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PRÉFACE. VIL n'est point de lecteur sensé qui ne nous sache gré de nous énoncer en bien des rencontres, comme les historiens qui ont touché avant nous les mêmes objets. Souvent il n’est qu'une manière de bien rendre une pensée ; et sous aimons beaucoup mieux, dans ces cas, répéter l'expression la plus convenable , d'après ceux qui nous ont précédés , que d'en substituer de foibles ou d’impropres, comme une émulation mal entendue l'a fait faire à plusienrs des écrivains les plus modernes. Peu jaloux de la gloire de l'invention , et content de donner à cette Histoire , s'il nous est possible , une marche libre et facile, une manière propre et naturelle, nous nous proposons , et nous le déclarons hautement , de tirer parti de tous les ouvrages anciens et nouveaux, qui pourront contribuer à enrichir le nôtre. Tel est le juste hommage que nous rendrons à tous nos écrivains ecclésiastiques de quelque célébrité, nommément à l'histoire de M. Fleury, comme à la plus exacte et à la plus parfaite, ou du moins, selon ses plus sévèr:s critiques, comme à la meilleure collection de mémoires pour 1 Ziistoire de l'Eglise. Mais c’est ici le but ou la fin des choses, qu’il importe infiniment de ne point perdre de vue.
Ce seroit, sans contredit, s’en écarter, que de vouloir tout dire, de rapporter ou de toucher tous les événements, de raconter une infinité de faits minutieux et informes. Certes, nous ne pouvons suivre de meilleurs modèles que les écrivains inspirés. L'histoire de l'ancien Testament, qui fait la première partie de l'Histoire ecclésiastique prise dans toule son étendue, les fastes du peuple de Dieu, toutes les divines Ecritures nous apprennent ce qu'il convient de relever ou de négliger. Ce qui pique une vaine curiosité, ce qui a trait aux vues humaines, aux intérêts passagers et purement terrestres, s'y trouve extrêmement abrégé , n'y est présenté que sous les faces qui tiennent aux choses d'un ordre supérieur. Mais dans les diffésentes parties de l'histoire des Hébreux, comme dans le peu qu'elle aconte des autres nations, les écrivains sacrés s'étendent avec complaisance sur tous les événements et sur tous les objets relipieux, sur les merveilles de la foi et de la vertu, sur tout ce qui élève l'esprit au Dieu qui s'exprimoit par ces dignes organes.
Tout tendra donc, dans cette Histoire de l'Église, à former le cœur et les mœurs. Les faits n'en seront, pour ainsi dire, que l'écorce, Sans accumuler tous ceux de même espèce, on ne choisira dans le même nombre que les plus propres à développer et à inculquer les vérités solides qu'on veut établir ; mais en évitant le ton de woralité, la profusion des inaximes et des sentences , en faisant peu
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