LIVRE SEPTIÈME
DEPUIS LA PAIX DONNÉE A L'ÉGLISE EN 313, JUSQU A LA MORT DE CONSTANTIN EN 337.
L; liberté donnée à l'Eglise par l'édit des empereurs, jointe à la protection loute particulière de Constantin, changea en peu de temps toute la face de l'empire. Les fidèles se montroient avec sécurité, et une sainte joie éclatoit sur leur visage; le nom chrétien n'étoit plus abhorré comme un nom impie; les cachots ne renfermoient plus les innocents; les exilés et les fugitifs rentroient en foule dans le sein de leur patrie; les troupeaux se rassembloient après la plus triste dispersion , et les pasteurs reparoissoient à leur tête. On ne voyoit dans les villes, et jusque dans les campagnes, qu'églises qu'on réédifoit, plus grandes et plus belles que les anciennes. Le religieux empereur prévenoit les vœux des peuples et des évêques les plus zélés pour la gloire de la maison de Dieu , et fournissoit à tout avec une magnificence digne d’un césar, à qui des miracles de protection faisoient reconnoître l’auteur de sa puissance !,
On consacroit ces temples avec de pompeuses solennités. Les prélats se réunissoient en grand nombre; le concours des fidèles de tout äge et de toute condition étoit immense. C'étoient des jours de fête et de réjouissance aussi intéressants par l'importance de l'objet et par le saint appareil de la nouveauté, qu'éloïgnés de la licence et de la dissolution des cérémonies idolâires. La rencontre des proches et des amis qui se revoyoient après une longue séparation, rendoit le plaisir plus vif, en ajoutant la sensibilité de la nature à l'enthousiasme
# Euseb, Hist, !, X,
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