‹ Histoire de l'église [microforme]Chapitre 46 sur 159 · FETE TE · texte numérisé non relu

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d'opinions extraordinaires , le centre de la curiosité et du raffinement. Les naturels du pays et leurs hôtes, pour le moins aussi nombreux que les citoyens, ne connoissoient *’iutre occupation, que de débiter ou d'entendre quelque chose de nouveau. On se figure aisément quel obstacle mettoit aux vues de l'Apôtre, tant cette frivolité, que l'excès où elle portoit les observances , comme les spéculations idolâtriques. Il chercha néanmoins à tirer parti de ces dispositions. Déjà il étoit entré en dispute avec les deux sectes dominantes , les stoïciens et les épicuriens, qui, frappés du nouvel ordre de connoissances qu'il leur présentoit, telles que l’incarnation du Verbe éternel et la résurrection de nos corps, le conduisirent à l’aréopage, lieu ordinaire des assemblées les plus importantes et les plus nombreuses, pour y entendre une plus ample explication de cette doctrine étonnante.

L’Apôtre, se tenant debout devant le tribunal, qu'on regardoit comme l’oracle de toute la Grèce : Athéniens, leur dit-il, je remarque, par tout ce qui me frappe les yeux depuis que je suis dans votre ville, que vous vous distinguez principalement entre les autres peuples, par votre goût pour tout genre de culte. Observant, en passant, les différents objets de vos hommages religieux, j'ai lu cette inscription sur un autel: 4u Dieu inconnu. Or, ce que vous adorez sans le connoître, c'est ce que je vous annonce, savoir le Créateur du ciel, de la terre et de tout ce qu'ils contiennent, lequel étant maître de ce vaste univers, y étale de toute part les marques de sa grandeur, sans se renfermer dans les temples faits de mains d'hommes, Il n’exige pas nos adorations, ni nosservices, pour le besoin qu'il en a, puisqu'il donne au contraire la vie et le mouvement à tout ce qui respire. Ila créé le genre humain, enlefaisant sortir tout entier d’un seul homme, qu'il avoit formé de sa propre main; et il a distribué les familles et les nations sur la surface de la terre, afin que, par la contemplation de ses œuvres, elles apprissent à le connoître et à se rapprocher de lui. Ce n'est pas qu'il le faille chercher bien loin: c’est dans son sein même, c'est dans son immensité incompréhensible que se trouvent tous les êtres, et que nous agissons, que nous vivons, que nous existons, selon ces paroles qu'on lit dans vos potes;

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DE L'EGLISE. (AN 52.) 63 Nous sommes aussi de sa race. Etant donc l'ouvrage et les enfants de Dieu , nous nous écarterions étrangement des principes de la raison qu'il nous a communiquée, et nous dégénérerions indignement de la noblesse de notre origine, si, prostituant nos hommages à des figures de pierre et de métal, nous confondions la Divinité avec les ouvrages des mortels. Aussi le Tout-Puissant, ne pouvant plus souffrir ces erreurs monstrueuses, ni l’affreuse corruption où elles ne cessent d’entraîner leshommes, leur annonce maintenant qu'ils aient à prévenir le jourfatal où il nous jugera avecunesévéritéredoutable. Car ce terme approche; et déjà il a revêtu de son autorité un personnage d'autant plus digne de notre foi et de notre véné. ration, qu'ayant été mis à mort pour notre salut, il est sorti vivant du tombeau, comme nous l’attestons avec une foule de témoins irréprochables.

Jusqu'à cet article de la résurrection d’un mort, ces auditeurs légers, dont on attaquoit fortement, mais très-finement, les erreurs et les vices, s’étoient assez bien contenus. Mais, à la première annonce d’un dogme si étonnant pour une ville où l’épicuréisme étoit au plus haut point de crédit, la plupart laissèrent l'orateur, en se moquant de sa doctrine, D'autres, avec plus de ménagement, lui dirent que c'en étoit assez pour ce jour-là, quils l'entendroient là-u:5:18 une autre fois. Ainsi le plus éloquent des apôtres fut-il accueilli de cette assemblée présomptueuse, où Dieu nelaissa point de s'attacher quelques âmes privilégiées ; entr'autres, Denys, l’un des juges de l'aréopage, et une femme appelée Damaris. Denys, différent de celui qui porta l'Evangile dans les Gaules, fut depuis évêque d'Athènes, où il couronna ses travaux par le martyre. On lui a long-temps attribué des ouvrages qui furent manifestement composés des siècles entiers aprèssa mort, suivant Ja date même des choses qu'ils contiennent.

Paul alla droit à Corinthe, la villela plus considérable qu'on eût vue en Grèce depuis la décadence d'Athènes et de Lacédémone. Sa situation entre deux mers, avec un bon port sur chacune, y attiroit une quantité prodigieuse d'étrangers, et, avec les richesses, y faisoit abonder toutes les délices de la vie. Le docteur des nations y fit un séjour de dix-huit mois, le plus

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