CHAPITRE II 50o
nière dont il était traqué, il reprit le chemin de la Suisse, et arriva à Lausanne le 1 7 décembre 1 693. De Lausanne, il se rendit en Hollande, où il fit confirmer sa consécration.
En septembre 1 695, il rentra en France par les Ardennes, s'échappa de Sedan sous le déguisement d'un palefrenier, et arriva en Normandie , d'où il écrivit à sa femme, le 5 janvier 1696.
En 1697, il descendit le Rhin, traversa la Suisse, entra en Dauphiné, gagna le Vivarais, et parvint dans les Gévennes au printemps. Sa tête était mise ci prix par Basville: 600 louis d'or devaient être la récompense du traître qui parviendrait à le livrer. Pour se soustraire aces poursuites, il prit le chemin d'Orange, où il ne s'arrêta que peu de jours. Il en partit, traversa les Cévennes, entra dans le Castrais , et passa dans le Béarn avec l'intention d'aller visiter les Églises du Poitou. Mais il ne réussit pas à réaliser ce projet ; il fut arrêté à Oloron, en Béarn, le 18 septembre 1698, et traduit devant l'intendant Pinon. Toutes les pièces relatives à cette affaire sont déposées aux archives de l'Intendance, à Montpellier, où nous avons pu les examiner avec soin.
Brousson fut interrogé deux fois , la première à Pau, la seconde à Montpellier, et chacun de ces interrogatoires occupa plusieurs séances. A peine Basville eut-il appris l'arrestation de Brousson , qu'il se hâta d'envoyer à son collègue Pinon les papiers qui étaient entre ses mains. Quelques-unes de ces pièces sont an-
notées par Basvilie lui-même, qui indique à Pinon dans quel ordre et dans quels moments elles doivent être présentées, afin de faire tomber l'inculpé en contradiction. Plus tard, Brousson est conduit à Montpellier et interrogé par Basvilie en personne. Les deux interrogatoires se ressemblent beaucoup, et nous pouvons en parler simultanément. Il faut dire que les pièces du procès sont dans un parfait état de conservation et d'uneauthenticité incontestable. Chaque page de la procédure est signée après lecture , celles de Pau par Pinon seulement, parce qu'elles ne sont qu'une copie; celles de Montpellier par Basvilie et Brousson. Il y a au dossier un grand nombre de documents imprimés et manuscrits. Ce sont des sermons, des lettres, des instructions pastorales , des paraphrases de l'Écriture sainte, un cours d'instruction chrétienne, des requêtes au roi. Toutes les pièces manuscrites sont de la main de Brousson. On y trouve aussi les dépositions de plusieurs témoins et les jugements d'autres personnnes condamnées comme complices.
, Les chefs d'accusation dirigés contre Brousson sont au nombre de trois :
1° On l'accuse d'avoir tenu des assemblées contre les ordres du roi.
2° On lui reproche la part qu'il a prise à l'assemblée de 1 683, pour continuer l'exercice de la religion prétendue réformée dans les lieux où il avait été interdit.
3» On lui attribue les troubles du Vivarais et des