IR
Rare er ss
ne ge D cr
Ge:
us
le jh , 1l Ü
} nl } Mt th Î Eh |
Eee
D chou bts
RE ns
74 (ax 57.) HISTOIRE server que le langage emphatique et la morgue des philosophes ou sophistes, loin de leur acquérir de l'estime et du crédit, ne leur donnoit le plus souvent que du ridicule. 11 prit une marche toute contraire, et s'exprima clairement et simplement. Faisant néanmoins l'inspiré et le favori des dieux, il prenoit un ton décisif, avec un air d'autorité qui lui réussirent si bien, que d'un geste ou de quelques mots mis par écrit , il calmoit les séditions. Il parcourut les principales villes de l'empire, principalement dans l’Asie-Mineure et l'Achaïe. La plupart lui envoyèrent des députés pour lui demander son amitié et recevoir ses conseils touchant le cuïte et les mœurs. On le recevoit avec des honneurs extraordinaires : les aruspices et les oracles les plus révérés célébroient ses louanges. lX vint à Ephèse , au commencement du règne de Néron qui avoit succédé à Claude, l'an 54 de Jésus-Christ. Là il déclamoit souvent contre le luxe et la débauche; les malins esprits accréditant volontiers les principes imposants des mœurs , aux dépens de la foi, sans laquelle toutes les autres vertus ne servent qu'à faire échouer plus sûrement l'affaire du salut. 11 exhortoit sur toutes choses les Ephésiens , peuple paresseux et mou, passionné pour la musique, la danse et tous les amusements, à quitter cette vie efféminée, pour s'adonner sérieusement à la philosophie et à la vertu qu il n’en séparoit jamais. Comme il se faisoit passer pour l'ami des dieux, il falloit paroître en recevoir des faveurs extraordinaires. Un jour qu'il haranguoit près d’un bois où il y avoit une quantité de petits oiseaux , il en survint un qui faisoit un cri aigu et remarquable. Tous les autres prirent à l'instant leur vol et lesuivirent. Apollone dit à ses auditeurs, d'un ton prophétique , que cet oiseau , digne par son zèle pour son espèce de servir de modèle aux hommes, venoit d'avertir ses semblables, qu'en une certaine rue que nomma le prophète, un homme qui portoit du blé, en avoit laissé répandre une partie. On y courut sur-le champ, et l'on trouva les oiseaux qui le ramassoient. Le peuple ne douta point qu’Apollone n'entendit le langage de ces animaux : les gens sensés se turent ou ne furent pas écoutés. On prétendit encore qu'il avoit délivré les Ephésiens d'une peste qui les désoloit. Les ayant un jour rassemblés dans le
hilosoe et du cule. Il ment et s dieux, réussimis par es villes Acbaïe.
ider son mœurs.
es arusuanges.
ron qui 1 déclasesprits xrs , AUX > ne sersalut. Il sseux et amusesérieujamais.
il falloit ur qu'il de petits able.
W Apol- » cet oimodèle e cerrtoit du t sur-le ent. Le gage de fcoutés.
s d'une dans le
temple d'Hercule , et là remarquant un pauvre vieillard qui demandoit l’aumône; exterminez, dit l'imposteur cruel, cet ennemi des dieux, et ensevelissez-le, avec son impiété , sous une grêle de pierre. On obéit avec une aveugle fureur , et le malheureux mendiant , lapidé par tant de mains différentes, fut bientôt couvert d’une montagne de cailloux. Déterrez le cadavre, leur dit-il, après quelque intervalle, et voyez quelle victime vous avez immolée. On fouilla, et l'on trouva un grand chien. La populace fut pleinement persuadée que c’étoit un mauvais génie ; et, faisant peu d'attention aux degrés plus ou moins grands de la calamité dont on avoit promis la délivrance, elle ne s’occupa que de la manière dont on faisoit connoître l’auteur. Dans un si grand concours de monde, la supercherie étoit facile. Car il est plus simple et plus raisonnable de croire qu'en fouillant dans les pierres entassées , Apollone y fit mettre un chien mort, que d'imaginer qu’ux démon, pour accréditer le devin, y eût fait paroître un fantôme.
Des côtes d’Ionie, ou des rives orientales de l’Asie-Mineure, le philosophe passa dans la Grèce proprement dite, où il voulut faire croire qu'Achille lui avoit apparu sur les ruines de Troye, et lui avoit révélé bien des mystères contenus dans l'Iliade. Athènes fut moins dupe que les autres villes. Un prêtre y traita même Apollone de magicien, et l'accusa d'être en commerce avec les génies malfaisants. Ce qui arriva à un jeune homme qui se moquoit de ses superstitions minutieuses , lui concilia le respect de quelques Athéniens. Le railleur donna tout à coup des marques de possession. Apollone commanda au démon de sortir de ce co&ps , et de renverser une certaine statue pour faire connoître qu'il sortoit. Ce qui prouveroit que le séducteur étoit en commerce avec les esprits infernaux, ct qu'ils s'entendoient avec lui pour entrer dans les corps comme pour en sortir , et quelle différence entre ces prétendus miracles et ceux des disciples du Fils de Dieu, ennemis en tout des malins esprits ainsi que de leur culte idolâtrique, et qu'on ne sauroit par conséquent soupçonner d'aucune intelligence avec eux.
Mais qui pourroit compter dans l'histoire d'Apollone , sur
PE