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DE L ÉGLISE. (AN 2a9.) 265 siadmirables, qu'il lui fit reconnoître la verité, et professer avec un éclat nouveau la foi pure qu'il avoit abandonnée. Il y eut peu d'années après un autre concile en Arabie, contre les hérétiques, nommés simplement Arabes, qui croyoient que notre âme meurt et ressuscite avec le corps. On vit aussi paroître vers le même temps et dans les mêmes contrées, les hérétiques valésiens, disciples du philosophe arabe Valésius. Ils croyoient la liberté de l'homme incompatible avec la concupiscence. En conséquence, ces extravagants sectaires soutenoient qu'il falloit absolument supprimer la source de ces tentations invincibles, en se faisant eunuques. Aussi l'étoientils tous sans exception, se rendant tels quand ils ne l’étoient point de naissance ; et l'on assure qu'ils mutiloient les étrangers qui passoient chez eux.
Origène, malgré l’imprudence commise dans sa jeunesse, se montra toujours opposé à ces erreurs, et les combattit la plupart avec avantage. Mais ce n'étoient pas uniquement ses lumières qui le faisoient triompher. Soit dans les disputes publiques, soit dans les entretiens particuliers, on ne pouvoit résister aux charmes de sa douceur, de son affabilité, de sa modestie, de son désintéressement. Ilalloit, en ce dernier chef, jusqu’à aflliger ses amis, dat plusieurs très-puissants et trèsopulents eussent au mans voulu lui procurer quelque sorted'aisance. Mais toujours il parut intraitable sur cet article; et ses protecteurs le connoissoient si bien, que, nonobstant l'usage des donations testamentaires si communes alors, nul d'eux en mourant ne lui légua la moindre chose, dans la persuasion où ils étoient qu’il n’eût pas mieux reçu les legs que les autres dons. Onseroit fort étonné, sans cette observation, de ce qu'Ambroise, son ami si sincère et si généreux, qui lui devoit son grand attachement pour la foi, et quieut le bonheur de mourir martyr , ne lui laissa rien de ses grands biens, pour sustenter sa vieillesse, quoique les circonstances lui permissent de le faire. Il parvint à un âge fort avancé, quoique souvent persécuté et formellement proscrit par l'édit de l'empereur Dèce, qui condamnoit à la mort ceux qui enseignoient dans l'Eglise. On prétend même qu'Origène, comme le docteur le plus renommé des chrétiens, étoit l'objet principal de cet édit. 11 composa,
266 (Aw 229.) HISTOIRE entr'autres ouvrages, un nombre infini de lettres savantes, et plus de mille sermons; non par l'envie de paroître, mais à la sollicitation de ses respectables amis, et surtout d'Ambroise qui lui représentoit sans cesse le compte qu'il devoit deses rares talents à Dieu et aux hommes. Toutefois il ne permit qu’à l'âge de plus de soixante ans, qu'on transcrivit ses homélies ou ses discours instructifs.
T'ouché du besoin de l'Eglise et de celui des fidèles curieux de s’instruire, que les hérétiques séduisoient journellement par de mauvaises interprétations de l’Ecriture sainte, il en fit une édition à six colonnes, à laquelle on donna pour cetle raison le nom d'Exaples. La première colonne contenoit letexte hébreu en lettres hébraïques. La seconde le même texte en lettres grecques, pour les lecteurs qui entendoient l'hébreu, sans le lire facilement. Car les Grecs, fort prévenus en faveur de leur langue, s’appliquoient peu à celles des autres nations ; et on loue beaucoup Origène d’avoir étudié l’hébreu , surtout à un âge formé , afin de mieux comprendre et mieux expliquer les saintes Ecritures. On dit néanmoins qu'il ne se rendit pas absolument profond dans cettelangue. La troisième colonne des Exaples renfermoit la version d'Aquila, qui de païen s’étoit en premier lieu fait chrétien , puis juif par dépit, et qui alors traduisit la Bible en grec, dans le dessein de faire tomber la traduction des Septante , et d’affoiblir les passages qui regardoient Jésus-Christ. La quatrième colonne contenoit la version de Symmaque, qui la composa vers l'an soixante-dix du siècle
‘précédent. Il étoit né Samaritain , se fit chrétien, puis s'engagea dans la secte d'Ebion. La cinquième colonne présentoit la version des Septante, c'est-à-dire des soixante-douze interprètes, quoique le mot de septante n’en exprime que soixante-dix; version qui se fit de la manière que tout le monde sait, sous Ptolomée Philadelphe, roi d'Egypte, plus de douze cents ans avant Jésus-Christ. Dans la sixième colonne étoit la version de Théodotion , qui, de disciple de l'hérétique Tatien, s’étoit fait marcionite, puis juif. Elle avoit son mérite, quoique donnée par un apostat, et s'accordoit beaucoup mieux avec celle des Septante que les-deux autres, c'est-à-dire que
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