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DE L'ÉGLISE. (AN 283.) 367 leur ; mais je l'endure volontiers pour mon Dieu. Puissent mes larmes vous faire comprendre à quel point je l'aime, et comment il doit être aimé!
À la place de Probe, les troupes élurent Carus, préfet du prétoire, qui créa césars ses fils Carin et Numérien. Il étoit de Narbonne, et ne régna que seize à dix-huit mois. Il périt d’un coup de foudre, comme il faisoit la guerre aux Perses; et ses deux fils continuèrent de régner. Numérien fut assassiné quelques mois après, par l'ordre d'Aper, son beau-père, qui prétendoit occuper le trône. Mais les troupes, indignées de ce parricide, choïsirent le 17 septembre 281 , Dioclès, qui prit le nom de Dioclétien, et qui protesta sur-le-champ, l'épée nue en main, qu'il n'avoit aucune part à la mort de son maître. C’est le féroce Aper, ajouta-t-il, qui a fait couler le sang de sa propre famille, et j'en serai le vengeur. Il lui passa dans le moment son épée au travers du corps. Ce trait de justice, qui fit honneur à Dioclétien, quoiqu'il marquât une âme sanguinaire, fut encore flétri par l'intérêt et la superstition. Un druide lui avoit autrefois prédit, dans les Gaules, qu’il parviendroit à l'empire; mais qu'il ne se l’assureroit qu’en tuant le sanglier. Il compta remplir cet oracle en tuant Aper, parce que ce nom latin signifie sanglier. Ainsi s'annonçoit l'auteur de la plus longue et de la plus terrible persécution de l'Eglise de Jésus-Christ. Dans le fond, Dioclétien s’intéressoit si peu à la famille de Carus, qu'il n'eut rien de plus pressé que d'opprimer le fils de cet empereur, qui régnoit toujours en Occident. Il n'hésita point à créer césar, Maximien-Hercule dont il étoit sûr, pour le lui opposer.
Carin se soutenoit cependant ; il gagna même une bataille contre Dioclétien, Mais en poursuivant sa victoire, il fut tué par un tribun, dont il avoit enlevé la femme. Les deux armées se réunirent aussitôt, et reconnurent unanimement Dioclétien. Maître de tous ses mouvements, qu'il savoit parfaitement subordonner à la politique, il confirma chaque officier de Carin , dans sa charge, et s’appliqua soigneusement à gagner tous les esprits pour en venir à ses fins.
368 (an 284.) HISTOIRE