FREE
nee :
frs à à Ææ > =
cs
he TR
jrs se 7 PT - Rs PRÉL PRE ELA A
55 Eee À
394 (An 304.) HISTOIRE
froi. Il y eut plusieurs martyrs dépouillés et liés par les pieds à deux arbres rapprochés à force de machines. On lâchoit ensuite ces arbres qui, reprenant leur situation naturelle, arrachoient les membres qu'on y avoit attachés. À un bien plus grand nombre, on coupa l’un après l’autre le nez, les oreilles, les doigts des mains et des pieds, et on leur mit ainsi successivement le reste du corps en pièces. En certaines villes on les brûloit à petit feu, ou plutôt on les cuisoit tout vivants, et l'on ajoutoit la dérision à la barbarie, en mettant dans leur chair du sel, du vinaigre et toutes sortes d'assaisonnements. Ailleurs, on couloit du plomb fondu sur le dos ou dans le sein des hommes et des femmes, et on leur faisoit endurer d’autres indignités si horribles et si infâmes , que la pudeur nous engage à tirer le voile sur ces images révoltantes. On fit crever l'œil droit et couper le jarret gauche à une multitude innombrable , qu'on envoyoit ensuite travailler aux mines, et à quion ne laissoit que par cruauté un reste de vie mille fois plus insupportable que la mort. Quelquefois l’impatience prenant aux tyrans , ils suppléoient, par la multitude des victimes immolées tout à la fois, à ce goût de cruautés lentes et recherchées.
Eusèbe et Lactance nt ir qu'une ville de Phrygie fut brûlée tout entière, avec Îles femmes et les enfants, parce qu’elle étoit toute chrétienne. On permit de sortir de la ville à ceux qui le voudroient; mais les circonstances se trouvant telles que leur retraite eût donné lieu de douter de leur foi, tous, sans exception, aimèrent mieux périr. Eusèbe ajoute, qu'en un seul jour on abattit tant de têtes, que le fer en fut émoussé, et que les bourreaux, las de tuer, purent à peine finir l'exécution en se relayant les uns les autres.
Taraque, Probe et Androvie, martyrs de Cilicie, souffrirent tout ce qu'on que imaginer de plus horrible. Les fouets , les ongles de fer, les têts aigus, les lames et les broches ardentes, l'infusion du vinaigre et du sel dans les plaies, et les fumées étouffantes, en un mot, tous les raffinements d’inhumanité que nous avons vu successivement épuiser contre une foule de martyrs, on les réunit contre ceux-ci. Le tyran Îles attaqua a diverses reprises, les traîna après lui de ville en ville, leur fit
es pieds à ichoit en- Île, arrabien plus les oreilainsi sucs villes on vivants, et dans leur nnements.
ou dans le it endurer la pudeur tes. On fit multitude ux mines, e vie mille impatience de des vic- £s lentes et
Phrygie fut ants, parce de la ville se trouvant de leur foi, tbe ajoute,
fer en fut ent à peine
souffrirent fouets , les >s ardentes, les fumées inhumanité e une foule les attaqua ille, leur fit
DE L'EGLISE. (AN 304.) 399 subir ; jusqu ‘à quatre fois les plus étranges tortures. Les intervalles qu'ils passoient en prison, étoient encore ce qu'il y avoit de plus insupportable. Non-seulement leur courage fut invincible; mais ils répondirent au juge avec tant de fermeté, avec tant de force et de présence d'esprit, et même avec un tel air de dédain ou d'autorité, que loin de pécher par foiblesse, ils sembleroient avoir donné dans l’excès contraire, si l’on n'étoitassuré par la divine énergie de leurs réponses mêmes, que l'Esprit de Dieu parloït par leur bouche. Leurs actes sont divisés en quatre parties, dont les trois premières, comprenant lesinterrogatoirés, sont les copies littérales des registres publics, qu’un soldat, gagné à prix d'argent , avoit communiquésaux fidèles. Le récit de leur mort, eontenu dans la quatrième partie, fut écrit par ceux des fidèles qui avoient été les * ins oculaires de leur triomphe.
i-Ans la capitale de l'ancienne province de Cilicie, on arrêta Julitte, distinguée par sa noblesse. On ne laissa pas de lui faire souffrir toutes sortes d’indignités. Sun enfant, âgé seu- Jement de trois ans, et emmené avec elle, poussoit des cris attendrissants en voyant ruisseler le sang de sa mère. Le juge se le fit apporter , et voulut, en le caressant, arrêter ses pleurs. Mais Cyr ou Cyrique, c'est le nom de l'enfant, tendant les bras à sa mère, et s'élançant vers elle de tout son pouvoir, détourna sa tête du gouverneur, lui donna des coups de pieds, Jui égratigna le visage, etdit, comme sa mère, qu'il étoit chrétien. Le brutal magistrat, du haut de son tribunal , le jeta si rudement par terre, que le jeune martyr eut la tête entièrement brisée; en sorte que la cervelle se répandit sur les degrés, et que tout l’espace d'alentour fut arrosé de ce sang innocent. La mère en rendit grâce à Dieu, et eut à la fin la tête tranchée.
Le martyr Barlaam, qui a eu pour panégyristos et pour admirateurs saint Basile avec saint Jean Chrysostôme , n'étoit qu'un simple berger de Cappadoce, dont la fermeté d'âme triompha des mouvements les plus naturels et de tous les arti-. fices des persécuteurs. On lui tint de force le bras sur l'autel des faux dicux , et sur sa main étendue on mit de l'encens ct des charbons ardents , afin que la douleur lui faisant remuer la
ne me
ORDRE TEE PU
Er EE
3 DID A Êrrs 2
a us =
R'ÉRETAS MT E SEAT ut
MR ST PET SR ire LA
306 (AN 305) HISTOIRE main, l'encens réjaillit sur un brasier préparé à ce dessein , et qu'il parût ainsi honorer les idoles. Mais barlaam eut la constance de ne point remuer le bras avant que les charbons, qu'on avoit soin de souffler et de renouveler, lui ayant percé la main, fussent tombés par l'ouverture. Le martyr expira dans cette douleur : ce qui en marque la violence, ainsi que l'héroïsme de sa foi, plus forte au pied de la lettre que les horreurs de la mort.
La vertu de Jésus-Christ communiqua le même courage à un homme jusque-là voluptueux et débaucné. Il se nommoit Boniface, et vivoit dans un mauvais commerce avec Aghé, dame romaine, fille d’un proconsul , et en possession d’une très-ample fortune 1. Après des années entières de désordre, Aglaé cut la dévotion assez singulière pour une personne de sa conduite, d'envoyer chercher en Orient des reliques de martyrs Elle exigea de Boniface qu'il fit lui-même ce voyage; et celui-ci, au moment du départ, lui dit encore en plaisantant : Au moins si l'on vous apporte mes propres reliques, ayez soin de les bien honorer. Nonobstant cette légèreté, Boniface fit en route des réflexions salutaires. Après tout, se disoit-il , il me conviendroit fort de rentrer en moi-même, et de faire quelques œuvres de pénitence ; puisque tout indigne que j'en suis, je vais me charger des restes précieux de ces défenseurs d’une doctrine que le ciel me fait la grâce de n'avoir pas encore trahie par l'incrédulité. Il dirigea sa route vers a ville de Tarse, capitale de la Cilicie, où il espéroit se procurer plus facilement ce qu'il cherchoit. Tout en arrivant, il trouva une boucherie épouvantable de ces saintes victimes. L'une pendoit la tête en bas, par-dessus un brasier ardent. L'autre avoit les membres tendus et tout disloqués par la violence des roues. Un autre étoit attaché à la terre par un pieu qui lui traversoit la gorge. Un autre encore venoit d’être scié par le milieu du corps. 1l y en avoit jusqu'à vingt tourmentés à la fois en ces diverses manières.
À ce spectacle, Boniface s’abandonne aux mouvements de la grâce. Qu'il est grand, s'écrie-t-il, le Dieu des martyrs! Je
t Amon. p. 332. Vales ad lih, 27.
mira trion saint
essein , et t la conharbons, ant percé yr expira ainsi que e que les
courage à nommoit ce Aglhé, on d’une désordre, rsonne de liques de e voyage; à plaisanreliques, reté, Botout, se même, et t indigne x de ces e de n’aoute vers it se pro= | se il ictimes.
ardent.
ar la vioun pieu être scié irmentés
ents de tyrs! Je
vous en conjure, soldats de Jésus-Christ , priez pour mai, afin que j'entre en société de vos combats et de vos triomphes. {1 se jette à leurs pieds, baise avec une vénération religieuse leurs plaies et leurs chaînes. Le gouverneur qui présidoit en personne, s'informa quel étoit eet audacieux qui paroissoit braver sa puissance. Boniface, que rien ne put intimider, fut bientôt jugé et appliqué aux tourments. On lui enfonca sous les ongles des pointes de roseaux affilés; on lui versa du plomb fondu dans la bouche, on le plongea dans la poix bouillante. Cependant le peuple fondoit en larmes, et au lieu d’applaudir à la tyrannie, donnoit des marques terribles d’indignation contre le tyran. Ce n étoit plus le temps où tous les humains semhloient conjurés contre l'Eternel et son Christ. 11s commencoient à trop le connoître, pour le haïr si généralement. L'enfer faisoit les derniers et les plus grands efforts contre une doctrine salutaire aux hommes : mais les hommes ouvroient les yeux sur leurs solides -vantages. Non-seulement les chrétiens étoient indignés contre le gouverneur : ils se seroient contentés de gémir, sans faire la moindre violence. Mais la multitude fit entendre des murmures et des menaces. Les gentils s'écrièrent plus haut que les fidèles : Qu'il est grand le Dieu des chrétiens! Qu'il est grand le Dieu des martyrs! Tout le peuple courut renverser l'autel, et s’arma de pierres contre le juge impie. Il se retira effrayé, et le lendemain il fit trancher la tête à Boniface. On reporta les reliques du nouveau martyr à Aglaé , qui distribua toutes ses richesses aux pauvres , et passa le reste de ses jours dans la retraite et l'exercice de la pénitence.
L'église romaine, comme toute l'Italie, eut beaucoup de part à la dixième persécution. C’est alors que souffrit l'illustre évêque de Bénévent, saint Janvier, avec ses compagnons. Quoi que l’histoire de son martyre, écrite plus de six siècles après l'événement, ne puisse faire une grande autorité, la vénéra-tion éclatante de tout un peuple qui la croit autorisée par un miracle perpétuel , ne nous laisse pas douter de la vérité de « : triomphe mémorable, ni de la magnanimité extraordinaire a saint héros qui le remporta.
Différents autcurs font aussi un martyr du saint pape Caïus
3938 (AN 305.) HISTOIRE qui avoit succédé à E: ychien én 283. Mais de plus anciens monuments donnent tout lieu de croire qu'il ne fut que confesseur. On prétend qu'il étoit parent de l'empereur Dioclétien et qu'il encouragca au martyre Gabinius et Suzanne, aussi princes du sang impérial. Gabinius, neveu de Dioclétien ; Suzanne, fille de Gabinius. Après la mort:de la première femme de l'empereur Galère, la‘politique ne lui trouva point d’épouse plus propre que Suzanne, petite nièce de Dioclétien; mais comme elle avoit choisi Jésus-Christ pour son époux, nulle considération n'ébranla larrésolution de cette chaste héroïne, qui préféra non-seulement l'obscurité, mais une mort violente au rang de maîtresse du monde, Gabinius, son père, pour avoir approuvé cette religieuse constance, fut enveloppé dans sa proscription; et le pape Gaïus, qu'on dit frère de ce Gabinius , servit beaucoup à soutenir le courage du père et de la fille.Il ne fut pas pris cependant, et il vécut encore une année depuis, c'est-à-dire jusqu'au 22 avril de l'an 296.
Deux mois après, Marcellin lui succéda et gouverna huit ans. C'est de ce pape qu'on a conté des fables déshonorantes qui se détruisent.elles-mêmes par les anachronismes et les incidents dépourvus de vraisemblance dont elles sont remplies. Quelle critique en effet, de faire comparaître ce pontife se repentant de ses prétendues idolâtries , devant un concile tenu à Sinuse et composé de trois cents évêques? Comment eût-on rassemblé tant de prélats durant la plus violente de toutes les persécutions, puisque dans l'état le plus tranquille de l'Eglise, rarement on en put réunir un si grand nombre? Eustbe, qu'on ne sauroit soupçonner d'une omission aussi considérable, ne dit pas un mot de ce fait. L'histoire de Théodoret prouve bien davantage, puisqu'il parle expressément de Marcellin ainsi que de la persécution où l'on veut qu'il ait idolâtré, et où ce sage historien assure au contraire que le pape se distingua par la fermeté de son courage.
Saint Augustin soutint formellement la fausscté de cette imputation contre le donatiste Pélilien, qui insistoit fortement là-dessus avec les sectaires de son temps. Car pour les premiers donalistes, et cette réflexion est des plus concluantes,
lus anciens t que conur Dinclé- | Suzanne, Dioclétien ; a première ouva point de Dioclét pour son n de cette arité, mais
Gabinius, stance, fut , qu'on dit courage du | vécut en- 2 avril de
iverna huit honorantes set les incit remplies.
intife se recile tenu à ent eût-on
toutes les e l'Eglise, ? Eusèbe, si considé- Théodoret t de Mar- ‘il ait idoue le pape
e cette imfortement r les prencluantes,
DE L'ÉGLISE. (An 305.) 309 jamais ils ne reprochèrent à l'Eglise une pareille chute de son chef, tout attentifs qu'ils étoient, pour appuyer leur mauvaise cause, à recueillir les fautes des prélats catholiques, et surtout des évêques de Rome. Quoi qu’il en soit de l'origine de cette imposture, tous les historiens hérétiques ainsi qu'orthodoxes demeurent d'accord que le pape Marcellin finit saintement ses jours. Après sa mort, qu'on croit avoir été le martyre, le saint Siége vaqua plus de trois ans et demi : tant il étoit périlleux d'y monter, à cause de l'implacable cruauté des persécuteurs.
Le règne de Dioclétien avoit été fort heureux avant qu'il se fût déclaré contre l'Eglise : depuis la persécution , tout sembla conspirer à humilier cet esprit extraordinairement vain. Le ciel le frappa par tous les endroits les plus sensibles. Sa santé, en s’astérant d'une manière tout-à-fait humiliante, lui fit perdre son autorité ; sa raison baissa ; il parut n'en conserver que ce qu'il en falloit pour sentir tous les désagréments de son état. Non-seulement on ouvrit les yeux sur ses défauts naturels ; mais le public dit librement tout ce qu'il en pensoit. Cet odieux et sordide vieillard se trouvant à Rome, le peuple insulta à son avarice, en plein cirque, et en fit partout les railler‘es les plus piquantes. Le prince en fut si outré, que nonobstant les rigueurs de l'hiver, il repartit brusquement pour Nicomédie, où il faisoit son séjour ordinaire. Une maladie de langueur l'y attaqua, il s’abandonna à l'humeur atrabilaire qui le dévoroit, prit le parti de ne plus se laisser voir à personne, et le bruit courut qu'il étoit mort.
Galère vint en diligence d’Antioche à Nicomédie, et dit sans ménagement à Dioclétien , qu'il falloit quitter l'empire. Le propos révolta le sombre vieillard , dont l’orgueil ne vouloit pas y entendre. Mais Galëre menaça , et il fallut se soumettre. On engagea Maximien-Hercule à faire la même abdication ; et les deux césars, Galère et Constance furent créés augustes le même jour, qui étoit ie premier de mai de l'an 305. On fit en même temps deux nouveaux césars. Dioclétien souhaitoit que ce fût Maxence et Constantin, les fils de Maximien et de Constance. Il eut encore le chagrin de ne pouvoir réussir. Galère fit conférer ces dignités à Sévère, décrié par son ivro-
ne pe