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posèrent de s’en retourner vers les Pères de Jérusalem, qui les avoient envoyés. Mais ces deux anges de paix s’étoient acquis l’estime et l'affection de tout le monde, durant le cours de leur commission. Comme ils étoient prophètes, c’est-àdire, honorés du caractère épiscopal, selon l'interprétation la plus plausible de ces expressions de l’Ecriture, l’éminence de leur dignité n’avoit servi qu à donner plus de relief à leur habileté et à leur modestie, Lorsqu'il fut question de partir, on leur témoigna tant de regret de les perdre, qu'ils se partagèrent, sans qu'on en sache d'autres raisons. Jude s’en alla seul rendre compte de la députation, et Silas resta parmi les fidèles de Syrie. C’est ainsi que la Providence disposoit celui-ci, sans qu'il le sût, à devenir le plus fidèle compagnon des travaux de Paul.
Brûlé d’un zèle à qui le repos paroissoit un état plus violent que l'excès même du travail, cet Apôtre eut à peine accordé quelques jours à ses prosélytes, qu'il proposa à Barnabé, son coopérateur ordinaire, d'aller visiter les églises qu'ils avoient établies ensemble, pour voir si la semence du salut y avoit fructifié, ou si elles ne se trouvoient pas en butteà quelquesuns de ces ennemis que les premiers pasteurs peuvent seuls écarter. Barnabé fut aussitôt prêt à le suivre. roposa, de son côté,de mener avec eux Jean-Marc, le mi... qui les avoit quittés en Pamphilie. Paul représenta ce qui étoit arrivé, que ce jeune homme, n'ayant pu soutenir une première fois Îles travaux évangéliques, ou ne l'ayant pas voulu, il ne convenoit pas de mettre sitôt sa délicatesse à l'épreuve. La proximité du sang affectoit autrement Barnabé. Paul résista dans une rencontre où il croyoit voir l'honneur du ministère intéressé, et ils se séparèrent; Dieu ne voulant pas seulement nous fournir des exemples de modération, dans la diversité d'avis qui peut se trouver entre les plus grands saints, mais voilant sous ces apparences les desseins de sa miséricorde sur les peuples divers que les deux apôtres séparés devoient convertir en plus grand nombre. Barnabé retourna dans l’île de Chypre, avec Jean- Marc, Paul prit Silas, parcourut la Syrie, la Cilicie, et poussa jusqu'en Lycaonie.
À Listre, il fit l'heureuse découverte d'un disciple , nommé
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DE L'ÉGLISE. (An 52.) 59 l'imothée, fils d’uneJuive déjà chrétienne , et d’un gentil qui adoroit le vrai Dieu , s’il n’avoit pas déjà embrassé le christianisme. Le jeune homme avoit en sa faveur le témoignage de tous les frères de Listre et d'Icône. Le docteur des nations l'engagea à sa suite; mais il ne fit aucune difficulté de le circoncire, à cause des Juifs du pays, qui tous le connoissoient pour fils d’un gentil aussi-bien que d'une juive, et qui sans la circoncision l'eussent regardé comme ennemi de la loi. Ils traversèrent ensemble la province d'Asie, sans s’y arrêter, suivant le mouvement de l'Esprit saint , qui appeloit l’Apôtre en Macédoine.
On croit qu'en cette course Paul commença à s'attacher Luc son parent, qui à cette époque, commence à paroître dans l’histoire des Actes des apôtres dont il est l’auteur. C’étoit un médecin d’Antioche, homme d'esprit et de lettres, versé même dans l’art d'écrire, et qui s’exprimoit bien plus purement en grec que les autres écrivains apostoliques. Dès qu'il se fut mis une fois à la suite de l'Apôtre des nations, ni les fatigues, ni les périls , ni les exemples de légèreté de plusieurs autres disciples, rien ne put ébranler sa constance. Il fut à Paul ce que Marc fut à Pierre. Comme Marc, il composa son Evangile de ce qu’il avoit appris de son maître; et le recueil fut trouvé si exact , que l'Apôtre, instruit par le Seigneur glorifié, adopta cet ouvrge. Tel est le sens des passages de ses épîtres, où il renvoie ses lecteurs à son Evangile.
Paul s’embarqua pour la Macédoine, à Troade, ville de l'Asie-Mineure, bâtie près des ruines de l’ancienne Troye, et appelée aussi Alexandrie et Antigonie. Un Macédonien lui ayant apparu dans une vision nocturne, en l'invitant au nom de sa patrie, il s’avança promptement jusqu'à Philippes, colonie romaine dans la province de Macédoine. Les Juifs n'avoient point de synagogue en cette place , mais seulement un lieu d'oraison hors de la ville, comme dans les autres endroits où ils n’étoient que tolérés. Dès le premier jour du sabbat, l'Apôtrey convertitune marchande de pourpre, qu'on appeloit communément la Lydienne, du lieu de sa demeure ordinaire, qui étoit la ville de Thyatire en Lydie. Elle adoroit déjà le vrai Dieu , et s'étoit rendue à l'oratoire avec les femmes juives.
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