‹ Histoire de l'église [microforme]Chapitre 58 sur 159 · PET SAT ST PE LS RER AERE · texte numérisé non relu

PET SAT ST PE LS RER AERE

en se ee

ART Dr Be de à

A c SES

CES LT ter

7 pe FT Las 1 Rd DRE e re TE is T5 sac annnts semarz -

116 (AN 67.) uISTOIRE contre Jérusalem et contre le temple, pendant les quatre dernières années qui en précédèrent la ruine. Cet homme étant venu de la campagne à la capitale pour la fête des Tabernacles, qu'on célébroit encore dans la plus profonde tranquillité etsans nulle apparence de révolution, commença tout d’un coup à crier : Malheur au temple! malheur au temple! voix de l'orient, voix de l'occident, voix des quatre vents, malheur au temple! malheur à Jérusalem! Il ne cessoit, ni le jour ni la nuit, de parcourir la ville, en répétant perpétuellement les mêmes cris. Les magistrats, pour lui fermer la bouche, le firent châtier rigoureusement. Il ne dit pas un mot pour se disculper, ni pour se plaindre; mais il continua de crier sans la moindre interruption : Malheur au temple! malheur à Jérusalem! Alors on le conduisit au gouverneur romain, qui le fit déchirer à coups de verges, avec tant de rigueur, qu'on lui voyoit les os. Ce traitement ne lui fit point demander grâce, pas jeter une larme; mais à chaque coup qu'on lui donnoit il répétoit d’une voix plus lamentable : Malheur, malheur à Jérusalem! Et, quand on lui demandoit d’où il venoit, qui ilétoit, et ce qu'il prétendoit par ces cris, il ne répondoit à aucune de ces questions ; mais il continuoit de crier de la même manière, et avec la même force.

À la fin on le renvoya comme un insensé, sans qu'il changeît jamais de langage. Il ne parloit à personne ; et comme il n'injurioit point ceux qui le frappoient, il ne remercioit pas non plus ceux qui lui donnoïent à manger. On observa que sa voix, si continuellement et si violemment exercée, car il crioit de toutes ses forces, ne fut jamais affoiblie. Au contraire, quand après plus de trois ans il vit la ville assiégée, il redoubla ses cris avec une force nouvelle ; faisant alors ét recommencçant sans fin le tour des remparts, jusqu'à ce que l'instant de son propre malheur étant arrivé, il s’écria : Malheur à moi-même! A l'instant une pierre, lancée d'une machine, l’atteignit et l'étendit roide mort.

Rien n’empêcha ses compatriotes de courir à leur perte. Plus aveuglés de jour en jour, un attentat heureux, une ombre de succès leur inspiroit une foile sécurité. Aprèsavoir mis en fuite le roi Agrippa, qui s'efforcoit de les ramener à la raison et de

quatre der-

>mme étant

abernacles,

illitéetsans ’un coup à

oix de l’'o-

nalheur au

e jour ni la lement les uche, le fiour se disrier sans la ir à Jérusan, qui le fit r, qu'on lui r grâce, pas noit il répéir à Jérusani ilétoit, et icune de ces manière, et

DE L'EGLISE. (An 67.) 17 les réconcilier avec les Romains, le peuple furieux s'empare du château de Massade, et massacra la garnison romaine. En même temps Eléazar, fils du grand-prêtre Ananus, et capitaine du temple, c’est-à-dire, commandant des gardes établis pour sa sûreté, empêcha qu'on n'offrit désormais les sacrifices accoutumés pour l'empereur : signe outrageant de rupture et d’une : entière rébellion.

Les. hommes sages désapprouvèrent cette conduite, mais ils ne furent point écoutés. Les assassins, connus sous le nom de sicaires , se joignirent aux séditieux, et tous ensemble forcèrent la ville haute, puis s’emparérent de la forteresse Antonienne. Survinrent les brigands des campagnes, quise parèrent du nom de zélateurs. Ainsi les Romains, surpris de toutes parts, furent réduits à se ren:ermer dans quelques tours. Bientôt ils eurent consommé le peu de vivres qui leur restoit, et la faim les contraignit à se rendre. On leur avoit promis la liberté avec la vie, mais ils furent tous égorgés.

Le jour même de cette perfide exécution, à Césarée, où les Romains étoient en force, on fit main-basse sur les Juifs, qui furent massacrés au nombre de plus de vingt mille. Afin qu'il n'y er restât plus du tout, Florus fit prendre ceux que la politique avoit épargnés, et les distribua, chargés de chaînes, dans jes ports de h province. A cette nouvelle, toute-leur nation entra dans une fureur qui n'écouta plus de raison. Jls se répandirent dans les bourgs et dans les villes qu'ils purent forcer, brûlèrent les unes, renversèrent les autres, pillèrent et massacrèrent les habitants. de tout âge et de tout sexe, Les Syriens, de leur côté, ne se montrèrent pas moins cruels. 1ls se jetèrent sur les Hébreux dans tous les lieux où ceux-ci étoient les plus foi« bles, et les égorgèrent sansrémission. Le soin de sa propre sû+ reté animoit les.moins vindicatifs. Mais comme les Hébreux sg trouvoient en grand nombre dans beaucoup d’autres places, chacune d'elles se vit partagée en deux troupes de meurtricrs, qui en firent autant de boucheries. |

Les Juifs mêmes de-Scythopolis, pour mériter grâce auprès des Syriens qui s’y trouvoient les plus forts, prirent les armes avec eux, contre les Israélites furieux qui dévastoient le pays. Mais les. Syriens, ne pouvant prendre eonfiance en ces faux

nn !

LE Tr: © ST

r mes

frères, exigèrent d'eux, comme un témoignage assuré de leur fidélité, que tous, avec leurs familles, se concentrassent dans un petit bois voisin. Là ils les égorgèrent sans exception, au nombre de plus de treize mille. Simon, fils de Saul, qui avoit le plus influé dans l’indigne résolution des autres Juifs, s’abandonna au plus affrenx désespoir quand il vit l'issue tragique de sa perfidie. J'ai bien mérité ce châtiment, s’écria-t-il, en armant mes frères contre mes frères ; mais il n'appartient qu'à moi de m'en punir. Tout en proférant ces mots, il envisage d'un œil égaré les différentes personnes de sa famille, il saisit son père par ses cheveux blancs, et le perce de son épée; ensuite sa mère, puis sa femme et ses enfants, qui, loin de À résister, couroient au-devant de ses coups. Enfin, il élève le ; bras pour se faire mieux remarquer, et du même {er qui fumoit encore du sang de ses proches, il se perce lui-même. Toutes les places de Syrietraitèrent les Juifs avec la même inhumanité, exceptéles seules villes d’Antiorhe, d’Appamée et de Sidon. Partout les rués et les chemins étoient jonchés de leurs cadavres. Les corps des vieillards se trouvoient confondus avec ceux des hommes armés , et les femmes dépouillées restoient ù exposées publiquement , pour insulter à leur pudeur jusqu'après leur mort.

;" La cruauté ne fut pas moindre en Egypte. Un jour que le 113 peuple d'Alexandrie étoit rassemblé dansl’ amphithéâtre, où il

ï se trouvoit plusieurs Juifs, les ennemis de ceux-ci s'écrièrent En tout à coup, que c'étoient des espions etdestraîtres. Les Juifs pri-

ÈS bn Man id CT be in ho Re T eme we

Page 1