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CHAPITRE III

Jean Sartre, François Gautier, René Berlheau père, et à Charles Bertheau fils , aussi ministre; IsaacDubourdieu, frappé par l'arrêt du parlement de Toulouse, devait avoir quitté la France.

Que se passa-t-il après la démolition du dernier temple et l'exil des pasteurs ? Le protestantisme subsista dans la ville d'une manière légale, et son culte s'y célébra publiquement, mais non régulièrement. Des documents authentiques nous permettent de justifier ces deux assertions , qui paraissent contradictoires.

Les registres du consistoire établissent, en effet, que les baptêmes des enfants protestants étaient célébrés avec beaucoup de régularité. Mais il y a ceci de particulier, c'est que jusqu'à l'année 1682 tous les pasteurs signaient au registre, tandis que dans les années 83, 84 et 85, Bertheau seul signait tous les actes. 11 y eut 1 92 naissances et 260 sépultures en 1 683 ; 224 naissances et 228 sépultures en 1684; enfin, 142 naissances et 147 sépultures dans les neuf premiers mois de 1685, qui précédèrent l'édit révocatoire de celui de Nantes.

Ce fait , établi par l'inspection des registres, n'est pas susceptible de contestation. Depuis la démolition du grand temple jusqu'en octobre 1685, Bertheau, seul des anciens pasteurs de Montpellier, résida dans

deux prénoms ? Nous avons adopté cette supposition pour Dubourdieu fils, qui est connu sous le nom d'Armand. Au reste, l'identité des personnages n'est point douteuse. Quant k l'orthographe du nom de Berlheau, nous suivons celle de sa signature.

cette ville, et y administra tous les baptêmes. H faut donc admettre qu'il y était rentré , si même il s'était conformé à l'ordre qui lui avait été signifié; ou bien qu'il avait été dispensé de partir après en avoir reçu l'injonction. Une pièce importante qui nous est tombée sous la main pendant le cours de nos recherches, nous permet de donner l'explication du fait étrange que nous venons de signaler. Il y est dit que, par l'absence des ministres ou par suite de l'interdiction du culte, il était à craindre que les enfants de ceux de la religion prétendue réformée mourussent sans avoir reçu le baptême, Dès-lors, tout étant considéré, le roi avait ordonné que le sieur d'Aguesseau, conseiller ordinaire de Sa Majesté, intendant de la province de Languedoc, choisirait tel nombre de ministres qu'il trouverait bon pour baptiser les enfants de la religion prétendue réformée. Ces ministres devaient être choisis parmi ceux qui n'avaient point pris part aux mouvements de l'année précédente, baptiser les enfants aussitôt qu'ils venaient au monde, et se borner h lire la liturgie sans faire aucuns presches, exhortations ou autres exercices. Pour assurer la fidèle exécution de cet ordre, les baptêmes devaient être célébrés en présence des consuls, que les parents de l'enfant ou le ministre étaient chargés d'avertir. Cette intervention des consuls ou de l'un d'entre eux, était obligatoire et gratuite. Les baptêmes devaient être célébrés dans les vingt-quatre heures de la naissance de l'enfant, sous peine d'une amende de 400 livres au profit de l'hôpital le plus

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