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CHAPITRE III

les officiers de justice parurent pour la première fois au culte protestant en costume officiel.

Les catholiques ne rétablirent pas la messe , quoiqu'ils le pussent, d'après les accords ; ils se tenaient tranquilles chez eux le dimanche, ou se rendaient à Castries, Vendargues et Teiran, où la messe était rétablie.

Une autre circonstance qui dut encore accroître la popularité dont le protestantisme jouissait à Montpellier, fut la présence de Pierre Viret, le célèbre ministre de Genève , celui même qui avait influé sur l'état des esprits cà Montpellier, par sa lettre, avant d'y mettre le pied. Il était arrivé à Nimes au commencement de l'hiver, et le mercredi 18 février nous le trouvons à Montpellier prêchant à la Loge, au milieu d'un concours extraordinaire d'auditeurs et environné d'honneurs inusités. Le premier consul Jacques David , seigneur de Montferrier, en sa qualité de viguier, avec le chaperon rouge et les hallehardiers, allait prendre Viret à son logis et le conduisait au lieu du prêche. Les étrangers affluaient à Montpellier pour entendre le grand prédicateur. Il y prêcha avec le même succès jusqu'au 17 mai.

La santé de Viret était dans un état déplorable; il reçut les soins éclairés et salutaires des professeurs Rondelet et Saporta.

Les honneurs rendus à Viret à Montpellier ne . furent peut-être pas étrangers à la décision royale du G mars, d'après Jaquelle il fut interdit aux officiers

do justice d'assister aux assemblées de la nouvelle religion.

Ce fut pour se conformer à l'Édit de janvier, défendant tout exercice de la nouvelle religion dans les villes closes, que, le samedi 8 mars, les protestants installèrent le culte dans le fossé des Arbalétriers, entre la porte de Lattes et celle de la Saunerie. Chose étrange ! aucun hommage public n'était, à cette époque, rendu à l'Éternel dans la ville même. Les protestants s'abstenaient pour obéir à la défense royale, et les catholiques allaient ailleurs, parce qu'ils ne voulaient ni n'osaient rétablir la messe a Montpellier. A la fête de Pâques, les protestants placèrent, pour la première fois, une garde autour de leur assemblée : cette précaution avait sans doute été prise en prévision d'un événement semblable à celui de Yassy.

Le 8 avril 1562, M. de Joyeuse et le comte de Crussol se trouvèrent réunis dans la ville de Montpellier. Ces deux seigneurs , entrant dans l'esprit qui soufflait à la cour, où Catherine de Médicis faisait des avances au prince de Condé pour l'arracher au parti des huguenots, s'appliquèrent aussi à favoriser des rapprochements. Parleurs soins, il y eut une assemblée dans laquelle les catholiques étaient représentés, en l'absence de l'évêque , par Léonard d'Aguilhon , prévôt de l'église cathédrale et conseiller en la Cour des aides. Michel de Saint-Ravy, aussi conseiller en la même cour, représentait les protestants. Il fut convenu que les deux partis se pardonneraient récipro-

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