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Tout habile qu'il étoit dans l’art du gotivernement et dans la connoissance des hommes, il ignoroit jusqu'où vont les chicanes et la supercherie des esprits indociles en matiére de religion. Il se donna mille peines, afin d'éclaircit le fait inutile de l'évêque d’Aptonge. On y réussit enfin. Des protès verbaux juridiques, et des témoins qui vivoient encore, firent foi dé son innocence : ce qui formoit une preuve sutabondante et péremptoire, au sens de l'empereur, en faveur de Cécilien, Toutefois les schismatiques n'en devinrent pas plus dociles; et Constantin portant la condescendance à son comble, prit les mesures nécessaires pour assembler dans lés Gaufes, comme ils le désiroient, un grand concile des évêques d’Afrique, d'Italie, d'Espagne, de la Grande-Bretagne , et principalement des Gaules. On ne trouve dans les souscriptions que trente-trois évêques , avec les députés de douze absents. Mais à juger de ce concile par la manière dont les Pères en parlent, il y a tout lieu de croire qu'il étoit beaucoup plus nombreux. Saint Augustin le nomme plénier, et ÿ met jusqu’à deux cents Pères, On peut en effet le regarder comme un concile général de l'Occident.
La lettre que Constantin écrivit en cette occasion à Elafius, son vicaire en Afrique, fournit un modèle touchant de la droiture d'intention , de l'esprit religieux, et de tous les sentiments qui doivent animer un prince chrétien. Je ne vois pas, lui dit-il, qu'il nous soit permis de fermer les yeux à des divisions capables d'itriter la majesté suprême, non-seulement contre le commun des hommes, mais contre ceux qu’elle a chargés de la conduite des choses d'ici-bas. Je n’attendrai avec une ferme confiance la protection de la divine bonté, et je ne me croirai dans une sécurité parfaite, que quand je verrai tous mes sujets concourir, dans une sainté union, à honorer Dieu par le culte de la religion er re
La ville d'Arles fut indiquée pour le lieu de l'assemblée ; on expédia des lettres circulaires aux évêques des différentes régions, et on leur fournit les voitures et les vivres, aux frais de l'état, afin qu'ilsse trouvassent plus fari!ment réunis jour le 1. d'août de l’année 315. Constantin écrivit lettressur
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DE L'EGLISE. (An 270.) 433 cœur, à procéder d’une manière capable de procurer enfin une paix solide à l'Eglise, et de le délivrer lui-même pour toujours de tous ces soucis affligeants.
On examina avec le plus grand soin , et les accusations per. sonnelles intentées contre Cécilien , et le second chef d’accusation concernant les évêques qui l’avoient ordonné. On ne trouva néanmoins aucunes preuves de toutes les allégatione des donatistes , et l'on prononça derechef en faveur de Cécilien. Cette affaire consommée , on jugea à propos, avant de se séparer, d'examiner ce qui étoit d’un intérêt général pour toute l'Eglise. Comme sa foi est inaltérable, les persécuteurs, en s’efforçant de l’éteindre, ne l’avoient qu'épurée. Mais des abus ou des relâchements s’étoient glissés dans la discipline ; et l'on fit de sages réglements pour la rétablir. Toutefois, par respect pour la chaire apostolique, les Pères ne les voulurent publier qu'avec son approbation et sous son autorité. C'est vourquoi ils les envoyèrent au pape Sylvestre, qui avoit succédé à Melchiade le dernier jour du mois de Janvier précédent ; et ils lui écrivirent en ces termes :
Plût à Dieu, notre très-cher frère; ainsi lui exprimoient ils leur zèle avec leur tendre et respectueux attachement, après avoir rendu compte de la sentence portée contre les donatistest ; plût à Dieu que vous eussiez été présent avec nous à ce grand spectacle! La condamnation des indociles eût été plus sévère, et notre assemblée auroit eu plus de consolation en vous voyant juger avec aous. Mais vous n'avez pu quitter ces lieux révérés que les saints apôtres ont consacrés par leur sang, et où ils ne cessent de présider. Cependant nous avons cru cevoir ne pas nous borner aux affaires pour lesquelles on nous avoit convoqués, mais pourvoir encore aux divers besoins de nos provinces. En conséquence, nous avons fait plusieurs réglements, où nous pensons n'avoir suivi que l'inspiration de l'Esprit saint et de nos bons anges. Ce quine nous fait pas oubiier que c'est à vous, à causede l’étendue supérieure de votre autorité et de votre juridiction, de leur apposer leur sceau principal, et de les intimer à tous les fidèles,
8 Lab. Conc. t. 1. p. 1425,
Par ces respectables canons, les plus anciens de l'Eghse gallicane, il est enjoint, sous peine de déposition , aux différents ministres des autels, de demeurer fidèlement attachés aux lieux où ils auront été ordonnés. On excommunieensuite les diacres usuriers. L’usure autrefois défendue sévèrement à Rome, et regardée comme plus punissable que le larcin, y avoit pris le plus grand crédit dans la décadence des mœurs, et elle y étoit permise par des lois formelles. En attendant le moment propre à une réforme entière , l'Eglise voulut marquer dès lors son horreur pour ce vice, en le flétrissant au moins dans les ecclésiastiques. L'excommunication tombe spécialement sur les diacres, comme plus exposés au danger en leur qualité d’administrateurs des biens temporels du clergé. On exhorte les maris chrétiens qu surprendront leurs femmes en adultère , à n’en point reprendre d’autres du vivant des premières, Onse borne encore ici à l'exhortation, parce que les lois civiles permettoient de saremarier après le divorce. Tout éloignée qu'étoit l'Eglise de les suivre en ce qui étoit contraire à l'Evangile, elle nelaissoit pas d'userde ménagement jusqu’à ce qu'elle pût amener la puissance civile à toute la pureté des maximes évangéliques. Les gens de théâtre sont excommuniés, tandis qu'ils resteront dans cette profession. Ce canon qu'on voudroit aujourd'hui taxer d'une rigueur excessive, trouve son apologie dans = ‘us anciens Pères de l'Eglise, particulièrement dans le t.. Jde Tertullier sur les spectacles : amusements proscrits par ce Père, non-seulement comme infectés d’idolâtrie, mais commeune des sources principales de la corruption des mœurs. Le concile prive aussi de la communion, mais pour un temps seulement, les filles chrétiennes qui épousent des gentils.
Parce qu'en Afrique la coutume de rebaptiser les hérétiques subsistoit toujours, on défend de réitérer le baptême de ceux qui l’auront reçu au nom du Père et du Fils et du Saint-Es prit, et de faire autre chose que de leur imposer les mains. Sur l'article du schisme des donatistes, on statue que Îles traditeurs seront déposés de l'ordre clérical, si pourtant ils
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on DE L'EGLISE, (AN 314) 459 sont convaincus, non par des témoins trop sujets à se laisser corrompre, mais par des actes authentiques ou publics ; que s'ils ont ordonné quelque sujet irréprochable d’ailleurs, cette forme d'ordination ne nuira point à ces bons sujets. T'els sont les canons essentiels du premier concile d'Arles.
Ceux des conciles d'Ancyre et de Néocésarée, qu'on rapporte à ces premiers temps de la liberté de l'Eglise, où les conciles furent plus fréquents que jamais , ne sont pas moins célèbres. Ancyre étoit la métropole de la Galatie, et il paroit que cette ville avoit été choisie, comme la plus commode, pour y rassembler les évêques de l’Asie-Mineure, du Pont, de l'Arménie et de la Syrie. Dans ces provinces, les persécutions avoient duré leplus long-temps et de la manière la plus violente. Aussi le principal objet du concile fut derégler la pénitence des fidèles tombés dans l’idolâtrie. À leur occasion, on étendit ces réglements aux pénitences des autres crimes, et l’on commença de donner aux évêques plus de liberté à user d'indulgence, suivant les occasions et les règles d’une sainte prudence.
Ce concile distingua aussi les fonctions des différents ordres de la clérirature. Offrir et prêcher, ce sont celles qu'il annexe au sacerdoce , et il attribue aux diacres celles de présenter l'offrande et de faire les annonces dans l'Eglise, où ils remplissoient d'office ce qui étoit à la charge des crieurs publics dans les assemblées profanes. Il n'est pas permis aux corévêques , fussent-ils revêtus du caractère épiscopal, d'ordonner des prêtres ou des diacres; ni aux prêtres de la ville, de rien faire dans le diocèse, sans une permission par écrit de l’évêque titulaire. Par ces dernières paroles du canon concernant les corévêques , il paroît que ces sortes de prélats inférieurs n'étoient par état que des prêtres à qui l'évêque confioit son autorité pour la campagne; et que dans le cas où Ils auroient été honorés de la consécration épiscopale, leur pouvoir ne s’étendoit pas à conférer les ordres sans une permission expresse et spéciale. Suivant le canon dixième, les diacres qui ont déclaré, lors de leur ordination, qu'ils ne renonçoient point au mariage , ne seront pas exclus du ministère pour s'être mariés dans la suite, et pourront exercet 28,
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436 (An 314) RISTOIRE
toutes les fonctions de leur ordre. Telle est l'origine du vœu tacite de continence, que ne font encore nos clercs qu’en ne répondant rien à la proposition que leur en fait l'évêque, avant de leur conférer la sous-diaconat, Si quelques Eglises particulières de l'Orient se sont écartées, dès ce premier âge, des règles étroites de la continence cléricale, on voit au moins que c’étoit seulement pour les ministres du second ordre, et dans le cas d’un besoin particulier, qui ne tiroit pas à conséquence pour les églises où l'on n'éprouvoit pas cette pénurie d'ouvriers évangéliques , et bien moins encore pour celles del'Occident.
Les canons du concile de Néocésarée dans le Pont voisin de la Galatie, qui sont comme le complément de ceux d’Ancyre, et où se trouvèrent à peu près les mêmes évêques, sont au nombre de quinze, entre lesquels le premier ordonne la peine de déposition contre le prêtre qui oseroit se marier. Le troisième met en pénitence les liïques mêmes qui se marient plusieurs fois, quoiqu’après la mort de l’une des parties ; et il défend aux prêtres d'assister au festin des secondes noces, qui, bien que permises, passoient pour une foiblesse parmi les Orientaux. Dans le sixième, on statue qu'il n’y aura que sept diacres en chaque ville, quelque grande qu’elle soit, suivant la première institution. Cette règle a toujours été suivie à Rome, pour les diacres d'office de la première église, nommés diacres régionaires; d’où elle s’est étendue aux provinces les plus éloignées, par respect pour le premier siége. Le onzième canon défend d’ordonner un prêtre avant l'âge de trente ans; et la raison qu'on en donne c'est que Jésus- Christ n’avoit commencé de prêcher qu’à cet âge. On croit que Vital, patriarche d’Antioche, présida à ces deux conciles de Néocésarée et d'Ancyre.
Pour les Pères d'Arles, ils ne se séparèrent pas aussitôt après leurs décisions : mais ils s'occupèrent à réunir ceux des donatistes qui revinrent à leurs pasteurs légitimes. Il y en eut beaucoup davantage, qui, persistant dans l'égarement et la révolte schismatique, appelèrent sans pudeur à César du jugement des évêques. Ce prince, à son ordinaire, en fut très-srandalisé, et conçut dans le premier moment la plus
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vive indignation. Ensuite il écrivit aux Pères du concile d'attendre encore avec patience , et de laisser aux schismatiques le loisir de revenir au bon parti. Que s'ils persistent dans leur opiniâtreté, ajouta-t-il, retournez alors dans vos églises: Enfin 1l ordonna d'arrêter les plus séditieux, et les fit amener à sa Cour.
Ns tirèrent de cette démarche un parti bien différent de ce que ce bon prince se proposoit. Ils lui donnèrent de grandes espérances d’une réunion parfaite: ils déclamèrent avec élo-: quence, et avec une grande démonstration de droiture, contre les suites funestes de ladivision, et par cette amorce insidieuse, Us le conduisirent jusqu'à se faire le juge des évêques, en matière de religion, et l'inspecteur des conciles. Comme il avoit les vuesdroites, et qu'il ne péchoit que par une ignorance asses excusable dans les commencements d’une conversion de l’empire chrétien, le Seigneur ne permit pas qu'il poussât plus loin l'égarement. Îl examina lui-même tout de nouveau, et avec des peines infinies toutes les pièces d’une procédure aussi longus et aussi compliquée que celle de Félix d'Aptonge ; il fit comparoître Cétcilien , avec les principaux donatistes à Milan où étoit la Cour ; et après s'être parfaitement convaincu de l'innocence de cet évêque, il rendit en sa faveur une sentence éclatante, Plus on cède à l'esprit de parti, plus il exige. Les schismati: ques ne se soumirent pas mieux au jugement de l'empereur qu'à ceux des évêques. Bientôt l’on entendit les reproches de prévention, de partialité, et mille plaintes insolentes. Constantin , avec toute sa douceur, fut obligé de condamner les mutins au bannissement; et mêlant au procédé d'un empereur le ton d'un apôtre, il écrivit aux peuples et aux évêques cathoïiques de ne combattre ces séditieux que par la patience ; en considérant que les mauvais traitements endurés de leur pe leur tiendroient lieu du martyre'. En conséquence, église qu'il avoit fait construire pour les catholiques, dans la capitale de Numidie , depuis peu nommée de son nom Constantine , les évêques l'abandonnèrent aux donatistes, et se contentèrent de demander un emplacement pour en construire une
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