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paru désigner sous l'emblème d’un loup insatiable de carnage. D'ailleurs jeune, entreprenant, d'une force de tempérament
supérieure à toutes les fatigues , et d’un courage à l'épreuve de 4
tous les périls , il ne voyoit point de difficulté qu’il ne mépri-
sût, et prenoit sur toutes les personnes avec qui il avoit à trai- 4 ter, un ascendant dont il éloit comme impossible de se défen- l4 dre. Son génie élevé et pénétrant s'étoit encore perfectionné 4
par les meilleures études , dans le lieu de sa naissance, métropole illustre , qui jouissoit de tous les priviléges des citoyens romains, et où l’on enseignoit toutes les sciences d'Athènes et des autres écoles les plus vantées '. Pour la science de la religion et de la loi, il l'avoit étudiée dans la capitale de la Judée, sous le docteur Gamaliel ; et il suivoit, comme son maître, les inaximes sévères des pharisiens. 11 se distinguoit même par la pureté de ses mœurs , par la noblesse de ses sentiments et la droiture de son caractère. Mais il ne s'en montroit pas plus favorable à la doctrine du salut. Il en regardoit au contraire les prédicateurs comme des novateurs irréligieux , qu'il se faisoit un devoir de combattre en toutes les manières.
Il se fit autoriser en forme par le souverain pontife, pour persécuter les fidèles jusque dans les provinces ; et d’abord à Damas, où le disciple Ananie avoit engagé un bon nombre d'Israélites à embrasser la foi de Jésus-Christ. Le grand-prêtre avoit pouvoir sur ces Juifs, et leurs synagogues dépendoïient de celles de Jérusalem. Il donna ses lettres de créance à Saul , portant pouvoir de mettre dans les fers tous les enfants de Jacob , hommes et femmes , devenus chrétiens, et de les amener à Jérusalem , où le tribunal de la nation les jugeroit. Mais comme Saul approchoit de Damas, en respirant les menaces et Ja destruction, il fut tout à coup investi d'une lumière céleste, qui fendant les cieux avec la rapidité d'un éclair, sembla pour quelques moments obscurcir le soleil. Frappé comme d'un coup de foudre, il fut renversé avec tous ceux ani l'accompagnoient. À l'instant une voix se fit entendre, "t lui dit en langage hébraïque : Saul, Saul, pourquoi me persécutez-vousP
4 Strab, 1. 4.
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DE L EGLISE. (An 34.) 33 Hé, qui étes-vous, Seigneur, s'écria-t-il? Je suis, reprit le Sauveur, ce Jésus de Nazareth, à qui vous faites la guerre, mais à la voix duquel il vous seroit funeste de demeurer rebelle. Eh bien, Seigneur, dit Saul, confus et tremblant, que voulez-vous que je fasse? Levez-vous, lui dit le Seigneur, entrez dans la ville, et vous recevrez mes ordres. Mais sachez, dès ce moment, que je vous établis le prédicateur des merveilles dont vous éles témoin. Ne craïgnez rien de la part des Juifs, et encore moins des gentils, que vous devez délivrer du joug de Satan, et rendre participants de l'héritage des saints ; Dai la foi vive qu'ils auront en moi.
Durant cet entretien , la surprise et l’effroi tenoient immobiles les compagnons de Saul , qui étoient des Juifs originaires de Grèce. Ils n’entendoient que le bruit effrayant de la voix céleste, sans nulle parole distincte, dont ils pussent comprendre le sens, et ils n'apercevoient personne. Saul se releva, mais il étoit devenu aveugle, en sorte qu'il fallut lui donner la main pour entrer à Damas, où il fut trois jours sans recouvrer la vue, et sans boire ni manger. Il s'occupoit continuellement à prier ou à méditer, ne parloit presque point, et se tenoit principale ment sur la réserve par rapport à la grâce merveilleuse qui venoit de changer son cœur. Au bout de ce terme, il eut une seconde vision, où le disciple Ananie lui apparut, prêt à lui imposer les mains. Ananie reçut de la même manière les ordres du Seigneur, qui l'envoya vers Saul pour le guérir de son double aveuglement. Aussitôt après qu'il lui eut imposé les
{ mains, il tomba comme des écailles des yeux du nouveau dis-
riple, qui recouvra la vue. On le baptisa , et il resta quelques
À jours tranquille au milieu des fidèles.
Bieniôt il parut dans les synagogues, rendant gloire à Jésus-
4 Christ de la manière la plus éclatante, et protestant que cet homme de prodiges, mis à mort par le conseil de la nation 4 juive, et dont lui - même cessoit à peine de persécuter les dis
ciples , étoit le Fils unique de Dieu, le libérateur promis par
Ales prophètes, le véritable Messie, Ce témoignage étoit d’un
Agrand poids ; mais Saul confondit les Juifs de Damas, sans les
peonvertir, IT fut même obligé de s'éloigner assez longtemps,
Jsoit pour chercher dans le fond de l'Arabie des Israclites 1,
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