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DE L'ÉGLISE. (an 35.) 39 se prosterna humblement à sa rencontre. Pierre le releva , et après s'être assuré des dispositions de toute l'assemblée, il les instruisit des mystères évangéliques. Il parloit encore, lorsque l'Esprit saint, devenant lui - même leur maître, et se communiquant d’une manière extraordinaire, leur conféra le don des langues. Les fidèles de la circoncision, venus de Joppé avec Pierre, furent moins étonnés d'un prodige, peu rare alors, que de la qualité de ceux pour qui il s’opéroit. Ils ne pouvoient revenir de leurs préventions, qui fermoient aux gentils les portes de l'Eglise, ou du moins qui les assujétissoient à la loi mosaïque, avant d'y pouvoir entrer ; mais le vicaire de Jésus-Christ,
et le premier dispensateur de ses grâces, ne crut pas devoir dif-
férer de donner le baptême à des gens qui avoient déjà reçu le Saint-Esprit : ce qui diminua les préjugés des Juifs convertis, et ouvrit le plus vaste champ aux ouvriers évangéliques resserrés jusque-là dans les bornes de la famille de Jacob. Après cet événement, l'Evangile fit de grands progrès parmi les habitants de la ville célèbre d’Antioche, capitale de la Syrie et de tout l'Orient. Quelques disciples y avoient déjà porté la parole du salut , mais en l’annonçant, commeon a vu, aux seuls Juifs de naissance, ou de religion. Depuis l’ordre que Pierre avoit reçu du ciel, et le rapport qu'il en fit aux apôtres ; d’autres prédicateurs , nés en Chypre et à Cyrène, où l’on parloit grec aussi-bien qu’à Antioche, s’adressèrent aux gentils beaucoup mieux disposés que les Juifs. Les bénédictions du ciel s@ répandirent en abondance sur cette nouvelle moissor ; et l’on jugea très-convenable d'envoyer à ces prosélytes nombreux un guide distingué, homme de poids et d'expérience, que l’on choisiroit entre les anciens disciples. Tous les yeux se portèrent sur Barnabé, né lui-même helléniste, d’une foi et d’un désintéressement éprouvés , et particulièrement propre à cette mission , par la charité tendre que la culture des plantes nouvelles requiert dans les ouvriers évangéliques. Il ne put suffire à la récolte, et il s’en alla d'Antioche à Tarse, qui n’en est pas éloignée, pour en amener Saul , qui n’aspiroit qu'au moment de se dévc : : ‘out entier au salut des gentils. Quand Saul eut appris co ment le Seigneur avoit levé la barrière qui les : ‘paroit de l'Eglise, il n'y eut ni jalousie de préséance, ni