‹ Histoire de l'église [microforme]Chapitre 9 sur 159 · XIV PRÉFACE · texte numérisé non relu

XIV PRÉFACE

mirent les sciences ou au moins l'étude en honneur, et contrastèrent d'une manière frappante , avec la triste obscurité répandue partout ailleurs. Mais, au sein même des nations chrétiennes les plus florissantes , la puissance de l'Église ou de ses prélats, la part honorable qu’on leur donna au gouvernement féodal, en plongea un grand nombre, malgré les réclamations d’ua nombre plus grand encore , dans la dissipation du siècle et les agitations de la cour. Lis ont des sujets, il faut les régir et les défendre ; ils tiennent une partie considérable des forces de l'empire , il en faut maintenir, dans la même proportion , la sûreté et l'intégrité ; ils se trouvent à ses assemblées les plus tumultueuses, les plus fastueuses , ils en soutiennent les résolutions , ils en procurent au besoin l'exécution par la force ; ils vont à la guerre, ils y disposent au moins leurs vassaux : de là quels périls pour le saint ministère ! et dans plusieurs en effet, quelle négligence des sciences sacerdotales , des fonctions modestes et paisibles de la cléricature ! Nous ferons connoître ces abus, autant que l’exigent la vérité et la liberté de l'histoire. Nous ne dissimulerons pas la grandeur d'un mal, bien capable de toucher toute âme sensible aux vrais intérêts de la religion ; mais qui fait la tâche de l'homme, et, si l’on veut , de bien des ecclésiastiques, non celle du sacerdoce ni de l'Eglise. Or, comme nous faisons l'Histoire de l'Eglise, et non de la dépravation ni de la foiblesse humaine , nous ne nous étendrons sur ce dernier article , qu'afin de rendre plus sensible le miracle de la propagation et de la conservation de l'œuvre de Dieu, malgré tous les assauts du monde et de l'enfer.

Le troisième âge ne présente pas un champ plus heureux, dans les relâchements qu'occasionnèrent les révolutions des douzième, treizième et quatorzième siècles. L'ignorance , comme on vient de l’observer, commença plutôt à causer beaucoup de relâchement, et même beaucoup de désordre et de corruption. Mais , par le mot de relâchement , nous n'entendons pas ces fougues soudaines des passions, ces débordements de vices effrénés , qui proviennent de l'obscurcissement de la raison et plus encore de l'indifférence où jette ce genre de stupidité, par rapport aux principes des mœurs et de la conduite. Ici l’on veut parler d'une sorte de relâchement raisonné et réduit, pour ainsi dire, en système, par un peuple qui substitua la voix de la présomption et du préjugé à celle de ses pasteurs. Abus qui, tirant son origine de loin , s’étoit affermi par le temps et l'habitude , par l'ignorance ou l'oubli des anciennes règles. L'on n'en vint pas d'abord à ce point d'aveuglement : pour y parvenir, il fal=

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