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trer au plus haut des cieux, et y occuper enfin le trône qui l'attendoit.Onprit jour, et toute la ville voulut être spectatrice d’une chose si extraordinaire.
Les saints apôtres sentirent les conséquences qui résulteroient contre la religion, soit de la fraude, soit du prestige ; et comme deux athlètes intrépides, ils se transportèrent apparemment sur le champ de bataille, après s’être préparés par je jeûne et la prière. Ils engagèrent les fidèles à solliciter le ciel : de leur côté, ils se prosternèrent, ils invoquèrent la vertu toute-puissante de Jésus-Christ pour confondre un suborneur sacrilége qui portoit l'audace jusqu’à se déclarer publiquement son rival, et à contrefaire sa glorieuse ascension. Simon ne laissa pas de s'élever dans les airs ; mais il retomba aussitôt et se brisa les jambes. On le transporta hors de la foule, dans la chambre haute d’une maison voisine, où, ne pouvant survivre à sa honte, il se précipita par la fenêtre et rendit le dernier soupir.
Âlors toute la haine de Néron se réveilla contre les apôtres, qu'il avoit comme oubliés. Il les fit resserrer étroitement; et, après neuf mois que dura encore cette rigoureuse prison , ils furent condamnés à perdre la vie:. Les gouverneurs de Rome prononcèrent la sentence et la firent exécuter en l'absence de l'empereur, qui dans l'intervalle étoit parti pour la Grèce. On dit que les apôtres furent détenus aans la prison de Mammertin, au pied du Capitole; qu'ils convertirent et baptisèrent deux de leurs gardes, Processe et Martinien , avec quarantesept autres personnes emprisonnées au même lieu. Cependant les fidèles trouvèrent occasion de ménager aux deux apôtres les moyens de s'évader, et ils les conjurèrent avec larmes de conserver des jours si précieux à l'Eglise.
Pierre y consentit par humilité, se défiant extrêmement de lui-même, depuis la triste épreuve qu'il avoit faite de sa foiblesse et des dangers de la présomption, en reniant le Sauveur. Il s'échappa de sa prison pendant la nuit, parvint même à sortir de la ville : et déjà il s’éloignoit des portes, quand Jésus-Christ lui apparut, entrant au contraire dans Rome2. Pierre lui de-
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DE L'ÉGLISE. (AN 66.) LL manda où il alloit. Je suis venu à Rome, lui dit le Sauveur, pour être crucifié de nouveau. Pierre saisit la pensée de son divin maître, et, comptant sur le secours de sa grâce, il rentra dans la ville, où il fut aussitôt condamné. La croix, selon la prédiction divine, fut l'instrument de son supplice, qu'il endura indubitablement Le 29 de Juin, et très-vraisemblablement l’an 66 de Jésus-Christ. Ses erreurs s'évanouirent au moment de la mort. Alors uniquement occupé de la gloire du Rédempteur , il demanda, par humilité, d'être crucifié la tête en bas, parce qu’il se réputoit indigne d'être traitt, même dans les tourments, comme le Fils de Dieu.
Paul fut mis à mort le même jour. En qualité de citoyen romain, il eut la tête tranchée. Outre les conversions que les deux apôtres opérèrent dans les prisons, le docteur des nations convertit encore trois soldats en allant au supplice. Il fut exécuté à trois milles de Rome , au lieu dit les eaux Salviennes, et enterré sur le chemin d'Ostier. On avoit crucifié saint Pierre dans le quartier des Juifs, au haut du mont Janicule; mais son corps fut déposé au Vatican. Les fidèles avoient pris soin de faire tirer les portraits des saints apôtres, que l’on conserva plus de deux siècles, et qui ont servi de modèle à ceux où l'on a depuis représenté saint Pierre, de petite taille, la tête chauve et le nez aquilin. Sa femme avoit souffert le martyre avant lui; car il y eut alors une persécution ouverte, où beaucoup d'autres fidèles furent compris. Lui-même l’avoit exhortée avecune fermeté digne de cet amour qui ne tenoit plus rien de la chair ni du sang, se réjouissant de la fin de son exil, ou de la voir retourner à la patrie, ainsi qu'il s'en exprimoit. Pétronille, sa fille, vécut vierge, et mourut saintement à Rome.
Telles furent les prémices de la persécution de Néron, la plus fatale en soi, puisqu'elle servit d'exemple à tous les persécuteurs des âges suivants ; mais infiniment avantageuse à l'Eglise romaine, où, par la mort du prince des apôtres, elle fixoit à jamais la primauté de l'apostolat.
1 Eos. vit, 18.
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