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il venoit de tomber lui faisoit craindre un désagrément sem blable. Les livres et les thèses d'où l’on avoit extrait ces propositions, furent produits ; les théologiens furent nommés au nombre de huit, pour en dire leur sentiment au saint Père et au sacré collége. On fit l'examen qui doit diriger la qualitica tion, et la qualification même se commença : mais tout cela se fit avec unelenteur qui, jointe aux affaires occasionées, entre autres choses, par la condamnation du quiétisme, traîna jusqu’à la maladie qui emporta ce pontife. C’est ce qui fait toucher au doigt Ja fansseté de ce qu'ont avancé différents écrivains du parti, savoir qu’Innocent XI s'étoit toujours opposé à la publication de la censure qui avoitété portée plusieurs anrées avant sa mort. Mais combien d’autres faits notoirement faux, qui n’ont point d’autres fondements que leur parole !
Alexandre VIIT avoit été l’un des juges lorsqu'il n’étoit que cardinal, et il savoit parfaitement les avis des théologiens, qui tous alloient à la censure, à l'exception du seul Ricci, étroitement lié avec les prétendus disciples de saint Augustin. Ainsi la censure suivit de près son exaltation. Le pape y proscrit les trente-une propositions, comme scandaleuses, schismatiques et hérétiques respectivement, avec défense de les enseigner, sous peine d'excommunication encourue par le seul fait, et réservée au saint Siége. Parmi ces propositions, il y en a qui touchent à Ja liberté de notre état, aux suites de l'ignorance invincible, à l'application des mérites du rédempteur, et à la sainteté même de Jésus-Christ , à la grâce suffisante, au baptême, à l'ordre, à la pénitence, à l'usage de la communion, à l'absolution reçue des religieux mendiants, au culte de la sainte Vierge, aux justes bornes de l'autorité de saint Augustin, et à la bulle 7n eminenti donnée par Urbain VIII contre Jansénius.
Et pour entrer dans quelques détails capables d'instruire, on condamne ceux qui tiennent, avec la première proposition, que pour démériter, il suffit de la liberté par laquelle le péché a été libre dans sa cause, c’est-à-dire, dans la volonté d'Adam; ceux qui veulent, selon la seconde, que l'ignorance invincible du droit naturel, s’il y en a une, n’excuse pas de péché mortel, et selon la troisième, qu'il ne soit pas permis de suivre l'opinion même la plus probable d’entre celles qui le sont vérita-
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