‹ Histoire de l'Église réformée de MontpellierChapitre 128 sur 253 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

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tenu des assemblées, et pour la lettre qu'il avait écrite à M. de Schomberg.

Après avoir fait scrupuleusement l'étude de cette affaire, il nous est impossible de la quitter sans mentionner l'indigne relation qu'en fait Brueys dans son Histoire du fanatisme, imprimée en 1709. D'après lui, Brousson aurait soutenu effrontément1 qu'il n'était pas l'auteur de l'écrit incriminé adressé à M. de Schomberg, et ce n'aurait été qu'à la fin du procès , le jour même du jugement, que M. de Basville aurait confondu Brousson par la présentation de la pièce authentique. Là-dessus l'intendant, ayant surpris le ministre en flagrant délit de mensonge et même de parjure, lui aurait fait malicieusement remarquer qu'en cela il ne suivait pas l'exemple des apôtres, dont il parlait tant, et que ceux-ci n'avait coutume ni de mentir ni de se parjurer. D'où aurait suivi, on le comprend, une grande confusion pour ses coreligionnaires qui assistaient au procès , vu qu'ils auraient été obligés de reconnaître que leur prétendu martyr n'était tout simplement qu'un parjure et qu'un séditieux.

Mais quel jugement porterons-nous, à notre tour, d'un écrivain contemporain qui a été bien placé pour connaître la vérité2, et qui l'ignore ou qui la travestit à ce point? Brueys ne paraît pas se douter que Brousson avait été interrogé à Pau avant de l'être à Montpellier ;

1 Tom. H, pag. 276-286.

2 Brueys avait été protestant, et il écrivait à Montpellier.

il affirme qu'il niad'avoir écrit à M. de Schomberg: les pièces du procès disent tout le contraire; il parle de la confusion qu'éprouva Brousson, à la fin d'octobre, quand on lui présenta son propre écrit : cet écrit lui avait été présenté bien auparavant. Que devient , je le demande, toute cette comédie basée sur un fondement dont les pièces démontrent la parfaite fausseté? Oui! historien, la Providence qui déjoue le mensonge nous a conservé le dossier du procès de Brousson ; et ce dossier , contraire à la fiction que la passion vous a inspirée, nous le présentons devant votre œuvre mensongère , et il retombe sur votre mémoire comme une accusation indélébile d'imposture! En votre personne cette sentence de l'Écriture s'accomplit : Vous êtes traité comme vous avez voulu traiter les autres ' .

1 Le récit de Brueys fourmille d'inexactitudes. D'après lui, le 4 novembre 1698, Brousson aurait été interrogé, condamné, exécuté ; et ce serait pendant cette journée si remplie , que M. de Basville aurait confondu Brousson, en lui présentant pour la première fois l'original de l'écrit à M. de Schomberg, et lui aurait demandé si les apôtres dont il parlait tant faisaient, de pareilles choses. D'après les pièces du procès, l'interrogatoire dans lequel la lettre fut produite par Basville, eut lieu le 31 octobre, le jugement fut rendu le 3 novembre, et l'exécution s'accomplit le 4. Brueys parle encore d'un nommé Henri , domestique de Brousson. Ce Henri, par qui l'écrit avait été remis à Picq, était Henri Portai , ministre de l'Évangile comme Brousson , et son ami. Il existe au dossier une lettre fort amicale que Brousson lui avait écrite, le 7 avril 1696, dans laquelle il lui disait que, depuis huit mois, il avait recommencé de prêcher l'Évangile, qu'il avait parcouru plusieurs provinces et fait trente- quatre ou

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