WEBSTER, NY
Il mourut , ou plutôt cessa de vivre, sans nulle douleur, à ia fin du premier siècle de l'ère chrétienne, étant âgé d’environ cent ans. On l’enterra hors d'Ephèse , et il s'opéra une inrfinité de miracles à son tombeau. Les fidèles, sur une parole mal entendue de l'Evangile, avoient cru long-temps qu'il ne mourroit point ; mais il s'efforça lui-même de les détromper. Cet Apôtre fut surnommé lethéologien, à cause du début majestueux de son évangile, où il s'exprime, touchant le Verbe divin, avec une dignité et une profondeur sans exemple, même dans les écrits inspirés. Il portoit une lame d'orsur le front ; ce que faisoit aussi saint Jacques le Mineur, évêque de Jérusalem, et vraisemblablement tous les évêques des premiers siéges à l'exemple des pontifes de l’ancienne loi. Avec saint Jean fimirent les temps apostoliques, tous les autres apôtres étant morts avant lui.
La sainte Vierge l’avoit précédé de plusieurs années, sans qu'<n sache au juste le temps ni les autres circonstances de sa mort. Mais on a cru, dès le plus bel âge de l'Eglise, que la mère de Dieu étoit ressuscitée peu de jours après son trépas. Saint Epiphane professe clairement cette croyance. Elle a été embrassée , depuis une longue suite de siècles, par la plupart des docteurs de l’église grecque et latine , et se fonde enfin sur l'office et la persuasion de l'Eglise universelle. Il y avoit déjà long-temps qu'on célébroit la mort glorieuse de Marie, ou, comme s'expriment les Grecs, son sommeil et son passage, quand l’empereur Maurice ordonna de la fêter dans tout l'empire d'Orient, le quinzième jour d'août, Les latins, qui se sont quelquefois servis du terme de sommeil, n'emploient plus que celui d’assomption , consacré par un usage ancien.
Il restoit encore sur la terre un proche parent du Sauveur, dans la personne de saint Siméon , évêque de Jérusalem. C’étoit le dernier des disciples qui eut conversé avec le Verbe fait chair, et appris de sa bouche la doctrine évangélique. Il servoit infiniment à conserver dans son intégrité le dépôt de la révélation. On le dénonça, sous sa double qualité de chrétien et de parent de Jésus-Christ, ou de descendant des anciens rois de Judée.
T'rajan avoit succédé à Nerva, son père adoptif, le 27 jan-
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BE L'EGLISE. (AN 99.) 14 vier de l'année 98. Ce fut au nom de ce nouvel empereur que Je proconsulaire Attique condamna Siméon : car Trajan perséeuta les fidèles, et fut même l’auteur de la troisième persécution, nonobstant toutes ses bonnes qualités, auxquelles on ne sauroit se dispenser de rendre témoignage. Son zèle pour la
religion romaine, ainsi que pour toutes les lois de Rome, et, l'aversion qu'il marquoit pour ceux qui ne la pratiquoient
point, souleva contre eux, sans aucun édit, le peuple et les hommes en place. D'ailleurs cet empereur philosophe, doué des vertus humaines les plus éblouissantes, n’avoit le plus souvent pour fin, comme les autres sages du paganisme, que l’estime et les applaudissements publics. Il ne sut pas même s’affranchir de ces passions honteuses et avilissantes, auxquelles le Seigneur livroit les savants superbes, qui refusoient de reconnoître et d'honorer devant les hommes l’éminence infinie des ses perfections. Sous de pareils maîtres, le peuple idolâtre ne cessoit de s'élever contre les chrétiens, dont la seule conduite étoit une censure perpétuelle de la corruption de ses mœurs.
Comme depuis l'horrible guerre de Judée, on faisoit une recherche toute particulière des chrétiens de cette province, toujours confondus avec les Juifs, et plus encore de ceux qui, par la noblesse de leur extraction, pouvoient donner lieu à de nouveaux soulèvements , on traduisit l'évêque Siméon, fils de Cléophas et de Marie, sœur ou plutôt belle-sœur de la sainte Vierge : car l'opinion généralement reçue, c’est que la mère de Dieu étoit fille unique d'Héli ou Joachim, et par conséquent n'avoit point de sœur propre. Siméon avoit échappé aux perquisitions de Vespasien et de Domitien. Les fidèles de Jérusalem s'étant retirés à Pella, sous la conduite de ce digne pasteur, il ne put empêcher qu il ne se mélât quelque ivraie avec le bon grain, ou que dans cette église privilégiée il ne se coulit des faux frères et des hérétiques, tels que les. ébionites et les nazaréens. Ceux-ci n'étoient d'abordque des chrétiens de la circoncision ; mais par leur entêtement, pour les observances légales, à quoi ils vouloient obliger les gentils mêmes, ils se firent séparer de l'Eglise, vers le temps de Domitien. Quand les fidèles de Pella, furent de retour à Jérusalem, que les Romains
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