‹ Histoire de l'église [microforme]Chapitre 2 sur 159 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

A ca première annonce d'une nouvelle Histoire de l'Eglise, cer< tains lecteurs trouveront nos travaux inutiles, et diront que nous avons de quoi satisfaire la diversité même des goûts. D'autres, en plus grand nombre ou d’un plus grand poids , désirant un ouvrage qui tienne le milieu entre l’histoire de M. l'abbé Fleury et celle de M. l'abbé de Choisy, applaudiront au dessein que nous avons conçu de remplir leur vœu ; c'est-à-dire, de donner une Histoire de l'Eglise, moins étendue que celle de Fleury, plus instructive et moins superficielle que celle de Choisy.

Il ÿ auroit de la présomption à prétendre surpasser le premier, pour ce qui est de la critique ou de l'exactitude, du choix et de la distribution des matières , de l'édifiante et persuasive simplicité du style. Mais trente-six volumes considérables , tant de l’auteur que du continuateur, effraient bien des personnes, parmi celles que nous avons directement en vue; savoir, les jeunes ecclésiastiques, et ceux des simples fidèles qui veulent s'instruire parfaitement de leur religion. Si tout néanmoins s’y trouvoit d'une nécessité absolue et universelle, ce seroit à la seule étendue de la matière qu'il faudroit s'en prendre, sans chercher une brièveté impossible ou préjudiciable. Mais pour la classe nombreuse des lecteurs que nous venons de marquer, À paroît qu'on peut leur épargner une bonne partie de ces longueurs.

Quant à l'histoire de l'abbé de Choisy, on y voudroit au contraire moins de brièveté. Il appréhendoit , dit-il, de l'alonger et de la surcharger d'érudition. Mais sans la rendre beaucoup plus volumineuse , il la pouvoit rendre plus utile, lui donner même plus de dignité , en se renfermant dans son objet, en ne mêlant pas à chaque instant le profane avec le sacré, les intrigues du monde et de la cour, avec les austérités du désert ou du cloître : en un mot, en ue donnant pas une sorte d'histoire universelle pour l'Histoire de l'Eglise.

Outre ces deux Histoires ecclésiastiques , nous avons différents abrégés. Les uns, fort concis, ne peuvent que rappeler à la mémoire ce qu'on sait d'ailleurs. Les autres plus étendus, et à cet égard plus dignes du titre d'histoire que celle de Choisy, mériteroient bien des observations. Mais, content de retracer les saines maxi-

vi PRÉFACE, mes en général , nous nous abstiendrons , avec la circonspection la plus délicate, de tout ce qui pourroit aigrir l'esprit, tant des auteurs qui n'ont point de principes , que de ceux qui, paroissant quelquefois en connoître , n'y sont pas invariablement fidèles.

Ce que nous avons dit de la marche des deux historiens, entre lesquels nous prétendons garder le milieu , suffit pour donner une idée de notre plan. Nous essayons de rassembler, dans un ouvrage d'une étendue mitoyenne, les avantages particuliers de nos différentes histoires de l'Eglise, d'en retrancher les superfluités, les traits qui sont défectueux, ou par eux-mêmes, ou par la manière de les présenter ; de mettre enfin cette histoire, par sa juste proportion , sa méthode et sa simplicité , à la portée des fidèles qui aiment à connoître leur religion dans ses principes.

On à cru qu'une Histoire ecclésiastique, tracée sur ce plan, ne seroit pas inutile, après tous les ouvrages que nous avons sur la même matière. Quant à l'exécution, on n'espère y réussir qu'en profitant des travaux de tant d'auteurs, qui ont successivement aplani cette carrière. On trouve dans leurs écrits les matériaux tout prêts , arrangés jusqu'à un certain point, plus ou moins avantageusement présentés ; on voit jusqu'où ils ont poussé leurs succès, jusqu'où ils pouvoient avancer encore. Nous partirons du point où ils sont restés ; nous nous tiendrons en garde contre les préventions de chacun d'eux ; nous approfondirons quelquefois les sources un peu plus qu'ils n’ont fait; nous consulterons quelques monuments qu'ils ont négligés, ou qui n'étoient pas déterrés de leurs temps ; nous n'accorderons point une confiance exclusive à tel ou tel auteur, aux, écrivains de tel ou tel parti ; et le seul amour du vrai dirigera invariablement notre marche. C'est ainsi que, sans avoir la profondeur de nos guides, nous pourrons re: ueillir, au terme où ils nous auront conduits, quelques vérités qu'un pas de plus leur eût fait découvrir ; et, sans nous répondre d'atteindre le but, nous approcherons le plus près qu'il nous sera possible,

Plût à Dieu que nous n'eussions qu’à donner la forme et l'arrangement aux matières, qu'à rassembler ce qui se trouve épars dans une multitude d'ouvrages que peu de personnes peuvent lire, ou se procurer ! Nous ne ferons pas difficulté de puiser, comme il est de toute nécessité pour le fond des choses, dans tous les auteurs ; de les suivre dans leur choix ; d'en saisir les traits les plus intéressants; d'user même de ces expressions propres et justes , consacrées par l'usage des saints docteurs et des écrivains sûrs , principalement en matière de dogme, où il est si dangereux de donner du neuf. 1

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