‹ Histoire de l'église [microforme]Chapitre 150 sur 159 · LE · texte numérisé non relu

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che, il fit embarquer l’évêque mélécien sur le Nil, pour le transporter dans la Basse-Egypte. Le diacre ne trouvant plus l'objet de l’imposture, se saisit de Pinne et du moine Elie son complice. On les présenta l’un et l’autre à l'officier qui commandoit les troupes de la province. Ils confessèrent qu’Arsène étoit plein de vie, et qu'il avoit été caché chez eux. Aussitôt Pinne en donna avis sous main à Jean Arcaph : mais la lettre tomba au pouvoir de saint Athanase, non moins habile dans les affaires que dans les sciences et les lettres. Il redoubla d’activité dans la recherche et la poursuite d’Arsène, qui fut enfin saisi à Tyr, et juridiquement reconnu par l'évêque Paul, qui le connoissoit de longue main.

Aussitôt Athanase envoya vers l'empereur, pour l'instruire de toute cette trame 1. Le prince fut convaincu, assura le saint patriarche du recouvrement, du redoublement même de son estime, par une lettre fort honorable qu'il lui écrivit; marqua en même temps la plus grande indignation contre les odieux artisans d’une telle fourberie : mais on ne voit pas qu’il y aiteu aucune punition exemplaire. Aussi l'imposture recommençat-elle bientôt après. Tout le fruit que le saint tira des bonnes dispositions passagères de l'empereur, ce fut qu’Arsène écrivit au saint évêque, pour lui demander sa communion, et faire protestation de l’obéissance qu'il lui rendoit, comme à son métropolitain.

Eusèbe et son parti n'étoient pas gens à se rendre si facilement ; mais pour agir avec plus de sûreté, ils continuèrent à tenir leurs trames fort secrètes, et à mettre en jeu les méléciens, fourbes avérés, qui n'avoient plus de mesures à garder. On recommença les accusatione contre Athanase ; et, au défaut des preuves, on tenta de faire impression par l'énormité des imputations mêmes. Afin cependant de surprendre le prince par sa propre vertu, on ne parloit que de rétablir la paix dans les églises, et l'union parmi les évêques. On insinuoït en même temps que l'unique moyen d'y réussir, c'étoit d'assembler un nouveau concile. Ces importunités eurent encore leur effet. L'empereur goûta et adopta l’expédiert du concile; et la ville

s Ap. Ath. p. 785.

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