‹ Histoire de l'église [microforme]Chapitre 76 sur 159 · PIRE · texte numérisé non relu

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de religion, sera renvoyé absous, quoiqu'effectivement chrétien, et que l'accusateur sera puni suivant les formes ordinaires.

Ce rescrit fut affiché à Ephèse, dans l'assemblée des états d'Asie, et ralentit la violence des persécutions, sans les arrêter entièrement : car on trouve encore beaucoup de martyrs depuis cette époque , et durant tout le cours du règne d’Antonin. Le ealme de l'Eglise, dans ces temps d'orage et d’épreuve, dépendoit de tant de causes différentes, qu'il ne pouvoit être que local et passager.

Saint Télesphore, le septième pasteur de l’Eglise romaine fut certainement martyÿrisé sous cet empereur, après un pontificat de dix à onze ans. Saint Irénée le compte pour le premier martyr entre les papes, depuis saint Pierre. Ce qui rend extrêmement probable le sentiment des critiques, qui se persuadent que le titre de martyrs, accordé à quelques autres, par des auteurs qui ne sont pas du poids de ce Père, ne doit s’entendre que du martyre qu'ils étoient continuellement disposés à souffrir, ou des tourments qu'ils ont réellement endurés, sans terminer par là leur carrière. Saint Hygin succéda à saint Télesphore; et à saint Hygin, saint Pie, puis le pape saint Anicet.

Hégésippe vint à Rome sous ce dernier pontife, qui mourut l'an 168. Il y demeura durant tout le pontificat de saint Soter, et jusqu'à celui de saint Eleuthère, qui commença l'an 177. Hégésippe avoit passé du judaïsme à la foi chrétienne. Il écrivit en cinq livres ce qui étoit arrivé depuis la passion de Jésus- Christ jusqu'à son temps. On a perdu cet ouvrage, la première histoire ecclésiastique dont on fasse mention, et qui n'étoit qu'un recueil fort simple des traditions apostoliques, quoique l'auteur fût très-savant. Mais il s’étoit proposé pour modèle, la manière d'écrire des apôtres, aussi-bien que leur manière de vivre. Nous apprenons par les fragments qu Eusèbe nous en a conservés, que saint Hégésippe, car l'Eglise l’honore de ce titre, avoit étudié, en de longs et fréquents voyages, la doctrine et les maximes des diverses églises. Iltrouva la plus exacte conformité entre ces usages et ce que les apôtres avoient enseigné. Depuis ces premières colonnes de l'Eglise, dit-il, jusqu'à

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DE L'ÉGLISE. (An 162.) 189 notre temps, iln’est aucun siége épiscopal qui n’ait gardé avec une inviolable fidélité ce que les prophètes ont prescrit et ce que le Seigneur a prêché.

L'empereur Antonin le Pieux, après avoir donné la paix ou quelque relâche aux fidèles, mourut en 161, à l'âge da soixante et quatorze ans. Il avoit deux fils adoptifs, Marc-Aurèle, son neveu et son gendre, et Luce-Vère. Marc-Aurile avoit quarante ans, avec la sagesse et l'expérience convenables à cet âge. L’estime particulière dont on étoit prévenu pour lui, le fit reconnoître seul empereur ; mais il fit voir à quel point il la méritoit, en déclarant Vère son collègue. Ce fut pour la première fois que l'empire obéit à deux maîtres égaux. Le second ne régna que huit ans, au bout desquels il mourut, peu regretté par l'auteur même de son élévation, qui déjà trouvoit beaucoup de peine à réprimer les mauvaises inclinations de ce vicieux collègue.

Marc-Aurèle, l’un des plus grands empereurs et des philosophes les plus distingués qu'ait produit le paganisme, n’en étoit que plus attaché aux préjugés de religion dans lesquels on l'avoit élevé. Il n'étoit pas sorti de l'enfance, qu’Adrien l’avoit mis dans la compagnie des saliens consacrés à Mars. 11 y passa par toutes les charges ; et on lui fit un si grand mérite de son habileté à s’en acquitter, qu’il s’accoutuma lui-même à donner du prix et de la valeur à ses observances minutieuses. Il prétendoit tirer son origine du roi Numa, et se piquoit de lui ressembler par son attachement et son zèle pour l’ancienne religion des Romains. La philosophie stoïcienne qu'il professoit, étoit à la vérité la plus conforme de toutes à la saine raison, mais en même temps Ja plus attachée à son sens propre, et la plus inflexible par rapport à tout ce qu'elle jugeoit condamnable. Ce prince étoit encore animé contre le christianisme, par les impressions qu'il ne cessoit de prendre dans ses fréquents rapports avec toutes sortes de philosophes vertueux en propos, mais vains discoureurs, qui ne pouvoient souffrir la pureté des vertus évangéliques, supérieures à tous les efforts de leur ostentation. Ainsi sa clémence naturelle ne l'empêcha point de se montrer extrêmement dur, et même cruel, à l’égard des chrétiens. S'il ne rendit pas la persécution générale

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