‹ Histoire de l'église [microforme] (volume 3)Chapitre 69 sur 178 · PA «| À · texte numérisé non relu

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DE L'ÉGLISE. (An 1690.) 145 reur la contradicto.re de l’assertion capitale de Calvin et de Jansénius, tout anathématisés qu’avoient déjà été ses propres écrits à ce sujet ; savoir, que Dieu ne fait jamais de commandements aux hommes, sans leur donner le pouvoir de les accomplir, et qu'il y auroil de l'injustice à les punir pour des fautes qu'il leur seroit impossible d'éviter.

Les faux dénonciateurs furent dénoncés à leur tour, ou plutôt la dénonciation qui s'étoit faite contre eux quatorze ans auparavant, fut enfin justifiée, en 1690, par une condamnation canonique des erreurs qu ils continuoient à répandre. Pour remettre le lecteur sur les voies de cette affaire, il faut la reprendre de plus haut. Dès le pontificat de Clément X, l'archevêque de Malines, et d'autres catholiques des Pays-Bas, avoient député vers ce pape pour le prier de remédier au mal que les nouvelles opinions causoient dans l'université de Louvain. Clément X étant mort peu après l’arrivée des députés, les prétendus augustiriens pensèrent alors àse défendre, pleins d'espoir dans les protecteurs qu'ils se flattoient de trouver auprès de son successeur Innocent : mais comme il leur importoit d'abord de marcher par des voies détournées, ils dressèrent une contre-batterie pour mettre leurs agresseurs eux-mêmes sur la défensive. A cet effet, ils recueillirent de leur côté un grand nombre de propositions en matière de morale, et en demandèrent la condannation. Leur stratagème étoit si visible, qu'au premier bruit de leur procédé, comme on l’a vu en son lieu , le confesseur du nouveau pape dit sans ménagement : Voilà des gens qu’une intrigue pleine de malice amène ici pour rendre suspecte la juste plainte des docteurs orthodoxes. Ils réussirent néanmoins à faire censurer soixante-cinq de ces proposition: avec d'autant plus de facilité, que dans ce grand nombre il y en avoit peu, et peut-être point du tout, qui eussent jamais été enseignées dans aucune école.

Cependant le commissaire autorisé de la procuration de plus de cinquante des principaux docteurs séculiers et réguliers des Pays-Bas, présenta la liste de trente-une propositions dénoncées par les catholiques à Innocent lui-même, qui nomma quatre théologiens pour examiner, avant toute chose, si elles n'avoient

point été fabriquées, ou du moins falsifiées. L'inconvénient où 12 10

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