‹ Histoire de l'église [microforme]Chapitre 73 sur 159 · S SC · texte numérisé non relu

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DE L'ÉGLISE, (AN 120.) 173 prétenins discours de vérité. Cet ouvrage, qui met d'abord es chrétiens aux prises avec les Juifs, les tourne après cela les uns et les autres en ridicule, les rend également odieux et méprisables. À mesure que les adorateurs du crucifié , dit le satyrique philosophe, se sont multipliés dans le monde, il s’est formé parmi eux une infinité de partis : chacun de ces esprits inquiets s’est efforcé de l'emporter sur ses rivaux et de les détruire ; et les chrétiens aujourd'hui n'ont plus que le nom de commun entr'eux. La simplicité et l'innocence ne pouvoient que succomber sous tant d'attaques artificieuses. L'empereur céda au cri public, et l’on tourmenta les fidèles en mille manières, dans toute l'étendue de l'empire, principalement dans les provinces occidentales, plus voisines du centre de l'autorité et de la tyrannie.

On y compte une infinité de martyrs du temps d’Adrien, quoiqu'on ne puisse faire fond, pour la particularité des événements, que sur un petit nombre de leurs actes. Ce fut alors , selon quelques auteurs, que fut immolé saint Eustache, avec sa femme et ses enfants. D'autres placent sous Trajan cet éclatant martyre. Les actes en sont remplis de merveilles : mais leur antiquité ne paroît pas remonter au-delà du huitième siècle. Sainte Sophie, dont le nom est devenu si fameux en Orient, fut martyrisée à Rome avec ses trois filles. Saint Eleuthère, évêque, etsa mère sainte Antie, moururent de même dans Ja capitale de l'empire, avec une multitude de généreux fidèles. On en compte aussi un grand nombre qui souffrirent en Lombardie, où saint Faustin et saint Jovite se rendirent des plus célèbres. Saint Prime mourut à Trieste ; les saints Antiope et Crispule, en Sardaigne. Les Grecs nous ont encore transmis les noms des martyrs sainte Zoé etsaint Hespère, sun mari, ainsi que de leurs enfants Cyriaque et Théodule.

Nous avons des mémoires plus circonstanciés du sacrifice de sainte Symphorose, immolée avec ses sept fils. Elle étoit veuve d'un tribun nommé Gétule, déjà honoré de la couronne du martyre. L'empereur venoit de bâtir un palais à Tivoli, où demeuroit Symphorose. Il voulut en faire la dédicace, suivant les superstitions du temps, et commença par consulter les oracles que rendoient les idoles du lieu. Soit par le ministère

N (AN 126.) HISTUIRE des . ‘mons avides du sang chrétien, soit par l’artifice de quelque prêtre ennemi dela vertueuse Symphorvse, ils répondirent que les dieux ne pouvoient se rendre propices , tandis qu'elle et ses fils refuseroient de sacrifier.

Adrien la fit arrêter avec eux, et s’efforça d’abord de la persuader. Ce fut pour ne pas consentir à ce que vous exigez, lui répondit l'illustre veuve, que mon mari Gétule et son frère Amance, tous deux vos tribus, ont enduré mille tourments, et enfin la mort. C'est là un opprobre aux yeux du monde : mais il leur a procuré, dans la société des immortels, une gloire et une félicité qui ne finiront jamais. Tous mes vœux tendent à la partager. Choisis, reprit brusquement l’empereur, ou de sacrifier avec tes fils aux dieux de l'empire, ou de leur être toi-même sacrifiée. Seigneur , dit Symphorose, ma résolution n’est pas de nature à être ébranlée par des menaces. J'y ai müûrement pensé : je n’aspire qu’au bonheur de rejoindre mon époux. Adrien la fit conduire au temple d’Hercule, où elle fut cruellement souffletée, ensuite pendue par les cheveux. Comme elle n'en marqua que plus de courage, on lui attacha une grosse pierre au cou, et on la précipita dans la rivière. Son frère Eugène, un des principaux seigneurs de Tivoli, fit enlever son corps qu’il inhuma près de la même ville.

Le lendemain on amena les sept frères, tous ensemble , au tribunal de l’empereur. I] les sollicita long-temps de sacrifier, mais sans succès. Il les fit attacher à sept poteaux , qu'on avoit

lantés autour du temple; et après qu'on leur eut étendu vionet les membres avec des poulies, on les poignarda avec une cruauté barbare, Justin plus cruellement encore De les autres. Eugène fut fendu par le milieu du cor. :: ! : les fit prendre ensuite et jeter tous sept dans une fos.: ;ivtonde, qui devint célèbre sous le nom du tombeau des sept Biothanates, c'est-à-dire, mis à mort d'une manière violente. Quand la persérntion vint à cesser, on transféra ces martyrs avec de grands hox eurs sur le chemin qui conduit de Tivoli à Rome, et on les ds, :isù à huit milles de cette dernière ville.

Le rein des martyrs Sabine et Sérapie n’est pas moins plorieux que ceux de cette héroïque funille. Sabine étoit/ une

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