CHAPITRE II
pas, à coup sûr, ceux qui ont appris à connaître Brousson par ses œuvres, et qui se sont donné la peine d'étudier son procès dans les pièces authentiques. La douceur et l'énergie se combinent et se pondèrent chez lui d'une manière que nous ne craignons pas d'appeler évangélique.
Est-ce à dire que Brousson parvint à établir sa parfaite innocence sur ce troisième chef d'accusation; qu'il faille traiter de calomnie ses relations avec les puissances ennemies de la France, et d'invention frauduleuse sa lettre à M. de Schomberg ? Ceux qui agissent de la sorte n'ont pas lu la procédure et ne connaissent pas à cet égard ses aveux pleins de candeur et de sincérité. Brousson ne nia jamais que l'écrit incriminé ne fût de sa main. Dans ses deux interrogatoires, à Pau et à Montpellier, il se retrancha tout simplement derrière la paix de Ryswyk, en vertu de laquelle un voile impénétrable était jeté sur le passé.
Celte défense était déjà un aveu ; mais les interrogatoires sont plus explicites. Celui de Pau dit positivement que la pièce dont il donne le commencement et la fin fut mise sous ses yeux , et qu'il convint , sans aucune hésitation, qu'elle était de son écriture (procès-verbal de la troisième séance). Quant à l'interrogatoire de Montpellier, la pièce que nous allons produire lui donne un caractère tout particulier. Lorsque M. de Basville fut arrivé a ce chef d'accusation, Brousson demanda du papier, la séance fut suspendue, et l'inculpé écrivit au roi la lettre suivante :