‹ Histoire de l'église [microforme]Chapitre 148 sur 159 · D AN · texte numérisé non relu

D AN

l'insta teurs ainsi |

Par des p quelq par le solitai faire : Ja bea voyoil notre; templ jume, tous à religie moins

; que rc ses xhorpères 1s une lever.

nOSaï- La été Juifs, ent de même ui rene se

ésie le ait par ist, en

ans sa : Jete yquia

astant

ession int de néanà tant ueur, sIONS,

on, se éanrères, ent vansirent té, le vint, ifs le it én

DE L'ÉGLISE. (AN 327.) 497 Cilicie;s ils le jetèrent dans le fleuve Cydnus, où ils crurent l'avoir noyé. Il en réchappa, comme par miracle; et ce fut alors que, vaincu par tant de traits multipliés de la clémence divine, il demanda et reçut le baptême.

Outre le rang qu’il avoit tenu parmi les Juifs, sa foi et son mérite personnel lui attirèrent la bienv:illance de l'empereur Constantin, qui lui conféra letitre de comte, avec charge de faire bâtir des églises à Mambré, à Tibériade, et dans quelques autres places de la Palestine, où les Juifs n’avoient jusque-là souffert aucun mélange d'étrangers. Il rencontra de grands ohstacles; et ne put remplir toute l'étendue de sa commission, les Juifs employant jusqu'à La magie pour letraverser. Comme on l’eut averti, à la construction de l’église de Tibériade, qu'ils arrétoient par leurs enchantements le feu des fours à chaux, il accourut sur les lieux, remplit un vase d’eau, et fit de son doigt le signe de la croix sur le vase, en disant : Au nom de Jésus le Nazaréen, attaché à la croix par mes pères, et par ceux de cette aveugle multitude, que l’eau acquièrela vertu de lever les charmes de l'enfer, et qu'elle rende au feu terrestre son activité naturelle. Après quoi il prit dans sa main ‘eau bénite de la sorte, et en arrosa les fours. Le feu reprit à l'instant avec une vivacité si prodigieuse, que tous les spectateurs se mirent à crier : C'ect le Dieu tout-puissant qui assiste ainsi les chrétiens !

Par tous ces moyens, le christianisme faisoit de jour en jour des progrès édifiants. Si l'espoir de la faveur impériale attiroit quelques infidèles, il s’en convertissoit infiniment davantage par les lecons et les exemples des saints évêques et des pieux solitaires, par les réflexions solides qu'on avoit tant de lieu de faire sur Ja vanité et l’impureté des superstitions idolâtres, sur la beauté et la sublimité des enseignements évangéliques. On voyoit des villes et des peuples tout entiers se déclarer pour notrereligion, abattre d'eux-mêmes leurs idoles et leurs temples, ou les transformer en églises. Les habitants de Majume, c’est-à-dire, du port de Gaze en Palestine, abjurèrent tous à la fois leurs anciennes superstitions : ce qui donna au religieux empereur un plaisir d'autant plus vif, qu'il attendoit moins ce changement d'un peuple que peu d'autres égaloient

St + ….

Pen CL CET. à

à Désbie Es

498 (AN 327.) HISTOIRE dans son attachement à l’idolâtrie. Pour leur témoigner snn contentement, il érigea cette place en cité, et la nomma Constance du nom de celui de ses fils qui lui étoitle plus cher. Pour une semblable raison, il donna le nom de Constantine à une ville de Phénicie.

Le zèle de Constantin ne se renferma point dans les bornes de l'empire. Par ses soins et ses bienfaits, le christianisme pénétra fort avant chez les nations éloignées et les plus barbares. Déjà il étoit professé par les habitants des environs du Rhin, et dans les régions de Gaule les plus reculées vers l'Océan. Les Goths et les autres barbares voisins du Danube, en l’embrassant vers le même temps, en avoient déjà contracté des mœurs plus réglées et sensiblement plus douces. Ils commencèrent à se convertir, dans les incursions qu'ils faisoient sous les empereurs précédents. Leurs captifs rendoient la vertu respectable aux vainqueurs, et en les instruisant, formoient journellement de nouvelles églises. Le prince des Arméniens, nommé Tiridate, qu'un miracle opéré dans sa maison avoit rendu chrétien, engagea ses sujets à professer la même religion. De là le christianisme se propagea dans l'Osroëne, dans l'Ibérie et jus- . qu’au sein du vaste royaume des Perses 1,

Les Ibériens habitoient, entre le Pont-Euxin et la mer Caspienne, une grande contrée que nous appelons aujourd'hui le Gurgistan 2. Il se trouva parmi leurs prisonniers faits en guerre, une jeune fille chrétienne, de rare beauté , mais d’une vertu encore plus remarquable, et qui sut faire respecter l’une et l’autre à ces barbares. Concentrée, autant qu'il dépendoit d'elle, dans la plus sévère retraite, elle passoit en prière tout le temps qui restoit à sa disposition, et ne parloit jamais à personne , à moins qu on ne l'interrogeât. Quelquefois on lui demandoit quel étoit son espoir et sa prétention dans une telle manière de vivre. Alors elle répondoit : Je sers le Christ mon Dieu , bien assurée de sa magnificence à récompenser ses adorateurs. Rien au monde ne la pouvoit ébranler , ni presque distraire. Parmi ces barbares, fort ignorants et destitués de médecins, c'étoit la coutume, quand il y avoit quelque

t Eus, Fist. 1V, 8, cte. — 2 Ruf, 1, 10.

FR DRE ae

de I:

Elle cilice rend don guéri quel d’une moy ; capti\ reine n'est ; tout c tent, ses de d’ado ir. L le ten piété ses pr Qu un gr parole quitte:

1 Lib.

DE L'EGLISE. (AN 327.) 499 enfant malade, de le porter de maison en maison, pour trouver quelque personne expérimentée qui püt le guérir. La conduite et la religion de la jeune étrangère , devenue fameuse sous le nom de la belle captive, inspirèrent l'envie de faire un essai; et une mère lui apporta son enfant, très-dangereusement malade. Je ne connois, répondit-elle , aucun remède humain qui puisse opérer ce que vous me demandez : mais le Dieu que j'adore rend, quand il veut, la santé aux infirmes les plus désespérés. Ayant donc posé l'enfant sur la couche : après y avoir étendu son cilice, en quelques moments elle le rendit parfaitement guéri à sa mère.

Ge prodige fit grand bruit, et parvint jusqu'aux oreilles de la reine , qui étoit tourmentée par un mal très-douloureux. Elle se fit porter chez la captive, qui l'étendit, sur son cilice, et qui, par l’invocation du nom de Jésus-Christ, li rendit une santé aussi merveilleuse. En même temps, elle lai donna connoissance du suprême médecin à qui elle deveit sa guérison , et ne manqua point d'exalter le bonher:r ineffable que l’on s'assure en le servant. Le roi, qui fut auss'tôt informé d'une merveille si agréable, n’imagina point de meilleur moyen pour marquer sa reconnoissance, que d'envoyer à la captive des présents dignes de lui. Non, Seigneur, lui dit la reine déjà initiée aux sublimes principes de l'Evangile, ce n'est ni or ni argent qu il faut à ma bienfaitrice. Elle méprise tout ce qui est terrestre, les louanges et les distinctions l’attristent , la volupté est pour elle un objet d'horreur, le jeûne fait ses délices; l’unique plaisir que nous lui puissions faire, c’est d’adorer le Dieu tout-puissant qu'elle a invoqué pour me guérir. Le roi donna des espérances , négisze: de les remplir; et le temps effaça peu à peu la mémoire du bienfait, quoique la piété reconnoissante de la reine le lui rappelât souvent avec ses promesses!.

Quelque temps après, le prince se trouvant à la chasse dans un grand péril , il fit vœu en lui-même, sans proférer aucune parole, que si le Dieu de la captive le tiroit de ce danger, il quitteroit tous les autres dieux , pour n’adorer plus que lui. Il

1 Lib. c.n,. x

= Rte Meme

ST eZ

300 (AN 327.) HISTOIRE fut délivré, et tint parole. Ayant aussitôt fait venir la chrétienne , il lui demanda la manière de servir Jésus-Christ, qu'elle lui apprit, autant qu’elle en étoit capable. Dès lors le roi et la reine devinrent les apôtres, tant de leur cour que de leur nation, et s’efforcèrent d'instruire à leur tour, l'un les hornmes, et l’autre les femmes. On bâtit une église, sur la forme que décrivit la captive; et sur son conseil, on envoya une ambassade à Constantin, pour en obtenir des prédicateurs évangéliques. La conquête d’un nouvel empire eût fait moins de plaisir au pieux empereur. Il fit bien vite partir un évêque et des prêtres , pour affermir cette chrétienté naissante : ouvrage presque incroyable d'une pauvre captive, mais garanti par les témoignages les plus respectables. Rufin, l'un des anciens historiens qui le rapportent, dit le tenir du roi Bacurius, qui , après avoir régné sur cette nation, étoit devenu comte des domestiques chez les Romains, c’est-à-dire, grand maître de la maison de l'empereur, et duc des limites de la Palestine. |

Le même auteur nous a transmis la manière non moins ‘ admirable, dont samt Frumence, apître des Abyssins, établit la foi parmi eux 1. Un philosophe do Tyr, appelé Mérope, ayant pénétré par curiosité jusqu'au fond de l'Ethiopie, il y fut massacré par ces peuples, en haine des Romains, avec qui ils étoient en guerre. Ce philosophe menoit avec lui deux jeunes gens de ses parents, Edèse et Frumence qu'il vouloit instruire de bonne heure dans l'art de connoître les hommes. Les meurtriers de Mérope trouvèrent sous un arbre ces deux enfants qui préparoient leur leçon. Leur figure et leur innocence désarmérent Îles assassins, qui les conduisirent à leur roi. Il fit Edèse son échanson, et Frumence, qui annonçoit plus d’esprit, son secrétaire. Après sa mort, la reine, qui gouvernoit le royaume pendant la minorité de son fils , prit la même confianse en ces étrangers, parvenus à un âge formé. Comme ils demandoient à retourner dans leur patrie, elle les pressa de: partager avec elle les soins du gouvernement, jusqu'à ce que son fils fût en état de régner. Frumence se consola de ce

1 Lib, Ce 9:

chréarist, ors le ue de n les ur la \VOya teurs noins êque nte :

> ga-

l'un u roi t dedire, mites

noins étaope, il y > qui unes ruire eurfants ‘sar- Il fit ’esnoit oneils a de

que E ce

DE L'EGLISE. (AY 325.) 501 retard, em protégeant les chrétiens qui abordoient en ce royaume, et en leur bâtissant des églises. Enfin , le jeune roi étant devenu majeur, Frumence, après lui avoir rendu un compte fidèle de son administration , sollicita et obtint la permission de s’en retourner.

Son plus grand empressement, dés qu'il se vit sur les terres romaines, ce fut de communiquer à l'évêque d'Alexandrie ca qui touchoit la religion des Ethiopiens , que ce grand siége, tant par sa préséance que par sa position , se trouvoit le plus en état de cultiver. Lui-même raconta au saint évêque Athanase les progrès merveilleux de la foi dans cette terre inculte, en le suppliant d'envoyer un pasteur à ce grand nombre de pieux néophytes, et à ces églises toutes préparées. Et quel autre que l’auteur de cette grande œuvre, reprit le sage Atha-

nase, la soutiendra dignement ? Puis il employa toute l’onc-

tion de sa divine éloquence à inspirer un zèle tout nouveau à un homme qui revoyoit à peine sa patrie, désirée depuis si

: long-temps. Frumence obéit à la voix de Dieu, qui lui parloit

par le patriarche; et Athanase l'ayant ordonné évêque, le renvoya tout plein de la grâce qu'il venoit de lui conférer par l'imposition des mains. 1] lui associa plusieurs écclésiastiques également zélés, et leur fournit tous les moyens qu'il jugea devoir avancer l'œuvre du Seigneur. Le saint missionnaire, par ses prédicationg et par le don des miracles que le Seigneur proportionna aux besoins d'une mission si intéressante , convertit une infinité d'Abyssins ou d'Ethiopiens.

L'empereur prenoit la plus grande part à tous ces établissements. I s'informoit et se faisoit une affaire capitale et personnelle de ce qui pouvoit avancer la foi chez toutes les ni tions. Déjà le royaume de Perse avoit des églises nombreuses quoiqu’on ait peu de connoissances précises sur cet objet soit par la disette d'écrivains parmi ces peuples, soit par | peu de commerce qu'ils avoient avec les Romains. Mais l'en pereur Corsiantin ne négligeoit rien pour s'en instruire, et pour imposer le joug de Jésus-Christ à des peuples qui abhorroient celui de Rome. Le roi Sapor lui ayant proposé un traité d'alliance, l'empereur le conclut aussitôt, et lui envoya des

LL Der Fa fi ur D

EME es ms rss

Re Ses

ee

Sn

Es

ADS Sr spas a =

présents magnifiques 1. ]l lui écrivit en même temps une lettre éloquente, où il exalta les avantages de la religion chrétienne, et les revers effroyables que s’étoient attiré ses persécuteurs, spécialement l'empereur Valérien , plus connu des Perses, par la main desquels Dieu l'avoit puni. Enfin, depuis la conversion du grand Constantin, la foi et la vertu furent tellement le principe de la plupart de ses actions, que l’histoire de l’Eglise, durant presque tout ce beau règne, ne paroît que le panégyrique de ce religieux empereur.

Ce n’est pas que les idolâtres passionnés, qui ont trouvé de bruyants échos dans les mécréants de tous les siècles, ne le chargeassent de mille calomnies. Ils empoisonnoient ses intentions, aggravoient ces sortes de fautes ou d'erreurs qui sont comme inévitables dans les dignités éminentes, fabriquoient même des impostures dénuées de tout fondement. Mais les personnes sensées de chaque parti le regardoient comme un des plus grands et des meilleurs princes qui eût encore régné. On ne lui reprochoit que le défaut presque inséparable de la grandeur, un peu trop de prévention et de facilité à se laisser surprendre. Crispe son fils et peut-être le plus digne de ses enfants, en fut, dit-on, la triste victime, Mais cette accusation qui, avec tant d'autres, a Zozime pour principal auteur; où l’on n'énonce avec justesse, ni le lieu, ni le temps, ni aucune des circonstances que tout le monde devoit connoître dans un fait de cette nature; qui tout au contraire est accompagné de circonstances improbables, visiblement controuvées pour rendre le christianisme odieux ; cette accusation , dès lors si suspecte, est encore passée sous le plus ‘ profond silence par Eusèbe, et enfin démentie formellement par Sozomène et par Evagre.

Quelles que soient les raisons qui ont pu guider quelques modernes dignes d'attention, voici la manière dont ils racontent cet événement , où Constantin, fort coupable sans doute, ne paroîtra toutefois pas tel que Zozime le représente. Né de Minervine, première femme de cet empereur , l'infortuné Crispe avoit fait concevoir de lui-même de trop hautes espé-

USocr, 1,0, 29.

ettre nne, urs, » par vernt le l'E- 1e le

Duvé , ne sinqui abrient.

ient ennséfaciplus ais ini le oit aire ent U— plus ent

PE Dar met Pre

PE L'EGLISE. (AN. 327.) 503 vances, T s’étoit signalé sur terme contre les barbares, et avec plus d'éclat encore sur mer contre Licinius., dont il avoit anéanti k flotte et toutes les: ressources. Chacun le jugeoit digne de l'empire du monde ; et il y avoit déjà six ans qu'il étoit césar , lorsque Fauste, sa marâtre et la digne fille du tyran Maximien, résolut de perdre ce héros , pour faire passer les. prétentions de l'aîné aux cadets dont elle étoit mère. Elle osa accuser Crispe d'avoir attenté à sa pudicité et d'avoir résolu la mort de Constantin. après en avoir souillé le lit. Ces plaintes firent une impression terrible de la part d’une épouse chérie. Fauste avoit d'ailleurs trop d'artifice pour ne pas fournir quelques preuves équivoques, qui, jointes à l’atrocité du crime, émurent l’empereur, au point de ne plus donner d'accès à la modération, ni même à la raison. H s'obstina à fermer l'oreille aux justes représentations de sa propre mère, l'impératrice Hélène, encore pleine de vie pour lors, et qui depuis ne fit plus que se consumer dans une triste et mortelle langueur. C'étoit cette pieuse princesse qui avoit pris soin de l'enfance et de l'éducation de Crispe , lui tenant lieu de sa propre mère, qu'il perdit fort jeune. Mais ses sollicitations et toutes ses. larmes furent inutiles. Constantin ne consulta que le dépit aveugle et furieux de la jalousie. Il sacrifia l'innocent calomnié , sans presque l'entendre. Quelques historiens disent que le malheureux Crispe eut la tête tranchée ; d'autres , qu'il périt par le poison, parce que l'exécution fut sans doute fort secrète.

À peine l'indignation du père fut assouvie, qu'elle fit place aux regrets, puis aux réflexions, et aux soupçons sur le compte de Fauste, Hélène pleuroit inconsolablement la mort de son digne petit-fils. L'empereur voulut epfin la consoler, et il fallut l'entendre. Sur l’article des meurs, la barbare marâtre nétoit rien moins qu'irréprochable, puisque nous lisons danse Philostorge :, qu'elle fut surprise dans le crime, avec un honwme du plus bas étage. On fit ouvrir les yeux à son auguste époux, qui se persuada qu'une impératrice capable de ces imfamies, étoit capable de tout. D'ailleurs c'étoit une belle-

t Lib. 3,

Ru ee Le

FAT Late

miss

RER ga runs

HE pesi ne

EL nr ee

LR

RS PR Te D

504 (AN 327.) HISTOIRE mère, el par conséquent une. accusatrice fort suspecte : réflexions qui se présentoient avec d'autant plus de force, qu'elles étoient plus tardives. La conviction , pour ce qui touchoit les mœurs , suivit de près le soupçon, le plus grand obstacle à l'accès de la vérité vers les princes, élant presque toujours l'embarras de les instruire.

L'empereur étant éclairé, son amour indignement trahi se convertit tout entier en he Il ne vit plus dans son épouse qu’une infâme parricide, qui, par la main du père, avoit

‘enfoncé le poignard dans le sein du fils. Mais dans cette hor-

reur violente de l’atrocité, il ne sut pas.s’en défendre luimême, et punit Fauste d’une manière qui parut moins juste que cruelle : il la fit renfermer dans un bain chaud, pour y être étouffée. Ces deux morts en entraînèrent beaucoup d’autres , d'amis ou de complices de ces deux victimes d’une confiance et d’un ressentiment outrés. Constantin, ajoute-t-on, fit pénitence de ces deux fautes; mais il ne rendit son premier lustre ni à sa vertu ni à sa gloire.

Il est vrai que la suite de sa vie ne répondit pas aux commencements, et on ne le placeroit qu'au rang des princes ordinaires, à le ; juger par plusieurs traits de ses dernières an-

nées, Bientôt il s’ ingéra sans discrétion dans les affaires ecclé-

siastiques , lui qui, au concile de Nicée, et en tant d'autres rencontres , avoit été d’une réserve si humble et si recommandable en cette matière. Il se laissa grossièrement abuser par l'hypocrisie et les sourdes cabales des sectaires : il ajouta foi légèrement aux calomnies des hérétiques contre les plus saints évêques 1. Il eut encore la foiblesse de se dégoûter de l’ancienne Rome, parce qu'il n’y étoit pas aimé ; quoique cette aversion ne provint que de l'attachement opiniâtre du sénat el des grands pour l'idolâtrie, C’est pourquoi il se résolut à lui donner dans Bysance, qu'il nomma Constantinople et nouvelle Rome, une rivale capable d’en éclipser ou d'en partager la gloire, sans prévoir néanmoins qu'il en préparoit Ja ruine après la décadence de tout l'empire.

L'impératrice Hélène ne vécut pas jusqu'à la fondation de

3 dos. L 2, 685,

" dés RES RITES, Be ane à D EN TE US MO

FA PS Te den Note

DR EE 5e

cette que nons prod lui } enve eût € sévé touja de s0 térab très-e atteir plus comp lui,e Elle d fonda que Sa christi signe Hél d'u pouvo son co Licini malhe les nc qu'ell nimen Elle que le se rent faux z s'insin grand borne juste [

rérce, tourand que

hi se puse voit 10rluijuste ur y coup ‘une ON , pre-

omnces anclétres nanpar à foi ints ’anette tel lui D u-

ger

ine

de

BR te

re 2 Er el PEN EEE

ms

DE L'EGLISE. (AN 328) 505 cette nouvelle capitale. Elle étoit partie de l’ancienne , quelque temps après la mort des illustres proscrits dont nous ve nons de parler, afin d’effaccr ou d’affoiblir dans son esprit prodigieusement affecté ces traces funestes. Tout odieuse que lui paroissoit la calomnie de Fauste , jamais on n'’eût ‘usé envers elle d’une si effroyable rigueur, si la pieuse Hélène en eût été. la maîtresse. Elle adora dans les jugements humains la sévérité de la divine justice; et rechercha, dans la pratique toujours plus assidue des bonnes œuvres, la sérénité ordinaire de son âme, Mais, malgré toute sa résignation et la santé inaltérable dont elle avoit joui jusques-là, quoique dans un âge très-avancé, elle sentit bientôt que les chagrins portent des atteintes plus mortelles que les années, et que les âmes les plus vertueuses n'en sont souvent que plus sensibles. Elle comprit, au déclir de ses forces, que le Seigneur l’appeloit à lui, et qu'il falloit faire ses derniers préparatifs pour la mort. Elle donna ses conseils à l'empereur son fils, qui les reçut en fondant en larmes avec ses enfants. Sa mort fut aussi sainte que sa vie lavoit constamment été depuis sa conversion au christianisme. L'Eglise l'a toujours regardée comme une insigne protectrice, et la compte au nombre des saintes.

Hélène manqua trop tôt pour les catholiques. Constantin, d’un caractère naturellement liant et communicatif, qui ne pouvoit se passer d'une personne de confiance, donna dans son cœur la place de sa mère à sa sœur Constance, veuve de Licinius. Cette princesse paroissoit fort pieuse, mais on avoit malheureusement abusé de sa religion, pour l’engager dans les nouveautés imposantes de l'arianisme; et lascendant qu’elle acquit sur l'esprit de l'empereur son frère, nuisit infiniment à l'antique siinplicité de la foi.

Elle avoit elle-même une aveugle confiance en un prêtre que les historiens contemporains ne nomment pas, mais qui se rendit fameux par son attachement au par!i d’Arius, par son faux zèle, par un talent qui sembloit tenir üu prestige, pour s'insinuer dans les esprits, et gagner les personnes du plus grand génie comme de la première marque. Ce perfide suborneur persuada à la princesse que le prêtre Arius étoit un juste persécuté, que la haute considération dont il jouissoit

DDR CS

PLLTRERT

CEE ee

Page 1