‹ Histoire de l'église [microforme]Chapitre 17 sur 159 · PRÉFACE. XXI · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XXI

Tout doit être noble, mais simple, dans un sujet saint. Je sais que pour édifier plus sûrement , il faut se faire un devoir, et si l’on veut, un art de plaire; mais toujours selon les lois de la vérité, de la simplicité et de la sévère raison. Un lecteur judicieux sent, à la seule manière d'écrire , si on cherche à l’'amuser, ou si l'on tend à Jui être utile. Il ne convient pas sans doute, qu'un autear, sous pré- } texte de piété, s’abandonne à la négligence : son style doit être

exact et correct ; mais il faut qu’il soit naturel et sage. Quel que soit le penchant de notre siècle vers l'enflure et les raffinements de toute espèce ; quelle que soit dans le pays des lettres l'épidémie de l'épigramme ou de la maxime, de l'énergie guindée ou de l'afféterie puérile, en un mot, du faux brillant des pensées et de la nouveauté peu natureile des expressions ; la contagion n’a pas tellement prévalu, dans un temps si voisin du plus beau siècle de notre littérature, que des lecteurs, même chrétiens , puissent dédaiguer un ouvrage où ils ne retrouveront pas le vernis emprunté des corrupteurs du goût et des ennemis de la religion.

Ils ne nous ont imposé, ni pour la diction, ni pour la méthode; en quoi nous avons cra devoir nous conformer également à la pratique des anciens. Qu'on défigure aujourd’hui tous les genres de composition ; que des points les plus graves de l’histoire, on fasse des contes frivoles , et qu'on travestisse les hommes d'état cn moralistes ou en discoureurs romanesques : qu'on partage encore les fastes de l'Eglise et des empires en sections et en paragraphes : nous ne nous sentons point assez de ressources dans le génie pour attacher nos lecteurs , en les conduisant par des routes où l’on ne rencontre aucun guide de l'antiquité. Ce n'est pas que nous voulions

© inculper le zèle ingénieux qui s’accommode jusqu'à un cert: in point 4 à la foiblesse des lecteurs, ni censurer généralement la façun nou-

velle de réduire, dans l'histoire, la matière de chaque siècle à cinq ou six chefs principaux. On peut l'employer avec succès, dans un abrégé concis ; elle sert alors à faire retrouver plus facilement , et à rafraîchir la mémoire de ce qu'on a déjà vu et appris ailleurs. Mais

à ce seroit s'abuser étrangement , que de la donner en général pour “une invention heureuse, et de la vouloir substituer à la manière de

tons les grands historiens , qui n'ont connu d'autre ordre que celui des événements et des temps. Comme eux, nous avons pensé qu'elle jetoit inévitablement dans la nécessité, soit de hacher les faits, et

+ l'ôter à l’histoire tout son intérêt avec son ensemble, soit de faire @ics répétitions ennuyeuses , que tout le fard de l’élocution ne saudroit couvrir. Le moindre développement porteroit cette observation

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