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eût effectivement des péchés philosophiques dont Dieu ne fût pas offensé, il avoit réfuté cette proposition comme une erreur pernicieuse (1690).
Sa compagnie fit voird'ailleurs, non-seulement que l'erreur du péché philosophique n’avoit jamais été enseignée par aucun de sesauteurs, mais qu'elle ne pouvoit être l'erreur dela-société, parce qu’elle ést incompatible avec les principes ordinaires de son école. En effet, la plupart de ses théologiens posent pour un fait constant, qu'il n'est point de barbares si sauvages et si bouchés, qu'ils ignorent la divinité d'une manière invincible. Si quelques auteurs admettent la possibilité de cette ignorance, au moins pour un temps, dans quelques sauvages des plus stupides, ils soutiennent que pour qu'une action mérite l'enfer, il n'est pas nécessaire que celui qui la commet sache qu'il viole un commandement de Dieu, mais qu'il suffit d'agir pour cela contre les lumières de la raison et la voix de la conscience. Ils tiennent que les pécheurs d'habitude et les endurcis sont encore moins excusables que Îles barbares, parce que leur oubli de Dieu, quel qu'il puisse être quand ils pèchent, est l'effet de leurs désordres : il a sa source dans une volonté libre, puisque c’est à force de pécher volontairement qu'ils en sont venus à cet aveuglement funeste, et par conséquent il ne sauroit empêcher que tous leurs crimes ne leur soient imputés justement.
Malgré de si claires défenses, Arnaud et ses amis n'en continuèrent pas moins leur poursuite. Tandis que lui-même combattoit en prose le fantôme qu'il s’étoit forgé , tel qu’il le Jui falloit pour en tirer avantage, de petits poëtes gagés glapissoient en rimes et en chansons. Les laquais, les cuisinières , les crocheteurs les répétoient dans les rues et dans les carrefours, contribuant en leur manière au triomphe du grave augustinien, à qui, pour en revenir au ton sérieux que mérite la chose, toute ectte affaire ne fit pas honneur dans l'esprit des personnes honnêtes. Elles n'y virent qu'avec mépris ou pitié, la haine et la passion portées jusqu'au ridicule. Ce qu'il y eut de plus maladroit dans sa fougue, c'est qu'en dénonçant une hérésie chimérique, il en établit de réelles et de manifestes 2. Il qualifia d’er-
1 Lettre à l’auteur du libelle intit. Nouv. Hérésie. — ? Ibid,
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