‹ Histoire de l'église [microforme]Chapitre 52 sur 159 · RE T · texte numérisé non relu

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78 (AN 57.) HISTOIRE tes, dangers de la part des brigands et des faux-frères, de la part des Juifs et des gentils.

Quant à l’article de la collecte, ou des aumônes, il le recommanda en particulier aux porteurs de sa lettre, afin qu'il les trouvât toutes prêtes lorsqu'il arriveroit lui-même à Corinthe. Ces commissionnaires de confiance étoient Luc et Tite; celuici déjà connu et considéré des Corinthiens, l’autre célèbre en tout lieu par la publication deson Evangile. Ils furent accueillis, comme ils le méritoient; et, tant par leurs soins que par le contenu admirable de leurs dépêches, à l’éloquence desquelles personne ne put résister, tous les cœurs revolèrent vers Paul, et rentrérent dans le sentier du devoir et de la perfection : ce qu’ambitionnoit uniquement l’Apôtre. Pour accélérer son arrivée, on travailla vivement au recouvrement des aumônes ; et, dès qu’il eut appris tant d’heureuses nouvelles , il se mit en marche pour l’Achaïe, dont Corinthe étoit la capitale. Il y arriva au commencement de l'hiver, qu'il y passa tout entier, pour la consolation de ses enfants en Jésus-Christ, et pour mettre la dernière main au rétablissement de l'ordre et de la discipline.

Il donna mème une partie de ce loisir à d’autres églises, se croyant sans cesse comptable à tous les peuples , spécialement aux Romains, ce peuple roi , que la noblesse et l'élévation du zèle de Paul se proposoit de conquérir entièrement à Jésus- Christ, nonobstant les infirmités et la foiblesse qu'il éprouvoit déjà, quoiqu'il n’eût qu'environ cinquante ans. Aquila, avec quelques autres de ses amis ou de ses disciples, avoit profité des conjonctures plus favorables depuis la mort de l'empereur Claude, pour aller de nouveau s'établir à Rome. Paul apprit, par leur moyen, l’état de la religion dans la capitale de l'empire, où l'on a vu que le prince des apôtres avoit précédemment porté l'Evangile. Dans cette église, comme partout ailleurs , les enfants de Jacob étoient en différend avec les gentils. Mais sur ce premier théâtre de la gentilité, ceux-ci se prévaloient à leur tour , et affectoient la préséance sur les Israélites. Entêtés de la philosophie et des vertus qu'elle avoit formées, ils méprisoient la synagogue, et lui reprochoient d’avoir méconnu le Rédempteur, quoiqu'elle fût dépositaire de la loi et

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