‹ Histoire de l'église [microforme]Chapitre 116 sur 159 · PC ET · texte numérisé non relu

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Vous devez aimer nos princes, dit d'abord le consulaire 4 cet admirable confesseur, vous qui vivez sous les lois romaines. Acace lui répondit : Qui les aime plus que nous ? Sans cesse nous prions pour eux, pour la prospérité de leur règne, pour la gloire de leurs armes, et généralement pour tout ce qui les intéresse. Marcien dit : Sacrifiez donc à l'empereur, afin qu'il connoisse d'autant mieux votre respect et votre attachement. Acace répondit : Nous rendons de cœur et d'affection à l'empereur tout ce que nous lui devons; mais il n’a aucun droit d'exiger des sacrifices. Et qui sacrifiera à un homme mortel, en réfléchissant qu'il commande aujourd'hui, et que demain peut-être il subira le coup de la mort? Comme nous, l’empereur est soumis à Dieu. Il n'est permis de rendre les honneurs divins q''au maître immuable et tout-puissant du ciel et de la terre, devant qui toutes les autres puissances doivent ‘trembler,

Marcien qui aimoit à raisonner, et qui cherchoït une occasion d'attaquer avec avantage les principes du christianisme, demanda à connoître ce Dieu. Acace lui dit : Puissiez-vous en acquérir effectivement la connoissance, mais une connoissance utile et salutaire! Qui est-il, reprit Marcien ? Acace répondit : Le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob. Marcien dit : Sont-ce des dieux que vous me nommez là? Non, répondit Acace; mais celui qui s’est manifesté à ces hommes vénérables, est le vrai Dieu que nous devons craindre, Quel est donc son nom, poursuivit Marcien ? Acace, suivant la règle qu'enseigne Origène, ne cita que les noms que Dieu prend dans les saintes Lcritures. Marcien lui repartit : De quelles chimères vous vous préoccupez! Laissez les choses invisibles, et honorez plutôt Jes dieux que vous pouvez voir. Acace dit : Quels sont les dieux que vous me proposez? Marcien dit : Sacrifiez à Apollon, qui nous préserve de la peste et de la famine, qui gouverne et conserve tout le monde. À qui dites-vous, reprit Acace? À cet Apollon qui, brûlant d'un amour impur, en poursuivit le timide objet, sans prévoir qu'il lui échapperoit ? Faut-il adorer ceux que je rougirois d'imiter, et dont vous puniriez vousmême les imitateurs ? Marcien dit : Voilà ce que les chrétiens ont coutume de répondre : mais il faut de ce pas venir sacrifier

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