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468 (AN 325.) HISTOIRE commerce de la vie, sa complaisance et sa gaîté même, le fai. soient aimer de tout le monde.
I se fit admirer dès qu'il parut à Nicée, tant par la profondeur de sa doctrine, que par une éloquence insinuante et naturelle, qui de temps en temps étinceloit de traits frappants et lumineux, et qui alloit toujours à son but avec une rapidité presque inconnue aux Orientaux. Il s’opposa, sans nul respect humain, à Eusèbe de Nicomédie, le plus fier prélat de son siècle, vieux et rusé courtisan, protecteur exigeant, et trèsdangereux ennemi. Aussi les ariens commencèrent-ils dès lors à craindre Athanase comme leur plus terrible antagoniste, et les fidèles à le regarder comme le boulevard de la foi catholique.
L'empereur s’étoit rendu à Nicée, près d’un raois avant la séance publique et solennelle du concile. Plusieurs évêques, ariens à ce qu'on croit, lui présentèrent des mémoires contre leurs confrères. Il les reçut d’un air sérieux et froid, les fit lier et serrer tous ensemble, bien cachetés, ordonnant qu'on les lui gardât jusqu'à un certain jour où il les pourroit lire. Il s’appliqua dans l'intervalle, avec toute l’indulgence et la douce activité d’un ange de paix à rapprocher les esprits et à dissiper les ombrages. Enfin il se fit représenter les mémoires en plainte, et les brüla en présence des évêques, leur assurant qu’il n'en avoit pas lu un seul articler. C’est à Dieu, leur ajouta-t-il, de vous condamner ou de vous absoudre : pour moi, qui ne suis qu'un homme, sans caractère dans l'ordre des choses saintes, je ne m'ingérerai jamais à juger ceux qu'il a établis en sa place pour nous juger nous-mêmes2. Ensuite il les exhorta, d’une manière énergique et touchante, à se pardonner tous leurs torts réciproques ; et, s’il falloit faire droit sur les points essentiels, à ne rien publier, même en ce genre, qui pût scandaliser les peuples. Puis il ajouta , que s'il voyoit de ses propres yeux un évêque commettre une faute honteuse, il le couvriroit de sa pourpre, pour le dérober à la malignité publique.
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DE L'ÉGLISE. (AN 525.) 469 rial, avec un éclat convenable à l'état de Eglise délivrée de la servitude et protégée par le maître du monde. Dans la plus grande salle du palais de Nicée, on disposa des deux côtés de longues files de bancs pour toutes les personnes qui devoient avoir place au concile. Au milieu s’élevoit un trône richement paré , sur lequel on plaça le livre des saintes Ecritures, comme représentant l'Esprit saint qui les avoit dictées , et qui alloit les interpréter par l'organe des pasteurs à qui sa perpétuelle assistance avoit été promise.
Pour l’empereur, il ne fut pas question de tribunal, aprè que sa foi vive et humble venoit de reconnoître avec tant d’édification qu'il n’avoit nulle autorité dans ces sortes de jugements. On ne put lui faire agréer qu’un petit siége placé dans le milieu, à un bout de la salle, uniquement distingué par la richesse de sa matière; car il étoit d’or.
On n’en marqua que plus de respect à son entrée, tous les pères se levant dans un respectueux silence, et témoignant une religicuse allégresse:. Il parut sans gardes, accompagné seulement de quelques-uns de ses ministres qui étoient chrétiens. La beauté de son visage, qui, à l’âge de cinquante ans, avoit conservé toutes les grâces de la jeunesse; une mine haute et douce, des yeux extrêmement vifs, le corps le mieux fait qu'on pût voir, une démarche aisée et majestueuse, une taille audessus de tous ceux qui l’environnoient, tout en lui fixant les regards, faisoit reconnoître d'abord le souverain de cette auguste et nombreuse assemblée. Sa pourpre étinceloit d'or et de pierreries. Mais il tenoit ses yeux modestement baissés, et rougissoit d'une humble pudeur, qui dans une multitude presque toute composée de saints, imprima de lui une idée beaucoup plus avantageuse que n’eût fait tout le faste de la grandeur. Arrivé à sa place, il se tint debout, et ne s'assit qu'après que tous les pères l'en eurent pressé par signes ; puis il les fit asseoir à leur tour.
Alors un des principaux prélats de l'assemblée, dont on ne sauroit dire le nom avec certitude, se leva, du côté droit où il occupoit la première place, félicita le prince sur tous les bien-
1 Evs. Vi. I, 2.
faits qu'il avoit reçus de Dieu, et le pria de continuer à faire usage des faveurs divines pour la prospérité de l'Eglise. Après s'être recueilli quelques instants, Constantin répondit, qu'il regardoit comme l'une des plus grandes grâces du ciel le bonheur qu'il avoit de se trouver parmi tant d'excellents personnages ; qu'ilne doutoit plus que; par leur moyen, on n’allät terminerles funestes divisions qui avoient ranimé l'espérance des ennemis du christianisme, ni que tant de saints et savants hommes ne s'entendissent pour achever tous ensemble de détruire l’idolätrie. Afin de soutenir la majesté de l'empire romain, il fit son discours en langue romaine ou latine : mais on le rendit sur-lechamp en grec pour le grand nombre des pères, qui étant orientaux, l’entendoient beaucoup mieux que le latin.
Après ce discours, les évêques examinèrent la question de foi, avec la plus scrupuleuse attention, et avec toute la liberté que l’empereur déclaroit leur laisser, On interrogea de nouveau Ârius, que la présence impériale n’empêcha point de soutenir ses premiers blasphèmes. Les eusébiens, tout en voulant pallier ses impiétés, en proféroient d'aussi grandes, ou même de plus grandes au fond; les principes entraînant comme de force les conséquences , et un abîme nouveau, selon l'expression des livres saints, s’ouvrant sous un premier abîme. Eux-mêmes à la fin demeurèrent interdits, en voyant les horreurs et les absurdités de leur système dans son développement : ils se contredisoient; ils se démentoient les uns les autres ; ils achevoient de Conféeet leur propre honte par leur air d’étonnement et par leur silence. Les orthodoxes les ayant ainsi confondus, exposèrent la croyance de l'Eglise. Constantin écoutoit tout avec une patience et une douceur inaltérables , quoique la dispute füt très-animée dans les commencements. Il saisissoit a7ec une précision étonnante Îles points essentiels de Ja question , les présentoit aux uns, tem péroit la chaleur excessive des autres, parloit à tous avec une bonté et des grâces qui captivoient les cœurs. Il usa pour cela de la langue ! grecque, qu'il parloit trè s-élégamment.
On lut une lettre d'Eusthe de Nicomédie, qui présentoit l'hérésie d'une manière palpable, et mani foto la cabale des sectaires, Elle excita une telle indignation, qu'on la déclura
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