemment et purement profane, le pape se fût servi des armes spirituelles, qui ne peuvent s'employer que pour le bien des âmes ; que cette licence à user de la puissance des clefs pour détruire, devoit être réprimée par l'autorité du concile auquel on avoit recours, quoique d’ailleurs les droits de Sa Majesté ne puissent jamais être la matière d'une controverse sujette à la juridiction ecclésiastique.

Trente-cinq églises cathédrales, demeurées sans pasteurs par l'obstination : d'Innocent à refuser des bulles depuis l'assemblée de 1682, formoient un grief trop considérable, pour que l'avocat général ne le touchât point dans son discours. Il proposa les moyens de faire cesser un mal dont le remède étoit

1 On voit que c'est toujuurs le pape qui est accusé , et le roi, jamais : c'étoit une liberté gallicane à l'époque où l’auteur écrivoit. Cependant l’obstination du monarque n'est-elle pas plus évidente que celle du pontife ? Comme elle avoit précudé celle d’'Innocent, n’étoit-ce pas à Louis de renoncer à ses impiétements sur les droits de l'Eglise, et à la déclaration qu'il avoit imposée au clergé de France?

L'auteur s’est effurcé aussi d'atténuer le sens et les expressions de l'Avocat général. Car celui-ci proposoit le concile « comme le moyen le plus naturel de réprimer les abus que les ministres de l'Eglise ( ce qui vouloit dire le souverain pontife, chet de l'Eglise et Vicaire de Jésus-Christ ) pouvoient faire de leur puissance. » Plus loin il disoit nettement qu'il falloit se pusser du pape, et rétablir les élections par le peuple, etc. Et plus loin encore, le souverain pontife étoit un fauteur d’heretiques et un vieillard dont les infirmités avoient affoibli la tte. (eboulet, t. 2, p. 384.) L'historien qui n'a pas trouvé un mot de blâme pour ce discours, pourroit-il se plaindre si on lui adressoit ces paroles d'Arnauld : Vous n’êtes donc hurdi que contre

le pape, parce que votre fortune ne dépend pas de lui? ( Consid. sur les att. de l'Egl. p. 152.)

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