‹ Histoire de l'église [microforme]Chapitre 71 sur 159 · PR ES · texte numérisé non relu

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DE L'EGLISE. (AN 117.) 167 avoit aussi à Cyrène des Israélites rebelles, qui avorent compté sur leurs frères d'Alexandrie. La nouvelle de leur défaite. loin de les abattre, les rendit furieux. Ils reconnurent pour roi un certain Lucua, et, sous sa conduite, coururent le pays en désespérés, pillant ou brûlant tout ce qui se rencontroit sur leurs pas. Martius-Turbo eut ordre demarcher contre eux avec de la cavalerie, de l'infanterie et des forces navales. Leur résistance fut opiniâtre et longue: elle fit périr un nombre infini, non-seulement de ces forcenés, mais des Hébreux de toute l'Egypte, qui étoient accourus au secours de Lucua.

L'empereur, craignant de pareils troubles pour la Mésopotamie que les Juifs habitoient en grand nombre, donna ordre à Lucius-Quintus de les prévenir. Ce général les trouva déjà en défense, et leur livra une bataille, où il en resta une multitude incroyable. Ainsi, tandis que l'Eglise, par les tribulations auxquelles elle n’opposoit que la patience, devenoit de jour en jour plus florissante; la synagogue, justifiant par ses révoltes la dureté du ciel, s’ensevelissoit elle-même sous ses ruines et son opprobre.

Trajan mourut peu après ces sanglantes victoires, dans la vingtième année de son règne, et la cent dix-septième de Jésus- Christ. Il eut pour successeur Adrien , son cousin-germain, et son fils adoptif, qui ne fut pas plus favorable aux séditieux enfants de Jacob. Cependant, comme tant de pertes, essuyées coup sur coup, les forçoient à être tranquilles, et qu'ils ne paroissoient plus à craindre aux Romains, la pitié, ou plutôt le mépris, succéda à la vengeance. Mais ils n'usèrent de ce relàche que pour ourdir de nouvelles trames, qui aboutirent bientôt, sous l'empire mème d'Adrien, à la destruction presque entière de leur nation.

L'habitude où étoient les Romains de confondre avec ce peuple inquiet et indocile les chrétiens originaires de la Judée, fut la première cause de la persécution d'Adrien, que saint Jérôme dit avoir été violente. Toutefois Eusèbe ne compte pas ee prince au nombre des persécuteurs, sans doute parce qu'il ne porta point d'édit contre le christianisme, et ne fit que rallumer le feu mal éteint de la persécution de Trajan. Ge qni nous engage aussi à ne regarder les rigueurs impies de ces dcux

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