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mée dans l'espace d'un an ; et le concile même, qui finit le 25 ‘ août, vers le commencement de la vingtième année de l’empire de Constantin , ne dur: guères au-delà de deux mois. On fit une seule et même fête pour célébrer l'anniversaire de l'heureux avénement de Constantin à l'empire, et de l'issue non moins heureuse du concile. Eustbe de GCésarée, qui à la faveur de la supercherie et des équivoques se faisoit tolérer par l'Eglise et considérer de l'empereur, prononça son panégyrique. Constantin combla tous les évêques d'actions de grâces, de caresses, de présents, et voulut même les régaler, avant leur séparation 1. Tous furent introduits avec honneur , entre deux lignes de gens de guerre, dans ce palais peu auparavant . si redouté , et d'où il étoit émané contre eux tant de sanglants édits. À peine concevoient-ils ce qu’ils voyoient; et c'étoit ‘ pour eux comme un songe, que ces gardes armés en ce beau ‘our pour leur honneur, après l'avoir été si long-temps pour les immoler. L'empereur, en disant adieu aux évêques, leur remit des lettres pour les gouverneurs des provinces, par lesquelles non content de pourvoir à la sûreté et à la prospérité de leurs églises , il établisscit des pensions pour les vierges,
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482 {AN 325.) HISTOIRE padoce , à sa province de Cappadoce, à la Galatie , au Pont, à la Paphlagonie , à la grandeet à la petite Arménie ; T'héonas de Cizyque, à l'Asie simplement dite, ou Asie proconsulaire, à l’Helles pont, à la Lydie et à la Carie; Nunechius de Laodicéé; à la première et à la seconde Phrygie; Alexandre de Thessalonique, à la Macédoine, àla Grèce où Achaïe, à la Thessalie, àl’Illyrie , à l'uneet l’autre Scythie ; Alexandre, alors prêtre etdepuis évêque de Bysance, aux îles Cyclades ; Protogène de Sardique, à la Dacie, à la Dardanie et aux pays voisins; Pistede Marcianople, à la Mysie et aux régions limitrophes ; enfin, Cécilien de Carthage , aux provinces d'Afrique, de Numidie et de Mauritanie, Cependant Eusèbe dé Nitomédie et Théognis de Nicée, qui avoient signé le symbole du concile après quelque résistance, ne tardèrent point à mettre au jout le fond de leur foi où de leur fourberie. On dit même, qu'ayant corrompu le dépositaire des actes du concile, ils en effacèrent leur signature. L'empereur en fut outré, fit prononcer contr’eux la déposilion canonique et pourvoir à leurs places, et
les rélégua dans les Gaules: Il écrivit incontinent à l'église de
Nicomédie, pour justifiér sa sévérité qu'il motive de plus loin,
en accusant Eustbe, entr'autres choses, d'avoir été complice de
la cruauté de Licinius contre les fidèles, de sa conjuration même, et de la guerre qui avoit enfin coûté à ce tyran la couronne et la vie:
Le saint vieillard Alexandre mourut peu après son retour à son église, et avant d’éxpirér, il marqua un désir extraordinairé d’avoit Atlianase pour suécesseur, Mais l'humble diacre craigñoit autant cetté dignité qu'il la méritoit. Il s’étoit caché, dès qu'il avoit vü le pattiarche à l'extrémitér, Le malade le demanda plüsieuts fois avec un grand empressement ; et
comme où he pouvoit le trouver : Athanase, s'écria-t-il d’un
ton prophétique , tu n'échapperas point. Sitôt le saint expiré, les évêques de la provincé s’assemblèrent avec tout le peuple catholique, qui hommoit à grands cris et tout d’une voix Athanase pour $6n évêque. Dutant plusieurs jours consécutifs, la muititude né sortit de l’église ; ni n’en Jaissa sortir les prélats. Atha-
8 Theod, 1, 26.
DF L'ÉGLISE. (AN 326.) 483 nase fut enfin découvert , et solennellement ordonné, à la vue et aux acclamations detoute la province : ce qui ne put se terminer, par les obstacles qu'il apporta , que dans les derniers jours de l’année 326, c'est-à-dire, plus de huit mois après la mort de son prédécesseur, arrivée le 17 avril précédent.
La mémoire de saint Alexandre est justement ét universellement chère à l'Eglise. Les Pères de Nicée, dans leur lettre synodale, ne louent pas moins sa modération et sa sagesse à conserver la paix, que son zèle contre les nouveautés impies. Il est fort étonnant que Socrate, qui rapporte cette lettrer, accuse ailleurs ce saint évêque d'avoir agi contre Arius par un esprit d'aigreur et de colère. Mais ce n’est pas le seul trait où cet historien se trouve peu d'accord avec lui-même dans cette matière; puisqu'il raconte inconsidérément dans un même chapitre, et qu'Alexandre à l’occasion d’Arius ôta aux prêétres d'Alexandrie le pouvoir de prêcher, et que les docteurs expliquoient dans cette ville les saintes Ecritures au peuple, les mercredis et les vendredis 2. Aussi est-il démenti dans une accusation si peu méditée,. par Théodoret3, par Sozomène, par Ruñiné , par Gélase de Cyzique5; c'est-à-dire, par tous les garants de ces faits anciens. Sozomène va jusqu'à inculper en quelque sorte saint Alexandre du vice tout contraire, en nous apprenant que plusieurs personnes blämoient ce prélat modéré , d'avoir toléré trop long-temps l’hérésie d’Arius6.
Les vrais Gdèles ne se consolèrent de la mort d’un si digne pasteur que par l'élection d'Athanase. Quand la nouvelle en parvint aux pieux solitaires dont l'Egypte étoit remplie, ils en rendirent à Dieu les plus ferventes actions de grâces. Ceux de la Thébaïde prétendirent avoir eu des signes miraculeux de l'approbation du ciel. Saint Pacôme leur chef eut enfin une révélation, sous les symboles mystérieux de colonne et de flambeau , que ce saint et savant évêque seroit celui qui éclaireroit principalement l'Eglise, et en étaieroit l'édifice dans les jours de sa prochaine calamité; qu’il auroit bientôt à soutenir de terribles assauts pour la défense de la foi, mais qu'il
Lib. s,c. 9. —2 Lib. 5, c. 23, — 3 Theod. p. 524. — 4 Ruf, p. 159. —: 5 Gel. p. 50. — 6 Sorom. p. 46. bis seu
484 (AN 326.) HISTOIRE surmonteroit tout, la conserveroit pure et sans altération, et la feroit refleurir par tout le monde.
Ce grand maitre de la vie cénobitique, à laquelle il avoit mis comme la dernière main , et donné une forme stable , étoit parvenu en quelques années à la sainteté la plus éminente. Quoique né de parents infidèles, on avoit cru apercevoir dés sa plus tendre jeunesse les marques de sa prédestination , dans son amour extrême pour la chasteté, eten d’autres inclinations trop vertueuses pour n'être pas les effets d'une grâce extraordinaire. À l’âge de vingt ans, il fut enrôlé pour porter les armest. On l’embarqua avec plusieurs autres soldats , et le soir ils arrivèrent dans une ville, où quelques particuliers touchés de compassion pour cette jeunesse engagée contre son gré, la traitèrent avec tant d'humanité et de bienveillance, que Pacôme voulut connoître le motif d’une charité si édifiante. On lui apprit que ces âmes compatissantes faisoient profession de croire que le Fils de Dieu étoit venu sur la terre pour le salut des hommes, et qu'à son imitation ils se rendoient bienfaisants envers tout le monde , dans l'espérance d’une autre vie, où ils en seroient récompensés. Dieu tout-puissant , s’écria-t-il aussitôt en levant les mains et les yeux au ciel, si vous me tirez des embarras où je suis, et me faites connoître une manière si digne de vous servir, je vous le promets et j'en jure par vousmême, je m'y attacherai avec une fidélité inviolable. 11 continua son voyage, et sitôt qu'il put obtenir son congé, il revint dans la T'hébaïde sa patrie, où il fut mis au nombre des catéchumènes, et peu après baptisé.
Ayant appris qu'un saint vieillard, nommé Palémon , servoit paisiblement le Seigneur dans le fond du désert, près de la mer Rouge, il alla solliciter la grâce de devenir son disciple. Les plusterriblesaustérités, et la peinture peut-être encore plus effrayante qu’on lui en fit, ne purent ébranler sa résolution.
11 demeura douze ans avec Palémon, priant continuellement,
tout en travaillant. à faire des cilices, ou à d’autres ouvrages des mains, tant pour mortifier sa chair, que pour se procurer les moyens de soulager les pauvres. Ces deux fervents solitaires
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DE L'ÉGLISE. (AN 326.) 485 vivoient de rien, et presque déjà comme des âmes affranchies de leurs corps. Un jour de Pâques, Palémon dit à Pacôme de préparer une nourriture un peu plus recherchée, pour honorer la fête. Celui-ci assaisonna d'huile les herbes sauvages qu’ils avoient coutume de manger. Mais au moment d'en faire usage, Palémon fondant en larmes et se frappant la poitrine : quoi, dit-il, mon Sauveur a.été crucifié, et je me nourrirois délicatement ! Jamais il ne put se résoudre de toucher à un mets qui lui parut trop exquis, tout insipide qu'il étoit. Lorsqu'on l'exhortoit à prendre quelque soulagement dans ses infirmités, il opposoit les exemples des martyrs, dont il avoit été témoin oculaire dans le temps des persécutions.
Pacôme pouvoit avoir trente-trois ans, quand il s’enfonça davantage dans la solitude, vers les bords les moins fréquentés du Nil. Comme il étoit en prières dans un lieu nommé Tabenne, il entendit une voix qui lui dit : Demeure ici, Pacôme, et fais-y un monastère pour tous ceux qui viendront chercher sous ta conduite la route du salut. Tu les gouverneras suivant la règle que je te donnerai. Aussitôt un ange lui apparut, et lui présenta une table écrite qui contenoit cette règle. Saint Palémon mourut quelque temps après, et Pacôme construisit un bâtiment , bien simple sans doute, mais d’une étendue proportionnée à la multitude qu'onluiannonçoit. En peu d'années, il y vit plus de cemit cénobites, qui vivoient en commun, sans la moindre propriété, sous l’obéissanee d’un même supérieur et l’observanee de la même règle. La sainteté de ces solitaires, souvent confirmée par des miracles, attira un nombre toujours plus grand de disciples, de toutes les parties du monde, en sorte qu'il se trouva jusqu à six cents moines dans le principal monastère, et plus de trois mille en plusieurs autres qu'il y fallut ajouter.
Dans le désert de Nitrie, aussi en Egypte, vivoit un autre solitaire nommé Ammon. Il étoit d'une famille distinguée dans le pays par sa noblesse et son opulence, etses parents l'avoient obligé de se marier à l’âge de vingt-deux ans. Mais appelé dès lors à une vie plus parfaite , il persuada à son épouse de garder la continence, et ils menèrent ensemble cette vie angélique dix-huit ans entiers. Après quoi, se trouvant sans
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doute plus en liberté, Amon se retira au mont de Nitrie, ainsi appelé du nitre qu'on tiroit en abondance. Là, il devint supérieur d'une multitude de moines; et son épouse gouverna, de son côté, des troupes nombreuses de vierges. Il mourut, âgé de soixante-deux ans, célèbre par ses vertus et par ses miracles. Saint Antoine, son sage estimateur et son ami, éloigné de là de treize journées de chemin , vit son âme monter au ciel.
Ce père de la vie monastique, depuis le voyage qu'il avoit fait à Alexandrie pendant la persécution de Maximin, habitoit au fond du désert qui est entre le Nil et la mer Rouge. Pour éviter le commerce des gens du monde qui interrompoient la douceur de ses entretiens avec Dieu, il avoit erré trois jours et trois nuits dans ces lieux sauvages, en cherchant un endroit où il pût subsister et ee tenir caché. Il avoit enfin trouvé une montagne d'où jaillissoit une source abondante, qui devenoit bientôt un beau ruisseau ombragé de palmiers et de divers arbustes. La verdure et la fraîcheur de ces bords tranquilles qui contrastoient agréablement avec les sables et les monts arides du voisinage, et qui élevoient l'esprit d'Antoine à la contemplation des perfections infinies du Créateur, l'affectionnèrent à ce lieu nommé Colzim. Par le moyen de quelques frères qui connurent sa retraite , il se munit d'une houe, d’un peu de blé, laboura la terre qui lui parut la meilleure, et se mit en état de vivre sans être à charge à personne. 1 fit aussi un petit jardin , où il sema «28 légumes pour ceux des frères qui le viendroient voir.
Trois solitaires, entr'autres, prirent la coutume de le visiter une fois l'an. Il observa que l’un des trois ne disoit mot, et laissoit toujours parler les deux autres. Le saint lui en demanda la raison, moins pour apprendre ce qu'il présumoit, que pour avoir lieu de le guérir d’une timidité à quoi il attribuoit cette extrême réserve. Mais le solitaire lui répondit : Mon père, il me suffit de vous voir, pour mon édification. En effet, tout l'extérieur d'Antoine avoit un certain air de sainteté , de dignité, et je ne sais quoi d'analogue à ce qu on racontoit de lui, qui le faisoit d'abord reconnoître à ceux même qui ne l'avoient pas encore vu. Il n'étoit pas d’une taille
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DE L'ÉGLISE. 4(Aw326) 487 avantageuse; mais. il imposoit par son maintien noble et recueilli, mélé d’une gaieté et d une sérénité qui annonçoit au premier aspect tout l'empire qu'il avoit sur son âme. Il sembloit qu'il füt sans passions. Depuis qu'il avoit acquis une entière union avec Dieu, il n’avoit plus d'attache aux délices même de la contemplation, ni à sa chère solitude, quand le zèle ou la complaisance le demandoit ailleurs,
Les frères lui persuadèrent de descendre de sa montagne, pour visiter Jes monastères de Piper, établis sous sa direction. I partit aussitôt, accompagné de quelques-uns d’entr'eux, et fit charger sur un chameau de quoi vivre en traversant le désert. La chaleur étoit excessive, et l’eau manqua aux voyageurs. Ils en cherchèrent inutilement dans tout le canton. Désespérant enfin d'en trouver, et n'ayant plus la force de marcher, ils se jettent par terre, accablés de langueur, et laissent aller le chameau à l'aventure. Plus endurci que les autres par l'exercice de la pénitence, le saint vieillard se trouvoit moins foible : mais il étoit pénétré de la plus vive douleur, sur le péril où il voyoïit ses compagnons. Il s’écarta en soupirant, et se mit en prières à genoux , les bras étendus. Du lieu même où il prioit, le Seigneur fit aussitôt sortir une eau fraîche, dont toute la troupe se désaltéra. Ils recouvrèrent leurs forces, remplirent leurs outres; et toute leur inquiétude ne fut plus que pour la bête de somme, égarée et chargée de leurs provisions. Ils la trouvèrent arrêtée à une pierre, où sa corde s'étoit accrochée, par un hasard dont ils ne méconnurent pas l'auteur, et ils achevèrent heureusement leur voyage. Le saint abbé eut la consolation de retrouver les monastères de Piper dans le meilleur ordre. Il leur accorda quelques jours, qu'il partagea entre ses enfants en Jésus-Christ et sa digne sœur, vieillie dans la virginité, et dont les filles spirituelles qu'elle formoit à la perfection de leur état dans le même canton, ne le cédoient point en vertu aux communautés d'hommes Îles
lus courageuses. ]1 reprit ensuite le chemin de sa montagne,
Alors il fut visité par saint Hilarion, destiné par la Providence à instituer en Palestine et en Syrie les saintes observances des solitaires de l'Egypte. Les parents d'Hilarion, comme ceux de Pacôme, étoient idolâtres : mais la grâce les
488 (An 3:26.) HISTOIRE prrévint également de ses bénédictionsr. Du bourg de Taba. the, lieu de sa naissance, près de Gaze, on l’avoit envoyé étudier à Alexandrie. Outre les sèches notions de la grammaire, il y avoit appris la science inestimable du salut, où déjà il s’étoit rendu fort habile. Afin de s'y perfectionner de plus en plus, il demeura environ deux mois auprès de saint Antoine, dont la renommée , toute grande qu'elle étoit, lui parut infiniment au-dessus de la vérité. Ce court espace de temps suffit à un digne émule de l'homme de Dieu , pour se former à sa manière de vivre, à la prière assidue, à l’humilité, à la constance dans le travail , aux austérités et à la régularité. Toutefois Hilarion n'avoit alors que quinze ans: mais si la maturité devança jamais l’âge dans l'âme forte de ces premiers orientaux, ce fut surtout dans un saint, à qui la grâce rendit, toute sa vie, l'héroïsme comme naturel. Il ramena quelques solitaires égyptiens dans son pays, où son père et sa mère venoient de mourir, et lui avoient laissé des biens considérables , qu'il partagea entre ses frères et les pauvres, sans oublier aucune autre personne que la sienne dans cette distribution.
Il y avoit une vaste solitude qui, commençant à quelques milles de la ville de Majume, s’étendoit fort au loin sur les rives de la mer. Elle n'’étoit habitée que par des brigands, qui en parcouroient perpétuellement l'étendue pour surprendre les voyageurs, ou dépouiller les navigateurs échappés à Ja tempête. C'est là que s établit le jeune Hilarion, entre la mer et un marais, méprisant tout autre péril que celui que court le salut au milieu des piéges du siècle. 1] portoit pour tout habillement un ssc avec une tunique de peau, que lui avoit donnéesaint Antoine, et un manteau de paysan. Son lit consistoit en une simple natte de joncs étendue par terre, et sa cellule, à peine de la grandeur de son corps, paroissoit plutôt un sépulcre qu'une maison. Cinq à six onces de pain d'orge, avec quelques herbes cuites, c'est tout ce qu'il consomma par jour, depuis ses premières années jusqu'à l'âge
‘de quatre-vin gt-dix ans , qu'il ne laissa pas d'atteindre.
à Tir. Vit, Hilars
loi qui les Ro faisoit bits, a rités :
plus d' les lois déclan ques; ( dre au plus cl roit sp grande
Dès le commencement de sa retraite, il fut découvert par les brigands, qui ne pouvant rien enlever à un homme dépouillé de tout, se divertirent à lui faire peur. Ne se donnant pas d'abord pour ce qu'ils étoient , ils lui demandèrent s’il ne craignoit pas les voleurs. Pourquoi les craindrois-je, répliqua-t-il, puisque je ne possède rien ? Mais ils peuvent vousôter la vie, poursuivirent les brigands. Cela est vrai, dit-il; mais quand on n’a d'attache à rien en ce monde, on craint peu de le quitter. L’ennemi du salut lui livra de rudes combats, qui ne cessèrent d'accroître ses vertus pendant vingt-deux ans, après lesquels le ciel manifesta sa sainteté par d'éclatants miracles. Quand il venoit quelques malades de Syrie en Egypte, pour implorer les secours de saint Antoine, pourquoi venir de si loin , leur disoit le père de la vie ascétique ?
. N'avez-vous pas chez vous mon fils Hilarion ? Il eut bientôt
un grand nombre d'imitateurs. Toutes les solitudes de la Pa- Vestine et de la Syrie, et hors de l'empire , le pays de l'Euy" :-, l'Arabie et ia Perse furent peuplés de fervents émules, Ua wu si grand exemple lui fit parmi les hommes les plus barbares.
Mais ce n'étoit pas seulement dans les déserts que la grâce de l'Evangile opéroit : le trône même fournissoit de grandes leçons et de grands modèles. Constantin paroissoit toujours ne considérer sa puissance , que pour faire triompher les vertus et la religion. Pour seconder les vues de l'Eglise, il fit une loi qui tendoit à diminuer les usures si fort accréditées parmi les Romains, en attendant qu'on les pût abolir tout-à-fait. 11 faisoit journellement distribuer aux pauvres du blé, des habits, avec de l'argent. Personne n'étoit exclus de ces charités : mais ses officiers avoient ordre de les répandre avec
lus d'abondance sur les chrétiens. Par le même esprit, dans Les lois publiées en faveur des ecclésiastiques, cet empereur déclaroit que ses faveurs devoient être réservées aux catholiques; et que les hérétiques ou schismatiques, loin de prétendre aux immunités qu'il accordoit, seroient au contraire plus chargés que le reste de ses sujets. 11 protégeoit et honoroit spécialement Îles personnes qui se vouoient à une plus grande perfection, comme les vierges et les solitaires, dont
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