‹ Histoire de l'Église réformée de MontpellierChapitre 119 sur 253 · AU ROI · texte numérisé non relu

AU ROI

Sire,

Claude Brousson, ministre de l'Évangile, votre très-humble sujet, qui s'est réfugié à La Haye , en Hollande, où il a son domicile et sa famille, se jette encore au pié du trône de Votre Majesté, pour réclamer sa clémence et ses compassions.

Premièrement il avoue , Sire , que , pressé par les mouvements de sa conscience , il n'a pu se dispenser de venir prêcher l'Évangile de Jésus-Christ dans plusieurs provinces de votre royaume, et d'y travailler par ce moyen au salut de ses frères, selon le devoir de tous les fidèles pasteurs. Il est vrai que par là il a eu le malheur de contrevenir aux ordres de V. M., comme autrefois le prophète Daniel à ceux de son prince, et les apûtres aussi à ceux des puissances supérieures. Mais il a pris la liberté d'envoyer sur ce sujet plusieurs requêtes à V. M. pour lui représenter, avec une humilité profonde, que les sujets réformés étant chrétiens, ne peuvent se dispenser de rendre à Dieu le culte qui lui est dû, et de travailler à leur salut comme tous les autres chrétiens du monde, en conservant toujours le respect qu'ils doivent à S. M. C'est pourquoi le suppliant a toujours imploré et implore encore ses compassions royales et paternelles.

Secondement, on veut involver le suppliant dans certain projet qui fut fait en l'année 1683, pour continuer l'exercice de la religion appelée prétendue réformée dans les lieux où il pourrait être interdit. Mais ce sont des choses abolies avec leurs circonstances et dépendances, par une amnistie de V. M., régistrée au parlement de Toulouse. Cependant, sans se départir de cette exception, le suppliant représente avec un profond respect à V. M., qu'en ladite année 1683, étant avocat * audit parlement, chargé de la défense d'un grand nombre d'Églises réformées, et continuellement consulté par les dé-

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