ARC
148 (AN 16go.) HISTOIRE
avancer que les louanges données communément à Marie sont vaines : mais ces blasphémateurs prouvant au même lieu que leur impiété à l'égard de la mère, s'étend à la personne même du fils , ajoutent que l'offrande faite par Marie le jour de sa purification, marque non-seulement qu’elle avoit besoin d’être purifiée ; mais, Ô comble de l’étourdissement ou de l'irréligion | que son fils, que le saint des saints avoit eu part à la tache qu'elle avoit contractée. La trentième proposition établit pour principe, que quand une doctrine est clairement établie dans saint Augustin, on la peut soutenir sans égard à aucune bulle des papes. La trente-unième enfin assure que la bulle /n eminenti est subreptice.
Nous passons sous silence quelques-autres de ces propositions , parce qu'elles n’ont pas trait aux erreurs qu'il importe spécialement de reconnoître dans les écrivains parjures, qui, après tant d'abjurations, ne continuoient pas seulement à professer er à répandre les erreurs condamnées dans Jansénius, mais qui renchérissoient sur elles par des excès qu'on ne croiroit point, si on ne les avoit pas sous les yeux. C’est avec cette bonne foi qu'ils ne cessoient de crier que le jansénisme étoit une chimère, et que les foudres du Vatican ne tomboient que sur un fantôme. Rome s'étoit assurée avec toute la circonspection que demandoient les circonstances, que les trente-une propositions étoient extraites fidèlement de leurs écrits. On en lisoit, et l’on en peut lire encore la plus grande partie dans les ouvrages d'Arnaud, principalement dans l'écrit donné sous le titre baroque de Pentalogus Diaphoricus. Fig
Du reste la chaleur avec laquelle ils les défendirent, et leurs emportements contre le décret qui les condamnoit, prouvèrent jusqu’à la démonstraiion qu'ils en étoient les auteurs. C'est le scandale de la cour de Rome, dit le père Gerberon en parlant de ce décret, c’est la honte du saint office, et la confusion du pontificat d'Alexandre VIII :. C'est le triomphe des docteurs relâchés, ajoute le fameux bachelier Ligny, qui dit ne rien comprendre à ces décisions de la grâce suffisante, et qu'il n'est
1 Crit. des préjug. de Jurieu, 2.e entretien d'un abbé et d'un jésuite, Lett. au faux Arn. du 1 Février 1691. Ibid. lettre du 2 février 1691.
bag) tm me ra
dé € MAD a 2e, D 4 À bit
Marie sont e lieu que nne même jour de sa soin d’être rréligion!
à la tache ablit pour ablie dans cune bulle le /n emi-
> proposi- "il importe ures, qui, sent à proénius, mais ne croiroit avec cette nisme étoit boient que irconspecrente-une rits. On en ie dans les né sous le
t, et leurs brouvèrent s. C'est le en parlant fusion du s docteurs > rien comqu'il n'est
suite. Lett. au
} el L 4 El
DE L'ÉGLISE. (AN 1690.) 149 personne du bon parti à Douay qui n'en ait étésurpris. « Etrange catastrophe, s'écrie un autre de ces déclamateurs, étrange catastrophe! Lorsque nous nous flattions que Rome favorisoit le parti de la vérité et de la justice, un foudre sorti du Vatican venoit fondre sur nous, s’il ne s’étoit heureusement éclaté contre les Alpes. Quel scandale et quelle frayeur pour de jeunes gens non encore accoutumés à de pareils tonnerres! Tout le bon parti est dans une constcrnation incroyable. » En effet, le chagrin du parti alla jusqu'à regarder le pape comme un excommunié. Vous n'êtes pas le seul, dit du Vaucel, sous le nom de Valloni , dans une lettre au père Quesnel!, vous n'êtes pas le seul qui trailez en excommunié le pape défunt. Je n’ai pu me résoudre à aller à aucun des neuf services qu’on a faits pour Jui à Saint-Pierre, et je ne saurois me souvenir de lui à l'autel.
La désolation fut grande, surtout dans les Pays-Bas, où les principaux tenants français du parti s'étoient choisi un refuge. Elle n'y étoit cepen‘ia it pas général:. Ce fut au contraire dans ces conjonctures que j'université de Douay révoqua, ou du moins corrigea la censure qu’elle avoit faite autrefois, de concert avec celle de Louvain, contre les sentiments du père Lessius sur la grâce et la liberté 2. Elle voyoit avec douleur tirer de cette censure des conséquences contraires aux dernières décisions de l'Eglise, quand le père Quesnel voulant ranimer entre la faculté et les jésuites une animosité qui ne pouvoit être avantageuse qu à sa secte, publia, sous le nom du bachelier Gery, l'apologie historique des deux censures de Douay et de Louvair. Les docteurs de Douay, qui pénétrèrent sans peine les vues de ! : »ologiste, condamnèrent d'abord son ouvrage parun décret de toute la faculté.
Cette école cnsuite, par une droiture et une générosité rare dans les corps savants, résolut de fermer à jamais la bouche aux novateurs, qui opposoient son ancienne censure à l'aversion qu'elle témoignoit de leurs nouveautés 3. Après avoir observé qu'ils en inféroient que les justes mêmes n'ont pas le pou-
1 Lettre du 17 mars 1691. — 2 Epist. Decani S. F. Th. Duac, ad Fulgent. pag. 36. Verit. et AËquit. propugnat. , pag. 22. — 3 Decret. Facult, Duac. adv. Apol. D. Gery, die 24 Januar. 1690.