‹ Histoire de l'église [microforme]Chapitre 56 sur 159 · LIVRE SECOND · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND

DEPTIS LA MORT DES APOTRES SAINT PIERRE ET SAINT PAUL, EN 66, JUSQU’ LA DISSOLUTION DU CORPS DE LA NATION JUIVE, EN 137.

Liu prédictions du Sauveur touchant les calamités et la réprobation de la nation juive approchoient de leur terme. La génération qui les avoit entendu publier , et qui devoit être témoin de leur accomplissement, comptoit plus de trente ans depuis cette menace terrible. Loin de chercher à la détourner par la pénitence , les habitants endurcis de Jérusalem, et surtout la portion la plus distinguée de la république, les chefs du peuple et les princes des prêtres avoient mis le comble à leurs attentats par une impiété consommée, suite funeste mais commune des grands crimes : l'esprit de vertige, l'obscurcissement de la raison, des principes de la conduite et de la politique même, avoient suivi le mépris de la religion et des mœurs. Ainsi l’état, ébranlé jusque dans ses fondements, se trouvoit à un point de crise, que la première révolution devoit naturellement conduire à sa catastrophe.

Toutefois le Tout-Puissant, avant de porter le dernier coup, voulut leur faire éprouver les prémices de sa vengeance, par la dureté de leurs différents gouverneurs, plus avares, plus impitoyables et plus tyranniques les uns que les autres. Cuspidius- Fadius, Tibère-Alexandre, neveu du savant Juif Philon, Ventidius-Cumanus , tous trois postérieurs à Ponce-Pilate, les ruinèrent comme à l’envi par de continuelles concussionst.

L'empereur Caligula les avoit presque réduits au désespoir, par sa folle obstination à placer sa statue dans leur temple pour s’y faire adorer. Alors les peuples d'Alexandrie, autorisés par la disposition de la cour et de leur gouverneur Flaccus, trai-

1 Joseph, Phil, et Euseb, passim.

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