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la l'rinité , les pères confirmant ce qu'avoit auttefois statué le concile d'Arles, et plus anciennement encore le pape saint Etienne, ils défendent de rebaptiser, soit ces sectaires, soit aucuns de ceux qui auront conservé le baptême de l'Eglise catholique : expression pleine de lumière, qui nous fait connoître que les sacrements administrés hors de l'Eglise, n’en sont pas moins les sacrements de l'Eglise, à qui seule Jésus- Christ a fait ce don sacré 1.
Il se trouvoit au concile un évêque novatien, nommé Acésius. L'empereur, à qui les soins et les démarches ne coûtoient rien quand il s’agissoit d’une œuvre de zèle, demanda à cet évêque s’il étoit content du symbole de foi et du décret sur la pâque. Seigneur, répondit-il, le concile n’a rien innové ; et c'est comme je l'ai appris, ce qu on a cru et observé depuis les apôtres. Pourquoi donc , reprit Constantin, vous éloignez-vous de la communion générale? Acésius lui exposa les causes de la séparation de Novat, c'est-à-dire, le relâchement prétendu des catholiques, en ce qu'ils admettoient à la participation des saints mystères, ceux des fidèles qui avoient péché mortellement depuis leur baptême. Faites donc une échelle pour vous, répliqua le prince en riant, et montez tout seul au ciel.
On rapporte au concile de Nicée beaucoup d’autres réglements particuliers. Il est sûr, par exemple, qu'il défendit de se meltre à genoux pour prier le dimanche et durant tout le temps pascal, par respect pour la tradition, qu'il se piquoit de révérer dans les moindres objets quand elle étoit ancienne. Mais la vénération de tous les âges pour cette auguste assemblée, lui fit attribuer beaucoup d’autres lois qu’elle n'a point faites. Les Arabes et tous les Orientaux des derniers temps lui rapportent toute la discipline antique, et même un grand nombre de canons inconnus à l'antiquité, dont ils révèrent infiniment le recueil. Cette compilation apocryphe est connue sous le nom des canons arabiques du concile de Nicée. Le respect des Grecs et de tout l'Orient pour ce saint concile, leur fit ordonner qu'on en célébreroit annuellement la mémoire.
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DE L'ÉGLISE. (AN 325.) 479 comme les fêtes des saints : observance encore pratiquée aujourd'hui à l’égard même de plusieurs autres conciles qu'ils honorent de la même manière, sur le modèle de cette première institution.
Les pères, avant de se séparer, écrivirent leur lettre synodale. Quoique directement adressée à l'église d'Alexandrie et à ses dépendances, comme à la partie la plus intéressée du monde chrétien à ce qu'on ventoit de régler, elle concerne aussi toutes les autres églises. Avant toutes choses, disent les pères, nous avons examiné, en présence de l’empereur, l'hérésie d’Arius et de «es sectateurs; et il a été résolu tout d’une voix de l’ana!! ématiser, lui , sa doctrine et ses ouvrages impies , avec les blasphèmes qu'il vomissoit contre le Fils de Dieu, en disant qu'il fut tiré du néant, qu'il n’étoit point avant d'être engendré, et qu’il y a eu un temps où il n'existoit pas; que, par son libre arbitre, il pouvoit s'adonner au vice ainsi qu à la vertu, et qu'il est créature. Le saint concile anathématise toutes ces horreurs, qu'il n’a même entendu prononcer qu'en frémissant. Pour ce qui regarde la personne d'Arius, déjà vous avez appris, ou bientôt vous apprendrez de la voix publique, comment on l'a traité. Nous ne voulons pas paroître insulter à un homme qui a reçu, par le bannissement , la digne récompense de son crime. Son impiété a eu la force de perdre avec lui Théonas de Marmarique et Second de Ptolémaïde : c’est pourquoi on les a enveloppés dans son châtiment. On rapporte ensuite ce qui avoit été ordonné touchant le schisme des méléciens et la célébration de la pâque.
Comme ce n'étoit point assez de publier les décisions, l’empereur joignit son autorité pour l'exécution des décrets, et fit écrire dans toutes les provinces des lettres instructives, où il proposoit le jugement du concile comme un oracle divin. après lequel il n’étoit plus question d'examiner, mais seulement d'obéir. Tout ce qui se fait dans les saints conciles, dit-i: expressément, et telle fut dans tous les temps la persuasion des vrais fidèles, doit se rapporter à la volonté de Dieu. C'est par elle que j'ai donné mes soins pour rassembler à Nicé: le plus grand nombre possible d'évêques, avec lesquels moimême, comme un d'entre vous, car je fais mon plus doux
480 (AN 325.) HISTOIRE plaisir de servirlemême maître , je me suis appliqué à connoître lavéritét. On a donc examiné , avec la plus grande diligence, tout ce qui avoit pu donner lieu à la division. Et Dieu veuille nous le pardonner! quels affreux blasphèmes n’avons-nous pas entendu proférer touchant notre Sauveur, notre espoir et notre vie, par des gens d'une doctrine contraire aux divines Ecritures et à notre sainte foi ! Plus de trois cents évêques, trés-vertueux et très-éclairés, sont convenus d’une même croyance, qui est en effet celle de la loi chrétienne. Le seul Arius a été convaincu d’avoir , par l’instigation du démon, semél’impiété, premièrement parmi les Egyptiens ses compatriotes, puis en beaucoup d'autres endroits. Recevons donc la loi que le Seigneur tout-puissant nous a enseignée, et que les frères séparés par les ténébreuses intrigues d'un émissaire infernal s'empressent à se réunir. Car ce que trois cents évêques ont ordonné, n’est autre chose que la sentence du Fils unique de l'Eternel: l'Esprit saint ayant déclaré la volonté de Dieu par l'organe de ces grands hommes qu il inspiroit. Ainsi que personne ne balance, que personne ne diffère, mais que tous reviennent avec joie au chemin de la vérité.
L'empereur condamnoit en même temps au bannissement Ârius, avec ses deux plus opiniâtres sectateurs, Théonas et Second. Tous les autres étoient flétris par le nom infâme de porphyriens, contme renouvelant les impiétés de Porphvre, c’est-à-dire, l’idolâtrie, en adorant la créature dans le Fils de Dieu, qu'ils disoient tiré du néant. On les assujétissoit encore à payer chacun , outre leur capitation ordinaire et personnelle, celle de dix autres personnes. Enfin les écrits de l'hérésiirque étoient condamnés au feu; et quiconque seroit convaincu d en avoir recélé quelqu'un, au lieu de le représenter et de le brûler , devoit être puni de mort aussitôt qu'il seroit pris. T'elle étoit la sévérité ave c laquelle la puissance impériale avoit coutume de faire exécuter ses rescrits. Autant l'empereur avoit marqué d indifférence ou laissé de liberté jusqu'au jugement, autant il usoit d'autorité et de célérité pour le mettre à exécution : en sorte que cette grande affaire fut entamée et consom-
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. Les principaux d'entr'eux étoient chargés de notifier partout les ordonnances du saint concile; et voici le détail de ces commissions , très-intéressant, en ce qu'il nous fait connottre l'ordre hiérarchique de ce temps-là, avec la géographie ecclésiastique ?. Osius de Cordoue, tant par lui que par les deux autres légats Viton et Vincent, devoit communiquer les dispositions du concile à Rome, à l'Italie, à l'Espagne, et aux autres nations dont les terres sont arrosées par l'Océan,
‘est-à-dire, aux Gaulois, aux Germains et aux Bretons. Alexandre, patriarche d'Alexandrie, les devoit intimer à l'Egypte, à la Pentapole, à la Libye et aux provinces voisines; Macaire de Jérusalem et Eusèbe de Césarée, à la Palestine, à l'Arabie et à la Phénicie; Eustathe d'Antioche, à la Célésyrie, à la Mésopotamie et à la Cilicie; Jean, évêque des Perses, à toute la Perse, et aux Grandes-Indes; Léonce de Césarée en Cap-
à Theod. !. 11. — 2 Gelas, À 12, ©. 35.