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224 (A* 183.) UISTOIRE les erreurs qu'il a notées, et il montre comment la corruption
: des mœurs est la source la plus ordinaire des mauvaises doctrines, Il expose les contradictions et l'absurdité où s'engagent ceux qui les professent; il en fait un contraste ingénieux et solide avec les quatre évangiles, puis avec la iradition , marquant avec un sens admirable le poids de cette autsrité et iout ie parti qu'on en peut tirer. Il tire lui-même un très-grand 4vantage de la succession des évêques établis par les apôtres dans les siéges divers. Mais come il seroit trop long, ajoute-t-il, d'exposer cette succession pour tant d'églises presque innu nbrables, nous nous contenterons de marquer la tradition de la plus grande et de la première, avec laquelle, * cause de sa prééminence, les fidèles de tout pays doivent inGispensable- “ent s'unir etse tenir invariablement d'accord. Ici il fait l’énuméralion de tous les papes, depuis ssint Pierre jusqu'à saini Eleu.rére, quioccupoit alors le siége apostolique. Il prouve ensuite fort au long l'unité d’un Dieu, créateur du ciel et de la terre, la divinité de Jésus-Christ et celle du Saint-Esprit; que le Verbe s’est réellement fait homme; que Jésus est fils de Marie, sans l'être de Joseph.
Il réfute l'interprétation des saintes Ecritures par l’apostat Théodotion qui, ayant abandonné la foi chrétienne pour embrasser le judaïsme, affoiblissoit, autant qu'il lui étoit possible, les preuves du christianisme tirées des prophètes, et rendoit en particulier cette prophétie d'Isaïe : Voici qu'une vierge concevra, par ces mots, voici qu'une fille concevra. Enfin il établit clairement différents articles de notre croyance ; tels quele péché originel, le libre arbitre, et même la présence réelle du corps de Jésus-Christ dans l’eucharistie. 11 fandroit lire tout au long le quatrième livre de ce traité contre les hérésies, pour voir avec quelle précision la foi de la présence réelle y est énoncée. On l'y regarde comme un point si incontestable, qu'on part de là pour confondre plus facilement les erreurs contraires aux autres dogm«: Comment, dit-on, s'assurer que le pain eucharistique est : - :rps du Seigneur, et le calice -on sang, si on ne le recnnnc': : .; pour le Fils de 1 Eternel? ::. contre les marcionites :: ment le Sauveur, s’il est fils ü un autre père que le T+ 1: ussant, prenant le pair:
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quiest l'ouvrage du Créateur , a-t-il déclaré qu’il est son corps, et assuré que la liqueur du calice est son sang? Toutes les autres vérités fondamentales de la religion, attaquées alors et dans toute la suite des temps, sont établies avec la même clarté dans le cours des cinq livres, qu’il faut lire de suite, pour bien connoître l’uniformité de la foi dans tous les siècles. À tant de précieux témoignages le saint docteur mêle cependant quelques erreurs sur des conséquences plus éloignées des principes, et que l'Eglise n'eut Cccasion de discuter que depuis lui. Il paroît avoir cru que les âmes justes ne verroient Dieu qu'après la résurrection. Au moins prétend-il , avec certains millénaires , qu'après la première résurrection , ces âmes régneroient mille ans sur la terre dans la société de Jésus- Christ, consultant moins ici son sens droit que la vivacité de son zèle contre les hérésies régnantes. L'usage qu’il avoit de combattre les explications allégcriques de l'Ecriture, sur quoi elles portoient, le fit donner dans l'excès contraire, et prendre trop à la lettre les textes relatifs à la gloire de l'Eglise et au bonheur du ciel.
L'empereur Marc-Aurèle ne survécut qu'environ deux ans
aux martyrs immolés dans les Gaules par l’abus de son pou-
voir , et l’on remarque que ses dernières années ne furent plus qu'un tissu d'ennuis et de chagrins. Surtout, la triste perspective des méchantes inclinations de son fils Commode l'affligeoit sensiblement , soit en sa qualité naturelle de père, soit en celle de père de son peuple, qu'il a méritée à plusieurs égards. Les nations inquiètes de la Germanie et de la Sarmatie remuèrent de nouveau sur la fin de son règne. Il marcha contre elles, remporta une grande victoire sur les Marcomans. Mais au milieu de ses succès , il fut attaqué d’une maladie contagieuse. Commode, qui l’accompagnoit, et qu’il avoit fait proclamer A uguste, ne put cacher son odieux empressement à régner sans guide et sans frein. Le bruit courut qu'il avoit fait empoisonner sen père. Au moins l'empereur en parut-il concevoir le soup;on. Il dissimula cependant , et répondit au tribun qui lui venoit demander l’ordre : Allez au soleil levant. 11 dit en particulier à ses amis, que la vie lui étoit
à charge : il refusa de prendre de la nourriture, et mourut Y, 19
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226 (An :93) HISTOIRE ainsi l’an de Jésus-Christ 189 , à l’âge de cinquante-nenfans, dont il en avoit régné dix-neuf.
Commode fut universellement reconnu empereur. Les Romains attendoient tout du fils de Marc-Aurèle : ils trouvèrent un monstre semblable à Néron dans ses extravagances et ses cruautés. À force d’importunités et de sollicitations, ils avoient rendu le père sanguinaire à l'égard des chrétiens : le fils prodigua le sang de ce qu'il y avoit de plus élevé dans l'empire, et traita les chrétiens favorablement; la Providence allant souvent à ses fins par les voies qui nous y paroïssent le plus contraires. Une femme débauchée qu’on appeloit Martie, trèsaffectionnée au christianisme et toute-puissante sur le cœur de Commode, fut, dit-on, l'instrument dont Dieu se servit pour ménager aux fidèles une paix qui dut paroître bien extraordinaire sous ce règne tyrannique. Au sein du péril, ils se multiplioient journellement. Il se faisoit à chaque instant de nouvelles conversions , et ce n’étoit pas le simple peuple qui embrassoit la foi : les Romains du premier rang ne rougissoient plus d’un Dieu crucifié.
Alors le sénateur Apollone lui rendit témoignage dans l’assemblée la plus auguste de l'univers. Un de ses esclaves l'ayant accusé d’être chrétien, la-cause fut portée à Perennis, préfet du prétoire:. Cet officier, grand observateur des lois, fit d'abord punir l’esclave du dernier supplice, pour avoir violé l'ordonnance récente de Marc-Aurë!e, qui défendoit de dénoncer les chrétiens. Mais comme elle soumettoit aussi à l’animadversion publique ceux qui n’abjureroient point après avoir été dénoncés , Perennis jugea qu'une telle affaire, concernant un sénateur, devoit se référer au sénat. Il laisse ce soin à l’illustre accusé, non moins estimable par son mérite que par sa naissance. Apollone composa un beau discours, où, non content de confesser la foi chrétienne, il en faisoit l’apologie, et il le prononça en présence des sénateurs assemblés. Comme on ne put l’engager à trahir ni à déguiser ses sentiments , le sénat crut ne pouvoir terminer convenablement une scène de cet éclat, qu'en le condamnant, pat un décret so-
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1 Hier, de Script.
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