AUL , EN 66, » EN
ités et la réur terme. La voit être téle trente ans la détourner lem, et sur- , les chefs du mble à leurs te mais comcurcissement
des mœurs.
se trouvoit à
ance, par la , plus impi- Cuspidiushilon, Ven-
DE L'ÉGLISE. (AN 66.) 113 térent de ja façon la plus atroce la multitude des Juifs qui montoient à un million de personnes, tant en cette grande ville que dans le reste de l'Egypte. Outre la haine générale contre cette nation , le gouverneur étoit personnellement jaloux d'Hérode- Agrippa , qui, nouvellement revêtu du titre de roi, passoit par Alexandrie, en retournant de Rome à Jérusalem. On abattit et l’on brûla une partie des synagogues; on érigea dans celles qui restoient, la statue de l'empereur, pour lui rendre leshonneurs divins. Flaccus publia des ordonnances, par lesquelles tout Israélite étoit non-seulement déchu du droit de bourgesisie, mais réduit à l'état des captifs pris en guerre. On ieur enleva presque toutes leurs habitations; l’on pilla leurs logis, on enfonça leurs boutiques, on en partagea les marchandises comme tu butin fait sur les ennemis de l’état ; on brûla et on massacra ». … infinité de ces malheureux, dont on traînait ensuite les ca-
cs par toutes les rues; on flagella leurs sénateurs ; on arracha de leurs retraites , et l’on appliqua à de honteuses tortures les premières d’entre leurs femmes, qu'on vouloit contraindre à manger, contre la loi, de la chair de pourceau.
Dans le pays des Parthes, en Mésopotamie et vers Babylone, les enfants de Jacob se virent encore plus maltraités : leur sang y fut répandu avec autant de mépris que de fureur. Ils se réfugiérent à Séleucie, ville la plus considérable de ces contrées, qui étoit peuplée de Grecs et de Syriens, habituellement divisés entr'eux. Les Hébreux s'attachèrent aux Syriens, avec qui ils sympathisoient davantage. Mais les Grecs cherchèrent et réussirent à désunir ces nouveaux alliés; puis, se joignant aux Syriens , ils se jetèrent à l'improviste sur les Juifs, et en massacrèrent plus de cinquante mille. À Jérusalem, où le concours des peuples fut prodigieux pour la Pâque, sous le gouvernement de Cumanus, on mit à l'ordinaire des troupes sous les armes, dans les galeries du temple, afin de prévenir le tumulte, Un soldat y ayant commis quelque sorte d'impiété ou d'irrévérence, le peuple s'emporta , et se mit à crier que ce n'étoit pas aux Juifs qu'on en vouloit, mais à leur Dieu : il fit à l'instant voler une grêle de pierres sur les cohortes. Le gouverneur s'approcha pour calmer l'émeute, et ne reçut que des injures. Il n'en falloit pas tant à un homme si mal disposé ; il fit prendre
LA ê É .
a 5 at Tandis a à = *
[14 (An 66.) HISTOIRE les armes à toutes ses troupes, qu'il rassembla dans la tour Ântonienne, espèce de citadelle qui commandoit le temple. Alors 1 populace effrayée, voulant prendre la fuite, se pressa telleinent dans les passages qui étoient fort étroits, quil y en eut jusqu’à vingt mille d'étouffés.
Après cela, différents séducteurs se mirent à leur tête, faisant les hommes inspirés, et leur promettant non-seulement l'indépendance, mais l'empire des nations. Ils furent tous défaits. Avec eux périt une multitude innombrable de ce malheureux peuple , aussi docile à l'imposture que sourd à la parole du salut.
Sous le gouvernement de Félix , le même qui prit la défense de saint Paul et le fit transporter à Rome, il s'établit en Judée des troupes d’assassins, qu’on nomma sicaires, à cause du poignard dont ils étoient continuellement armés. Voici comment ce désordre commença. Le pontife Jonathas étant devenu odieux à Félix, ce gouverneur le fit assassiner par quelquesuns des vagabonds , qui déjà infestoient le pays en très-grand nombre. L'impunité, après un pareil attentat, inspira l'audace la plus effrénée à ces troupes de scélérats, C'étoient chaque jour des meurtres nouveaux, principalement les jours de fête. Les sicaires ou assassins, munis d’un poignard caché, se mé- Joient partout dans la foule, et, au moment qu’on s’y attendoit le moins, ils exerçoient leur vengeance personnelle, et plus souvent encore celle des lâches qui les soudoyoient. Bientôt ils se montrèrent en force, soulevèrent le peuple contre l'empire, -t pillèrent ceux qui demeuroient soumis aux Romains,
Le nombre de ces perturbateurs s’accrut encoreparl'imprudence du successeur de Félix, Aïbin , c’étoit son nom, voulut regagner l'affection des Juifs par quelques témoignages de bonté. Mais, rigueur ou clémence, tout tournoit à la rnine de ce peuple réprouvé. Le gouverneur ayant pris l'état de tous les prisonniers de Jérusalem, fit exécuter ceux dont les forfaits trop criants ne pouvoient demeurer impunis, élargit tous les autres, dont le nombre s’étoit extraordinairement multiplié dans cet affoiblissement de l'autorité légitime, et par-là renforça les troupes de brigands, au point de ne les pouvoir plus contenir.
a tour Ânnple. Alors ressa telleil yen eut
ar tête, fai= n-seulement nt tous dé-
de ce malad à la pa-
rit la défense lit en Judée cause du poiici comment étant devenu ar quelquesen très-grand spira l audace toient chaque
ntre l'empire, mains.
reparl'imprunom, voulut moignages de it à la ruine de tat de tous les
et par-là renpouvoir plus
Le gouverneur Hessius-Florus, qui vint après, passa d’un excès à l’autre, et n'eut aucune sorte de ménagement. Sa femme Cléopâtre avoit la faveur de l’impératrice Poppée. Les concussions et les vexations furent exercées dans la province, avec toute la dureté et l’insolence d'un méchant en place qui se sent un appui à la cour. Il étoit de moitié avec les brigands qui pilloient les campagnes, et il ne daignoit pas s’en cacher. La désolation publique fit déserter les naturels de la Palestine, qui allèrent par troupes s'établir dans les pays étrangers. Cestius-Gallus, gouverneur de la Syrie, dont la Judée dépendoit, venant un jour à Jérusalem, une multitude incroyable de ces infortunés, au nombre de trois millions, à ce qu'on prétend, allèrent au-devant delui, pour le supplier de les délivrer de Florus. Îls ne purent rien obtenir. La tyrannie, ainsi étayée de la politique, ne fit qu augmenter. Mais tant d'horreurs n’étoient qu’un foible prélude des horreurs à venir. 1] falloit que la malédiction à laquelle les Juifs s’étoient dévoués eux-mêmes, en demandant, avec la condamnation du Fils de Dieu, que son sang retombât sur eux et sur leurs enfants, eûttout son effet. Bientôt des signes effrayants annoncèrent ce comble du malheur. L'an 67 de Jésus-Christ, le 8.° jour d'avril, auquel tomboit la fête desazymes , une lumière éclatante environna le temple au milieu de la nuit; en sorte qu'on sembloit être en plein jour. La porte orientale qui étoit toute d’airain, et si pesante qu'il falloit vingt hommes pour l'ébranler, s'ouvrit d'elle-même, quoique fermée par des verroux énormes, et des barres de fer qui entroient bien avant dans les murs. Peu de temps après la fête 1, le vingt et unième jour de mai, sur le soir, le soleil étant encore sur l'horizon, toute la ville aperçut des feux sinistres et des phénomènes, auxquels on ne pouvoit donner une cause naturelle. À la solennité de la Pentecôte, après un bruit épouvantable qui retentit dans le temple, où l’on étoit bien assuré que personne ne restoit, on entendit une voix aiguë, qui dit très-distinctement : Sortons d'ici, sortons d'ici, Mais une particularité beaucoup plus frappante encore2, fut le cri de menace qu'un certain Ananus ne cessa de proférer
\ Jos. Bel. vit, 12. — 3 Jbid,
re