CHAPITRE III
une infinité île noms à citer ; nous nous bornerons à dire que ce Clauzel de Fonfrède , chez qui avait eu lieu la première assemblée dont parle d'Àigrefeuille , son frère et deux autres de Clauzel , dont l'un est appelé Valabris et l'autre Saint-Cériés, furent de ceux qui ne prirent point part au défilé du 29, ainsi que MM. de Tremelac , de Ricard-Saussan, M. de Saint- Jean-de-Védas , son frère et sa sœur. Il est vrai que plusieurs de ces grandes familles , quoiqu'elles n'eussent pas donné l'exemple, le suivirent en février de l'année suivante.
Quelques personnes s'étaient absentées de la ville ; pour les obliger à rentrer, on logeait chez eux des militaires.
Il existe des listes de conversion par catégories, telles que noblesse , bourgeoisie , avocats , médecins , etc. L'importance médicale de notre ville nous engage à transcrire ici cette dernière ; elle se composait des noms suivants : Barbeyrac, Jolly, Carquet, Magnol, Pau, Durranc, Murcot , Aubert, Lacroix et Gauteron.
De grands cris de victoire furent poussés cà Montpellier comme ailleurs. On exalta beaucoup la piété du grand roi, qui avait vaincu l'hérésie et ramené les brebis égarées sous la houlette du chef visible de l'Église.
Néanmoins, si ces conversions devaient réjouir les anciens catholiques par leur nombre, elles étaient peu satisfaisantes quant a la sincérité. Les têtes s'étaient courbées devant le glaive , la conviction n'avait
pas pénétre dans les cœurs ; il y en avait de mal intcntionnés, contre lesquelsM.de Basville était obligé
de se tenir en garde. Ils reprochaient aux nouveaux convertis leur abjuration , et persuadaient à plusieurs de sortir du royaume. M. de Basville nous apprend qu'après la révocation de l'Édit de Nantes il émigra 4,000 protestants, dont 600 rentrèrent. « De ceux qui ne sont point sortis, ajoute le même Basville, il y en a peu qui soient effectivement catholiques. Ils conservent presque tous dans le cœur leur ancienne religion, et souhaitent hautement qu'elle soit rétablie. Ils se sont persuadé qu'il arrivera des événements qui obligeront de rebâtir leurs temples. Les ministres français qui se sont retirés à l'étranger n'ont pas cessé de les entretenir dans celte pensée, et de les détourner de tous les exercices de notre religion. . . Ils s'éloignent, par toutes leurs inclinations et par les préjugés de leur naissance, de tout ce qui pourrait les porter à être bons catholiques.» Aussi Basville ajoutait-il : « Comme il n'y a pas d'espérance de convertir les pères , qui meurent d'ailleurs tous les jours, il faut agir sur les enfants, en les envoyant aux écoles catholiques partout établies. »
De tels néophytes avaient grand besoin d'être affermis dans la religion qu'ils venaient d'embrasser ; aussi des missions furent-elles organisées partout où il y avait des nouveaux-catholiques. La ville de Montpellier fut , de la part de Louis XIV , l'objet d'une bienveillance spéciale. Il se priva de son prédicateur ordinaire,