‹ Histoire de l'Église réformée de MontpellierChapitre 100 sur 253 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

voisin. Ces ministres ainsi désignés étaient appelés ministres de l'intendant.

La pièce dont il s'agit est du 28 mai 1684 ; elle n'explique pas ce qui se passait à Montpellier dès 1 682. Il faut admettre que d'Aguesseau, qui obtint cet arrêt, en pratiquait déjà la teneur dans sa province , et que l'usage fut converti en loi. Nous aurons occasion de faire remarquer d'autres faits analogues.

Ce culte légal, ne consistant qu'en cérémonies dans lesquelles le pasteur n'était pas libre d'ajouter un seul mol à la liturgie , ne pouvait évidemment pas suffire à des populations habituées à la nourriture de la Parole de Dieu; il leur fallait autre chose, et elles cherchèrent à se le procurer.

Les édits autorisaient les seigneurs à faire célébrer un culte dans leurs maisons, pour leurs justiciables. Les châteaux de plusieurs d'entre eux, aux environs de Montpellier, devinrent de véritables temples ; on s'y rendait de la ville et des contrées environnantes , à tel point que ces locaux étaient insuffisants, et qu'il devenait nécessaire de célébrer le culte plusieurs fois dans la même journée. Les fidèles se portaient en foule, les jours de dimanche, à Pignan et à Saint-Jean de Védas.

L'arrêt du Conseil qui fut rendu le 29 novembre, au sujet du seigneur de Pignan, nous permet de donner quelques renseignements à ce sujet. Nous y lisons qu'il se faisait ordinairement audit lieu, dans le châ-

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teau , exercice de ladite religion ; qu'il y assistait un grand nombre de personnes venues de tous côtés ; que ces personnes, qui n'étaient point justiciables du seigneur de Pignan, contribuaient à l'entretien du ministre; qu'il y avait un consistoire dont les séances étaient régulières, en sorte que c'était bien plutôt un exercice public et réel que personnel. Pour remédier à ce qu'il appelait ces abus, le roi, étant en son Conseil, ordonnait que le prêche ne pourrait être fait à l'avenir que dans une des chambres ou salles de la maison, et au plus qu'une fois par jour , et qu'il ne pourrait y assister que les gens de la famille dudit seigneur, et ceux qui étaient actuellement dans l'étendue de ladite justice. En cas de contravention, le seigneur était menacé de l'interdiction de son exercice personnel, et le ministre devait s'attendre à être frappé selon la rigueur des édits.

Un arrêt semblable et dans la même forme avait été rendu, le 14 juin de la même année, contre le seigneur de Saint- Jean de-Védas.

Cet arrêté venait détruire des habitudes qui étaient pour les protestants de Montpellier une sorte de consolation. Après la démolition du grand temple, l'intendant et M. de Noailles avaient assuré les réformés qu'ils ne mettraient aucun empêchement h ce qu'ils allassent régulièrement célébrer leur culte à Saint-Jeande-Yédas. C'était même d'après leurs conseils qu'ils s'y étaient installés d'une manière un peu confortable, en y faisant transporter une partie du mobilier de leur

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