‹ Histoire de l'église [microforme]Chapitre 16 sur 159 · XX PRÉFACE · texte numérisé non relu

XX PRÉFACE

justice aux pères du concile de Trente ? Nous ne pesons pas encore toute l'importance des obligations qu'a l'Eglise notre mère, et que nous avons tous à ces dignes oracles de l'Esprit saint. Comme à chaque partie de notre histoire nous joindrons un discours sur chaque âge de l'Eglise, nous nous réservons de faire sentir alors les ayantages inestimables que ce saint concile a procurés au monde chrétien. Qu'on se borne ici à comparer en général la face de l'Eglise, telle qu’elle est de nos jours, la décence du clergé, la vigueur des lois qui la maintiennent , et la flétrissure imprimée aux vices contraires , avec ces temps malheureux où le concubinage des clercs , par exemple, n'étoit plus noté de toute l’infamie qu'il mérite, ne les privoit point du ministère honorable des autels, ni de la libre jouissance: de leurs revenus : à ce sujet, qui ne reconnoîtra que Jésus-Christ n’abandonne point son épouse en l’éprouvant ; que si, par la nature des choses humaines qui ne sont point à l'éjreuve du temps, ce dernier âge n’égale pas le premier en splendeur, au moins le cours des siècles n'imprime point de rides sur le front de l'Eglise, ne flétrit pas sa beauté, et que la sainteté est un de ses apanages, aussi durable que la vérité F

Voilà ce que nous avons dessein de faire sentir dans toute la suite de notre ouvrage, la protection perpétuelle du Seigneur sur le corps de son peuple, la sainteté de l'Eglise, aussi-bien que son infaillibilité, sa beauté même et son éclat jusque dans les temps les plus ténébreux, et malgré les taches qui ont souvent défiguré une partie de ses membres. Rien de plus propre à nourrir ou à ranimer la foi, à lui donner ce degré de vie et de vigueur; sans quoi ce don toujours fertile, ou de sa nature en fruits de bénédiction et de salut, ou par notre faute en fruits de mort et de perdition, ne serviroit que de matière à une condamnation plus rigoureuse.

Cetté réflexion suit pour faire sentir l'utilité de l'histoire ecclésiastique , et nous nous croyons dispensés de rien ajouter à tout ce qu'on en a dit avant nous. Il seroit peu sensé de s'étendre avant d'entamer la narration , pour être court et serré dans la narration même, Quant aux propriétés de notre ouvrage, c'est à ceux qui le liront qu'il appartient d'en juger ; et nous nous abstiendrons de tout ce qui sembleroit tendre à autre chose qu'à le leur rendre utile. La seule vue de l’auguste objet que nous avons à traiter, doit nous tenir en garde contre tout ce qui ressent l'esprit de prétention. C'est uniquement la nécessité de rappeler, du moins les lecteurs chrétiens , aux saints principes du goût et du jugement, qui nous fait encore dire un mot sur la simplicité du style et de la méthode que

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